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Date
17 févr. 2016
Tags
Lillehammer 2016 , JOJ , Hockey sur glace , Actu CIO

Savage se souvient de la finale de hockey sur glace haletante de Lillehammer 1994


Canada ou États-Unis ? Lorsqu’on demande à Brian Savage lequel de ces deux pays il soutient avant le match qui les oppose aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver de Lillehammer 2016, il se tourne vers la gauche, puis vers la droite, pensif.

À gauche se trouve la Halle Kristins où son fils, Ryan Savage, défend les couleurs des États-Unis.

À droite, il y a la Halle Håkons, dont Brian Savage a quitté la glace 22 ans plus tôt, le moral sous les patins, après la défaite du Canada contre la Suède lors d’une finale des Jeux Olympiques d’hiver de Lillehammer 1994 à couper le souffle.

« C’était plutôt dur à avaler », dit Brian Savage à propos de cette finale mémorable. « Il y avait énormément de tension et nous menions 2-1 en fin de match. Les Suédois ont égalisé et nous avons dû en passer par les tirs de pénalité, et on s’est retrouvés avec deux tirs d’avance. »

« Mais ce n’est qu’un détail. Ça va, ça vient, et ce n’est qu’une heure après, lorsque la pression est retombée que nous avons pris conscience de ce que nous avions fait, et que c’était un grand exploit. C’était du genre ‘nous avons réalisé quelque chose d’unique, mais nous ne sommes pas allés jusqu’au bout’. »

Le match Canada - Suède a été rempli d’un bout à l’autre d’offensives incroyables, de retours désespérés entre deux équipes qui n’ont jamais rien lâché. Les trois périodes du temps réglementaire ont été disputées le couteau entre les dents, dans un crescendo de contacts physiques rugueux et appuyés.

Il y a eu ensuite dix minutes insoutenables de prolongation durant lesquelles le rythme s’est emballé au-delà du supportable sans pouvoir rompre l’égalité du score, si bien qu’il a fallu aller jusqu’à l’épreuve des tirs de pénalité et de la mort subite.

Le Suédois Peter Forsberg a gravé son nom dans le marbre du hockey sur glace lorsqu’il a poussé le palet dans la cage canadienne pour inscrire le but en or. L’instant a été immortalisé par deux photographes qui étaient dans les tribunes, juste au-dessus des filets canadiens. Leurs photos ont servi de base pour d’autres hommages à Forsberg.

La Poste suédoise a ainsi rompu avec la tradition d’utilisation des photos de la famille royale suédoise sur ses timbres, en rendant hommage à son nouveau héros par un timbre commémoratif.

« J’ai des tonnes de souvenirs, dit Brian Savage. C’est l’une de mes expériences de hockey les plus mémorables. »

Il y a environ cinq mois, juste avant que Ryan ne soit appelé en équipe américaine, le père et le fils ont regardé ensemble, et pour la première fois, cette finale de Lillehammer 1994.

« Il ne m’en a jamais vraiment parlé, mais je pense qu’il est satisfait de sa médaille d’argent », dit Ryan Savage.

L’Américain Ryan Savage lors d’un entraînement à la Halle Kristins (jeudi 11 février). Photo : Thomas Lovelock, YIS/CIO

Après les Jeux de 1994, Brian a rejoint les Canadiens de Montréal, dans la Ligue nationale professionnelle de hockey d’Amérique du Nord (National Hockey League, NHL). Ryan est né à Montréal, mais la famille Savage a émigré aux États-Unis, en Arizona, en 2001, lorsque Brian a intégré les rangs de l’équipe de NHL des Coyotes de Phoenix.

« Nous avons la double nationalité, ajoute Brian, mais il [Ryan] a passé toute sa vie aux États-Unis et il a joué avec ou contre ses partenaires actuels durant toute sa carrière. »

Brian a terminé sa carrière de joueur il y a environ dix ans et il s’occupe actuellement d’un centre de formation en Autriche.

Mardi (16 février), le Canada a battu les États-Unis 4-2, dans le cadre du tournoi de hockey sur glace hommes des JOJ, et il y a toutes les chances que les deux équipes se retrouvent en finale. Et chez les Savage, on entrevoit déjà la possibilité d’une séance de tirs de pénalité…

Getty Images

« Ce serait quelque chose », dit le père.

« Il a beaucoup de souvenirs de 1994 et j’espère seulement avoir les miens ici », ajoute le fils.

Quant à la question de fidélité – choisir entre encourager l’équipe dont il a porté les couleurs nationales ou celle des États-Unis, LE rival – il n’y a pas vraiment photo.

« Les rouge, blanc et bleu, sans hésiter », dit Brian en évoquant le drapeau américain.

« C’est quand même bizarre, reprend-il. Mon autre fils est au Québec (il dispute un tournoi de jeunes), et il fait partie de l’équipe d’Autriche. Il y a donc l’équipe du Canada, celle des États-Unis et celle d’Autriche. Après tout, je suis peut-être neutre ! »

Écrit par Alan Adams, YIS/CIO

Alan Adams est reporter au Service d’information des JOJ (Youth Information Service, YIS) de Lillehammer. Basé à Toronto, au Canada, il couvre l’actualité sportive depuis le milieu des années 1980, notamment cinq éditions des Jeux Olympiques d’hiver.

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