skip to content
PyeongChang 2018

Rencontre avec le spécialiste du snowboard cross, véritable accro à la vitesse

L’Australien Jarryd Hughes est obsédé depuis longtemps par la vitesse. En 2016, il est devenu le plus jeune médaillé d’or de l’histoire des X Games d’hiver et reste à ce jour le plus jeune spécialiste de snowboard cross à avoir été numéro 1 mondial. Médaillé d’argent aux Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018, Jarryd Hughes, âgé de 23 ans, évoque sa passion pour les sports qui carburent à l’adrénaline, son enfance sur deux roues et son projet de remettre les pendules à l’heure aux Championnats du monde 2019.

Les Championnats du monde 2019 se déroulent à Park City aux États-Unis en février. Après avoir terminé 11e en 2013, 31e en 2015 et 34e en 2017, ne pensez-vous pas que vous avez droit à votre part de chance ?

Je n’ai jamais aimé le mot ″chance″. Il y a quelques années, une pub disait "On ne récolte que ce que l’on sème". C’est très ringard, mais ça m’a toujours plu. Je ne pense pas qu’on me doive quoi que ce soit, mais j’ai travaillé très dur pour pouvoir être l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, dans ce sport. J’ai d’énormes ambitions pour les Championnats du monde de cette année et ce serait super de gagner un globe de cristal, mais je ne veux pas vendre la peau de l’ours. Je veux essayer de donner le meilleur de moi-même à chaque course. Si je prends le départ, c’est pour gagner. Je souhaite aussi que chacun évolue à son meilleur niveau, afin de pouvoir dire "Je vous ai battus alors que vous étiez au sommet de votre forme".


Votre vie a-t-elle beaucoup changé depuis cette médaille d’argent de PyeongChang 2018 ?

Oui et non. J’ai certainement la possibilité de faire beaucoup plus de choses agréables durant mon temps libre. Je peux ainsi me rendre sur quelques événements vraiment sympas, comme la Formule 1. Je suis allé voir le Grand Prix à Melbourne. Je suis allé sur la grille de départ. C’était extraordinaire et j’ai aussi obtenu un laissez-passer pour le paddock, ce qui m’a permis de pénétrer dans la zone des pilotes. J’en ai vu plein, et j’ai même parlé brièvement avec eux. J’ai aussi pu toucher de mes mains certaines F1. J’étais dans tous mes états.

Est-ce juste de dire que vous êtes quelque peu accro à la vitesse ?

Ces F1 sont d’un genre très spécial. C’est fou de voir que simplement les toucher m’a rendu aussi dingue. C’était sympa de voir Lewis Hamilton et Dan Ricciardo ainsi que d’autres pilotes, mais ce sont les voitures qui m’ont vraiment scotché. Quand on est en déplacement, on a beaucoup de temps mort et je passe beaucoup de temps sur YouTube à faire des recherches sur la Formule 1 et à être attentif à tout ce qui se passe, à examiner les modifications aérodynamiques qu’ils font — il y a vraiment de beaux graphiques à ce sujet. Mais voir tout ça en vrai, c’était vraiment super. Les gens ont été très surpris de voir que je m’y connaissais.

Getty Images

Et en matière d’entraînement, est-ce que votre médaille a changé radicalement votre approche ?

Le fait d’avoir gagné une médaille vous donne un peu plus de sécurité dans le contrôle de l’entraînement. Par exemple, j’adore intégrer des choses que j’aime vraiment à mon entraînement pour le snowboard cross, et ma fédération (Ski & Snowboard Australia) l’a davantage accepté, une fois ma médaille en poche.

Getty Images
 


Vos parents dirigent deux skate parcs à Sydney et aux alentours. Est-ce que vous tenez votre passion pour les sports de vitesse et les sports extrêmes d’eux ?

Pas vraiment. Mon père jouait au rugby à un bon niveau, et ma mère pratiquait le netball à un niveau similaire. Tous les deux travaillaient dans l’informatique, et mon père s’est ensuite lancé dans le skateboard parce que je faisais du snowboard. Je pense que c’est un peu à cause de moi qu’ils sont aujourd’hui dans les sports extrêmes. Mon père trouve ça vraiment agréable. On organise des stages et il dirige mes programmes de snowboard. Il est fortement investi au sein de Skate Australia et de BMX Australia.

On peut donc vous voir souvent sur un skateboard ou sur un BMX ?

Tout à fait. Parmi mes meilleurs copains figurent les meilleurs pilotes de BMX et les meilleurs skateurs australiens. J’ai grandi avec Brandon Loupos (star internationale du BMX). Je me retrouve souvent avec mes potes pour piloter et ils possèdent certains des meilleurs vélos du monde, ce qui est sympa. J’ai vraiment de la chance de pouvoir partager mon temps entre tous ces sports que j’adore.

Getty Images

Avez-vous déjà pensé à faire du skate en compétition, plutôt que du snowboard ?

En fait, je ne suis pas aussi bon en skateboard qu’en snowboard. J’ai commencé par le snowboard et je me suis mis ensuite au skate, juste pour m’entraîner pour le snowboard. Je ne suis pas le meilleur skateur du monde, loin de là.

Et aujourd’hui ? Avez-vous envie d’essayer de concourir dans un autre sport au niveau professionnel ?

Durant ma jeunesse, ma mère a toujours eu peur que je me blesse en snowboard, et je lui disais des choses du genre "Okay Maman, si tu ne veux pas que je fasse du snowboard, je vais me mettre au rugby". J’ai toujours voulu le faire à cause des Wallabies. J’adorerais aussi piloter une Formule 1, mais ils ne me laisseront jamais faire.

back to top En