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Kiss Getty Images
Salt Lake City 2002

Retour sur la performance de Kiss aux Jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002

Le groupe de glam rock avant-gardiste américain Kiss s'était produit lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002. Ce concert a été l'une des performances live les plus marquantes de l'histoire du sport télévisé. Gene Simmons, leader du groupe, s'en souvient comme si c'était hier.

C'est hissé sur une petite scène mobile évoluant sur une patinoire au milieu de danseurs chaussés de patins à glace que le groupe Kiss a revêtu bottes et maquillages emblématiques pour interpréter son tube sorti en 1975, Rock and Roll All Nite, devant près d'un milliard de téléspectateurs, à l'occasion de la clôture des Jeux de Salt Lake City.

Feux d'artifices explosifs et guitares rutilantes étaient au rendez-vous pour un concert joyeusement chaotique. Gene Simmons, bassiste, chanteur et créateur du groupe, s'en souvient : "C'était époustouflant."

Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit quand vous repensez à ce concert ?

"Je me rappelle avoir vu des athlètes de tous les pays, de toutes les nationalités, de toutes les couleurs de peaux et de toutes les religions, se rassembler, sans laisser leur origine ou leur langue les séparer.

Les Grecs ont inauguré cette tradition il y a très longtemps... C'était une idée géniale ! Les Jeux Olympiques ont été comme autant de phares éclairant une Histoire parfois très sombre.

Si des extraterrestres arrivaient sur Terre et nous faisaient un résumé de notre Histoire, ils nous diraient : "Vous avez fait des choses horribles : l'inquisition, le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale, entre autres abominations. Mais vous avez aussi fait de belles choses. La Proclamation d'émancipation, la Magna Carta, les Jeux Olympiques..."

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Y a-t-il d'autres évènements comparables aux Jeux Olympiques ?

"Le Concours Eurovision de la chanson est une tentative similaire, mais il reste confiné en Europe. En Amérique du Nord et dans le reste du monde, personne ne connaît ce concours. Et c'est dommage, car, d'après moi, plus il y a d'évènements d'envergure mondiale, plus nous aurons de possibilités de nous rapprocher et d'apprendre à vivre ensemble."

Vous êtes-vous amusés lors de ce concert ?

"C'était fabuleux. Bien sûr, c'était un concert retransmis en direct, nous avions donc quelques restrictions. Les équipes télé étaient très rigoureuses, nous avions des instructions spécifiques : 'Mettez-vous ici, faites cela, ne faites pas ce que vous feriez normalement.' Nous étions très proches les uns des autres sur la scène. Je pense que nous n'avons jamais joué sur une scène aussi petite. Et puis, tout autour de nous, il y avait la glace et les patineurs. Nous devions rester sur cette plateforme mobile, loin des enceintes qui étaient au niveau des gradins. On m'avait dit que deux milliards de personnes dans le monde entier pourraient regarder cette cérémonie... Ce n'est quand même pas rien !"

Comment était l'ambiance dans le stade ?

"C'était très émouvant. On pouvait voir des gens se tenir la main, bras dessus bras dessous. Des gens qui, s'ils étaient dans leurs pays respectifs, derrière leurs frontières respectives, n'auraient probablement jamais fait cela ! Et c'est un euphémisme. Des pays traditionnellement ennemis s'unissent lors des Jeux Olympiques autour d'une idée qui dépasse les frontières et unit les peuples."

Suivez-vous les Jeux Olympiques avec passion ?

"Je suis les athlètes avec passion. Même si on n'aime pas forcément le golf, quand on voit quelqu'un comme Tiger Woods à son apogée, on est obligé de rester bouche bée. Et, même si on n'aime pas forcément la boxe, quand on voit des (Muhammad) Ali ou des (Mike) Tyson à leur summum, on ne peut qu'être fasciné par leurs performances. Les gens ont toujours été attirés par le sport grâce à des stars. Le golf ne serait pas ce qu'il est sans Tiger Woods. Et la boxe ne serait pas ce qu'elle est sans Muhammad Ali, ou Cassius Clay comme on l'appelait alors."

Les Jeux Olympiques sont-ils en accord avec les idées de Kiss ?

"Je pense que je peux dire que les Jeux Olympiques et Kiss ont les mêmes idéaux sans trop prendre de risques. Nos philosophies sont apolitiques. Ce qu'on pense d'un homme politique, d'un Premier ministre ou même de Donald Trump, rien de tout cela n'est pertinent dans ce contexte. Nous célébrons la vie.

Quand quelqu'un écoute du Kiss, on veut qu'il oublie tout. Qu'il oublie qu'il est coincé dans les bouchons ou que sa copine le sermonne pour quelque chose qu'il ne savait pas qu'il avait fait... Et c'est pareil pour les Jeux Olympiques, la politique n'y a pas sa place. Ces évènements sont pour tout le monde. Pendant le laps de temps où les gens sont là, il n'y a que le spectacle, celui des Jeux Olympiques et de Kiss, et rien d'autre. Est-ce qu'on s'engage à faire de notre performance un spectacle à part entière ? Évidemment."

Kiss Kishimoto/IOC / NAGAYA, Yo
Est-ce que Rock And Roll All Nite était la chanson parfaite pour clôturer des Jeux ?

"Cette chanson est à la première personne du singulier. Tout le monde peut donc la chanter. Beaucoup de groupes utilisent le 'nous'. Mais d'après moi, il n'y a rien de plus puissant que le 'je'. C'est un mot extrêmement important parce qu'il permet de donner du pouvoir à l'individu. Peu importe sa couleur de peau, son âge, son sexe, dès qu'une personne dite 'je', cela engendre un certain engagement, elle donne du sien."

D'après vous, la musique peut-elle, comme le sport, rapprocher les gens ?

"Rencontrer quelqu'un pour qui ces chansons sont importantes est quelque chose de génial. La musique, c'est bien plus que des instruments. C'est la bande-son de la vie des gens. Dans les moments solennels de communion nationale, il y a de la musique. Chaque pays a son hymne. Il y a des chansons pour les Jeux Olympiques, des morceaux pour les enterrements, de la musique dans les églises... Une vie sans musique serait horrible."

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