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Date
20 oct. 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Aviron

Superbes finales d’aviron de Rio 2016 sur le lagon Rodrigo de Freitas !

De la victoire imparable du duo néo-zélandais Bond-Murray invaincu depuis sept ans en deux en pointe, à celles des huit remportées par les Américaines et les Britanniques, les trois journées de finales d’aviron ont toutes été passionnantes et ont procuré beaucoup d’émotions à tous ceux qui sont montés sur les podiums!

Le 11 août, la première journée des finales d’aviron sur le lagon Rodrigo de Freitas a été marquée par la poursuite de la série victorieuse du tandem néo-zélandais Hamish Bond-Eric Murray en deux en pointe. Depuis qu’ils se sont associés dans cette embarcation en 2009, les rameurs kiwis n’ont jamais été battus ! Pour conserver le titre acquis à Londres en 2012, les sextuples champions du monde ont pris le large avant la mi-course, avant de passer la ligne d’arrivée avec 2 sec 80 d’avance sur les Sud-Africains Lawrence Brittain et Shaun Keeling et 4 sec 81 sur les Italiens en bronze, Giovanni Abagnale et Marco Di Constanzo. « Nous devons toujours nous appliquer, mais le travail le plus dur est derrière nous, durant les quatre années menant à cette course. C’est la nature même du statut d’invaincus : nous ne pouvons pas faire mieux, seulement faire aussi bien », a noté Hamish Bond. 

La finale du deux en couple dames a peut-être offert le bras de fer le plus intense de la journée. Les Polonaises Magdalena Fularczyk-Kozlowska et Natalia Madaj ont produit un bel effort pour prendre le meilleur dans les ultimes coups de pelle sur les Britanniques Katherine Grainger et Victoria Thornley, battues de 95 centièmes de seconde à l’arrivée, après avoir pourtant mené la majorité de la course. « Dans les 100 derniers mètres, nous avons senti que nous pouvions les rattraper », a dit Magdalena Fularczyk-Kozlowska qui a offert à la Pologne sa première médaille d’or à Rio ! « Grainger est une légende, mais en Pologne, on dit qu’il faut battre les champions. Pendant la course, nous n’avons pas pensé à ça. Face à nous, c’était juste l’équipage britannique. » Grainger s’est ainsi contentée de la médaille d’argent, abandonnant le titre qu’elle avait gagné avec Anna Watkins à Londres en 2012, mais elle est devenue la première sportive britannique médaillée lors de cinq Jeux Olympiques. Plus loin à 3 secondes, les Lituaniennes Donata Vištartaitė et Milda Valčiukaitė ont pris la 3e place. 

En deux en couple hommes, les frères croates Martin et Valent Sinkovic ont remporté la première médaille d’or olympique de leur pays en aviron. Ils ont devancé le duo lituanien Mindaugas Griskonis et Saulius Ritter de plus d’une seconde, suivis par les Norvégiens Kjetil Borch et Olaf Tufte à 3 secondes. Martin Sinkovic a fondu en larmes en débarquant sur le ponton, mais il n’a pas manqué de souligner qu’il s’agissait « de très belles larmes. »

 


L’Allemagne s’est parée d’or tant chez les hommes que chez les dames en quatre en couple. L’équipage masculin a conservé le titre qu’il avait gagné à Londres en 2012 devant l’Australie, alors que l’Estonie a remporté sa première médaille à Rio 2016 avec son quatuor qui a complété le podium. Philip Wende, Lauritz Schoof, Karl Schulze et Hans Gruhne ont mené la finale A d’un bout à l’autre. Dans la course féminine, l’Allemagne (Annekatrin Thiele, Carina Bär, Julia Lier et Lisa Schmidla) est sortie gagnante d’une finale très disputée avec les Pays-Bas et la Pologne qui ont terminé dans cet ordre et dans la même seconde que les gagnantes !


La course aux médailles du quatre en pointe poids légers masculin a donné lieu à une explication musclée entre équipages européens. Le quatuor suisse (Lucas Tramer, Simon Schuerch, Simon Niepmann et Mario Gyr) l’a emporté sur le fil devant le bateau danois (Jacob Barsoe, Jacob Larsen, Kasper et Morten Jörgensen) avec l’embarcation française (Franck Solforosi, Thomas Baroukh, Guillaume Rinceau et Thibault Colard) sur les talons! 

Les bateaux britanniques conservent leurs titres, jour de gloire pour la France et les Pays Bas 
Lors de la deuxième journée de finales, le vendredi 12 août, il n’y a pas eu discussion dans la course pour l’or du quatre en pointe. Comme à Sydney 2000, Athènes 2004, Beijing 2008 et Londres 2012, c’est équipage britannique qui l’a emporté, en faisant la course en tête du départ à l’arrivée. Fait exceptionnel, c’est la première fois qu’un Comité National Olympique atteint ce total de succès consécutifs dans une épreuve d’aviron. La « Team GB » était cette fois constituée d’Alex Gregory, Mohamed Sbihi, George Nash et Constantine Louloudis. Elle l’a emporté en 5 min 58 sec 61 sans avoir jamais perdu les commandes de la course, devant l’Australie à 1 Sec 83 (William Lockwood, Joshua Dunkley-Smith, Joshua Booth et Alexander Hill) et l’Italie (Domenico Montrone, Matteo Castaldo, Matteo Lodo et Giuseppe Vicino) à plus de 5 secondes. 

« Vous vous imaginez ce que vous allez ressentir, mais vous ne pouvez pas réaliser jusqu’à ce que ça arrive, a jubilé Mohamed Sbihi. On a eu mal pour eux », a lancé Alex Gregory à propos de l’équipage australien, qui a remporté à Rio sa troisième médaille d’argent d’affilée. « Nous sommes très copains avec eux. C’est une des choses les plus terribles du sport : nous courons tous après la même chose. » 

En finale du deux en pointe féminin, les détentrices des records du monde et olympique sur les 2000 m  course, les Britanniques Helen Glover et Heather Stanning, ont conservé le titre qui avait tant enthousiasmé le public il y a quatre ans à Londres. Une course menée de bout en bout avec à mi-course presque 4 secondes d’avance sur les Danoises Hedvig Rasmussen et Anne Andersen. Ces dernières ont été rattrapées par la paire néo-zélandaise Genevieve Behrent-Rebecca Scown qui est allée quérir l’argent dans les 500 derniers mètres, à 1 sec 24 de l’invincible duo britannique. 

Vainqueurs du deux en couple poids légers, les Français Jérémie Azou et Pierre Houin ont gagné le premier titre pour la France en aviron depuis Sébastien Vielledent et Adrien Hardy dans la même embarcation à Athènes 2004. Partis largement devant, les Français ont dû repousser après la mi-course les assauts des duos Irlandais (Gary et Paul O’Donovan) et Norvégien (Kristoffer Brun et Are Strandli) qui les encadraient sur le bassin ! Victoire en 6 min 30 sec 70 pour finir, seulement 53 centièmes devant le bateau irlandais, l’embarcation norvégienne prenant le bronze à 69 centièmes ! Il s’agit de la première médaille olympique de l’Irlande en aviron ! 

Dans la course féminine, les Néerlandaises Ilse Paulis et Maaike Head, championnes d’Europe 2016, se sont imposées en produisant leur effort dans le dernier quart de couse pour devancer les Canadiennes Lindsey Jennerich et Patricia Obee de 1 sec 15 et les Chinoises Huang Wenyi et Pan Feihong, reléguées à 1 sec 76 des gagnantes. « Je ne peux pas croire ce qui s’est passé aujourd’hui, et toute la semaine, et toute l’année », s’est exclamée Maaike Head. « C’est du bonheur à l’état pur », a dit de son côté la médaillée d’argent Lindsay Jennerich, « Cela représente douze années de travail. »

Les skiffs et les huit mettent un brillant point final aux régates
La dernière journée des finales, le 13 août, a vu s’affronter sur le lagon Rodrigo de Freitas les embarcations solitaires (le skiff) d’une part, et les équipages de huit d’autre part. 

Dans la finale du skiff féminin, Kimberley Brennan, qui a dominé la spécialité sur toute l’Olympiade (elle est championne du monde en titre) s’est imposée en 7 min 21 sec 54 devant l’Américaine Genevra Stone à 1 sec 38 et la Chinoise Duan Jingli à 2 sec 59, alors que la Néo-Zélandaise Emma Twigg, qui était présentée comme sa principale rivale, a terminé au pied du podium. Et pourtant, la championne olympique australienne a failli passer à la trappe en qualifications, ne signant que le 14e temps total des séries pour se qualifier de justesse pour les quarts de finale. 

Brennan était d’autant plus ravie de sa victoire qu’elle rejoint son époux Scott Brennan, vainqueur en skiff masculin à Beijing en 2008 ! « J’ai imaginé ça tellement de fois, a-t-elle dit. Il y a eu beaucoup de travail ces onze dernières années et j’ai été énormément soutenue par mon entraîneur et mes coéquipiers. Mon mari a un titre. Nous sommes maintenant à égalité ! »

Le quintuple champion du monde de skiff néo-zélandais Mahe Drysdale, 37 ans, tenant du titre olympique, et le Croate Damir Martin ont eu besoin de la photo-finish pour être départagés à l’arrivée de la finale masculine. Tous deux étaient crédités du même temps de  6 min 41 sec 34, record olympique. Drysdale a été déclaré vainqueur pour quelques millièmes de secondes. On imaginait plutôt que la course allait se résumer à un duel entre lui et son éternel rival, le Tchèque Ondrej Synek, mais ce dernier a dû se contenter du bronze à 2 sec 76 des deux premiers. 

« J'ai senti qu'il me dépassait et j'ai lancé quelques petits coups de rames désespérés », a relaté le triple médaillé olympique de la catégorie après la photo-finish, « Ce n'est pas la manière dont vous aimeriez que ça se finisse, mais s'en sortir avec ce résultat est fantastique. » Damir Martin estime qu’il ne pouvait rien faire de plus pour déborder Mahé Drysdale. « C’est l’une de mes courses les plus parfaites. Je me suis donné à 100 %, voire plus. Les derniers 100 m étaient incroyables, les cris des spectateurs, c’était du délire ! » 


Le huit féminin américain (Emily Regan, Kerry Simmonds, Amanda Polk, Lauren Schmetterling, Tessa Gobbo, Meghan Musnicki, Ellie Logan, Amanda Elmore et Katelin Snyder) s’est imposé en puissance après avoir accéléré à mi-course pour remporter le troisième titre consécutif des États-Unis et étendre leur période d’invincibilité à 10 ans dans cette spécialité. Ils l’ont emporté en 6 min 01 sec 49 avec 2 sec 49 d’avance sur l’embarcation britannique. 

Les Américaines sont passées en tête après que les bateaux canadien et néerlandais ont mené jusqu’aux 1000 m. Les Britanniques qui ramaient à l’arrière sont revenues en force pour aller quérir l’argent, repoussant un ultime assaut du huit roumain qui a fini en bronze. C’est la toute première médaille d’argent britannique dans la discipline, ce qui a beaucoup ému Frances Houghton, 35 ans, membre de l’équipage depuis plus dix ans. « Nous avons fait ça pour les filles qui ont ramé dans ce bateau depuis vingt ans. Elles ont contribué à rendre ce résultat possible. Elles savent ce qu’elles valent », a-t-elle dit. 

Les huit rameurs britanniques ont fait mieux que leurs coéquipières dans la dernière finale des régates olympiques sur le Lagon Rodrigo de Freitas. Ils ont réussi à détrôner les vainqueurs allemands de Londres 2012. Scott Durant, Tom Ransley, Andrew Triggs-Hodge, Matthew Gotrel, Pete Reed, Paul Bennett, Matt Langridge, William Satch et Phelan Hill ont passé la ligne d’arrivée en 5 min 29 sec 53, avec 1 sec 33 d’avance sur le huit allemand, le bateau néerlandais prenant la médaille de bronze à 1 sec 96. Les Britanniques ont mené du départ à l’arrivée et ont compté jusqu’à 2 sec 54 d’avance aux 1500 m. Soit précisément ce qu’ils avaient planifié selon William Satch. « C’était notre plan. Ne pas regarder en arrière, et pousser, pousser. Je n’ai pas cru que nous l’avions fait quand nous avons franchi la ligne d’arrivée. » 
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