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Saut à ski - L’aigle Edwards s’est posé !

L’équipe jamaïcaine de bobsleigh n’est pas la seule à avoir mis en lumière la détermination dont ont fait preuve certains sans-grades à Calgary. Un Britannique, plutôt nerveux, a salué de la main le public  alors qu’il prenait place au sommet de la rampe. Le monde entier retint son souffle lorsqu’il s’élança : ainsi est née à Calgary la légende d’Eddie « l’aigle » Edwards.


À l’époque, la Grande-Bretagne n’a absolument aucune référence en saut à ski olympique, ne serait-ce que parce qu’aucun de ses représentants n’a jamais participé à la compétition.

Edwards est le meilleur sauteur de son pays… et le seul ! Il n’a découvert la discipline que deux ans auparavant, après être resté aux portes de l’équipe britannique de descente.

Après réflexion, il a réalisé cependant qu’il avait plus de chances d’aller aux Jeux Olympiques comme sauteur à ski que comme skieur alpin, et il s’est donc fixé cet objectif avec une volonté tenace.

Edwards réunit tout l’argent dont il a besoin pour aller par lui-même à Calgary et emprunte l’équipement de Chuck Bergorn, l’entraîneur américain qui lui a appris à sauter. Il est le plus lourd de tous les sauteurs à ski et porte des lunettes à verres épais, en raison de problèmes de vue qui font qu’il ne voit pas très bien lorsqu’il est dans les airs.

Mais il en faut bien plus pour détourner Edwards de sa mission. Il se qualifie pour les Jeux après avoir participé aux Championnats du monde de 1987, ce qui lui a valu de figurer au classement mondial. Même s’il n’a terminé que 55e, cela lui suffit pour assurer son billet pour le Canada.

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À Calgary, il prend part à la fois aux épreuves sur le tremplin normal et sur le grand tremplin, dont il prend à chaque fois la dernière place. Son saut au grand tremplin se situe même 40 mètres en deçà de la performance du vainqueur, le Finlandais Matti Nykänen, mais cela n’empêche pas Edwards de recevoir une énorme ovation. Le fait qu’il ait réussi ses quatre sauts dans les deux épreuves a été largement perçu comme une victoire énorme sur l’adversité.

Ses exploits de Calgary vont le catapulter dans la sphère de la renommée mondiale, où il deviendra le perdant magnifique. Malgré tous ses efforts, Edwards ne parviendra jamais à se qualifier à nouveau pour les Jeux.

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