skip to content
2012 Getty Images
Londres 2012

Sanya Richards-Ross : "Je peux vivre avec l'échec, en revanche, ne pas essayer, ça je ne peux pas le supporter"

Se remettant d'un traumatisme personnel profond et d'une déception indescriptible sur la piste, la coureuse américaine du 400 m, Sanya Richards-Ross, incarne parfaitement le mantra olympique qui consiste à toujours faire de son mieux. La championne olympique nous révèle ici comment elle s'est rétablie pour triompher avec panache. 

Lorsque la quadruple médaillée d'or olympique, Sanya Richards-Ross, a déclaré : "Je peux vivre avec l'échec, en revanche, ne pas essayer, ça je ne peux pas le supporter", elle le pensait vraiment. Cette star de l'athlétisme, au CV sportif des plus extraordinaires, sait exactement de quoi elle parle pour avoir surmonté des échecs et des chagrins d'amour qui en auraient anéanti plus d'un, aussi fort soit-il.


"Personne sur Terre ne saurait réussir sans avoir connu l'échec", explique Sanya Richards-Ross. "Je dis toujours aux jeunes que l'échec est un ingrédient nécessaire à la recette du succès. Je leur dis : "J'ai échoué sur la plus grande scène, mais je suis revenue et la victoire n'en a été que plus savoureuse."

Pour l'athlète américaine, cet échec a eu lieu aux Jeux Olympiques de Beijing 2008. Déjà médaillée d'or du relais 4 x 400 m à Athènes quatre ans plus tôt, Sanya Richards-Ross s'était rendue à Beijing en tant que numéro 1 mondiale incontestée du 400 m féminin. Invaincue toute l'année, la jeune fille, alors âgée de 23 an, n'a jamais été aussi sûre de décrocher un titre en individuel. Pourtant, malgré le meilleur temps réalisé dans les qualifications, Sanya Richards-Ross s'est fait rattraper en finale par la Britannique Christine Ohuruogu et la Jamaïcaine Shericka Williams.

Getty Images

Sanya Richards-Ross portait un fardeau secret et déchirant, ayant subi un avortement quelques jours seulement avant de se rendre en Chine.

"C'était vraiment, vraiment, vraiment dur", se souvient Sanya Richards-Ross. "Pour moi, c'était plus une chose spirituelle que physique parce que je n'ai jamais voulu me retrouver dans une situation où je devrais me faire avorter. C'était plus de l'usure émotionnelle pour moi que physique. J'étais encore physiquement prête à courir vite."

Le fait qu'elle ne l'ait dit à personne – même son entraîneur n'était pas au courant – a ajouté au poids incroyable qui pesait sur ses épaules. Mais dans les mois qui ont suivi Beijing, Sanya Richards-Ross a repris le mantra que son père lui avait d'abord enseigné à l'école secondaire et l'athlète a décidé de "continuer à essayer".


"Je me souviens qu'en 2009, j'ai dit : "Vous savez quoi ? Je vais juste commencer à m'amuser, je ne vais pas me mettre trop de pression, je ne vais pas essayer de tout contrôler", confie-t-elle. "Et j'ai eu une saison 2009 phénoménale avec cet état d'esprit.

'Phénoménale' est le mot juste. Après avoir pratiquement gagné tout ce qui se présentait, Sanya Richards-Ross est allée à Berlin, Allemagne, aux Championnats du monde d'athlétisme en 2009 dans une position familière, à savoir favorite pour la médaille d'or. Cette fois, elle l'a décrochée, remportant la victoire en 49 secondes.

"Je pense qu'échouer permet d'avancer. Oui, vous allez échouer, mais que pouvez-vous apprendre de cela pour vous rapprocher un peu plus de votre but ?", demande Sanya Richards-Ross. "Il s'agit de ne pas laisser l'échec vous arrêter et vous empêcher d'atteindre vos objectifs. Quand tout va bien, vous ne vous ajustez jamais et ne vous remettez jamais en question, la plupart du temps vous ne vous améliorez pas. Quand vous échouez, c'est comme se dire : "OK, qu'est-ce que je peux faire différemment pour passer au niveau suivant ?"


La rédemption olympique a eu lieu en 2012 aux Jeux de Londres, lorsque Sanya Richards-Ross, essayant à nouveau, a affronté ses démons.

"Quand on regarde la vidéo, on voit bien que ce n'est pas l'une de mes meilleures courses", dit-elle en riant. "Je me suis dit : "Je vais gagner, je ne vais pas essayer de faire quelque chose de spécial". Je me souviens que j'ai fait une grande pause à la fin et des personnes m'ont demandé pourquoi j'avais mis tant de temps à fêter et pour moi, c'était parce que Christine (Ohuruogu) était en train de me rattraper et la foule était très bruyante et j'ai fermé les yeux quand j'ai franchi la ligne. Donc, même si j'étais presque sûre d'avoir gagné, je n'en étais pas sûre à 100 %."

Elle avait gagné et elle a finalement pu célébrer cet ultime titre dans son sport.

Bien qu'elle ait subi une grave blessure au pied au cours des dernières années de sa carrière, Sanya Richards-Ross n'avait pas l'intention de quitter ce sport sans se battre et s'est concentrée sur la défense de son titre olympique. Vous ne serez pas surpris d'apprendre qu'elle a tout fait pour être sur la ligne de départ à Rio de Janeiro en 2016, malgré ses blessures.

Getty Images

"J'ai subi une troisième intervention chirurgicale, je me suis entraînée avec mon physiothérapeute pour pouvoir me faire soigner tous les jours pendant que je faisais de l'exercice, j'ai tout fait", confie Sanya Richards-Ross avec le sourire. "J'ai couru pour les qualifications olympiques, mais je n'ai pas pu terminer la course et j'ai baissé la tête l'espace d'une minute, puis il y a eu cette femme qui a crié : "On t'aime, Sanya" et cela m'a ramené au moment présent et je me suis dit : "Oh mon Dieu, c'est peut-être la dernière course de ma carrière" et j'ai donc tout donné pour finir."

Elle a reçu une ovation de tout le monde sur la piste ce jour-là alors qu'elle souriait malgré la douleur d'une déchirure aux ischio-jambiers droits qui mettait fin à sa carrière. Et malgré toutes les médailles, c'est ce moment qu'elle garde en mémoire.

"Même si j'ai vécu tant d'expériences tout au long de ma carrière, cette course, même si je n'ai pas gagné, montre bien ce que cela signifie pour moi", a-t-elle confié. "Je peux continuer à vivre même si je n'ai pas réussi parce que j'ai essayé, j'ai donné tout ce que j'avais."

back to top En