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Date
20 août 2010
Tags
JOJ

Quelques mots sur Yelena Isinbaeva par Thiam Peng Tan, jeune reporter des JOJ


La première chose qui vous frappe lorsque vous rencontrez Yelena Isinbaeva, c'est l'extrême gentillesse de cette athlète russe de saut à la perche.

Forte de tous ses records du monde et de sa consécration, la double médaillée d'or olympique, qui détient 27 records du monde, est l'une des personnes les plus adorables et réalistes qui soient. Elle fait partie des trois ambassadeurs des Jeux Olympiques de la Jeunesse à Singapour.

"Six ans", telle fut la réponse qu'elle nous donna tout en ne cessant de rire lorsque nous lui avons demandé combien de temps il lui avait fallu pour battre son premier record du monde.

Plus tard, lorsque nous lui avons demandé de nous parler de sa première rencontre avec une autre légende du saut à la perche, à savoir Sergey Bubka, elle est soudain devenue très enthousiaste, l'archétype du fan, nous décrivant avec une foule de détails de quelle manière elle avait d'abord cherché à se faire photographier avec lui à Sydney en 2000.

Tout ceci nous a été conté en présence de l'Ukrainien en personne, lors de la discussion avec les champions, laquelle s'est déroulée mardi au village olympique de la jeunesse.

Les deux grands noms du saut à la perche ont en effet discuté avec les jeunes athlètes lors de cette rencontre marquée par le partage. Yelena Isinbaeva avait également participé à plusieurs activités du programme culturel et éducatif lundi lors d'une visite informelle.

Yelena Isinbaeva, telle que nous la connaissons habituellement, a toujours une perche dans la main. Concentrée. Prête. Presque inquiétante.

Sergey Bubka a su trouver les meilleurs mots pour la décrire : "J'ai vu son énorme potentiel pour l'avenir". Face à plus d'une centaine d'athlètes et invitée à prendre la parole, Yelena s'est montrée plutôt agitée : "Je suis un peu nerveuse", a-t-elle confié.

Lorsqu'elle s'est installée, nous avons pu constater toute l'ampleur de son engagement. Les "sacrifices" avoue-t-elle, ont été le plus grand défi qu'elle ait eu à relever, car "toute ma vie de jeune fille a été sacrifiée au sport. Et c'est ce que vous devez faire aussi."

Ses habitudes avant une compétition comprennent l'isolement dans une chambre la nuit qui précède, à ne rien faire du tout. "Je me concentre sur moi-même, j'imagine." Elle imagine son meilleur saut. Elle imagine et voit au-delà de la barre comme si celle-ci s'était effacée.

Deux fois lauréate du titre de "sportive de l'année" et trois fois athlète mondiale de l'année de l'IAAF, elle a l'honneur d'être la première femme à avoir passé la barre sacrée des cinq mètres.

Mais sa carrière ne s'est pas déroulée comme un long fleuve tranquille. L'année passée, Yelena Isinbaeva a perdu deux fois, y compris lors des Championnats du monde à Berlin. "J'ai pleuré deux jours après ma défaite à Berlin l'année passée. Je n'arrivais pas à y croire."

"Gagner, ce n'est pas si difficile. Battre des records, c'est un peu plus compliqué. Je pensais que je pourrais le faire à l'infini. Alors je me suis relâchée, je n'étais pas concentrée à 100 %."

Et d'ajouter : "Lorsque j'ai regardé la nouvelle championne du monde depuis une marche inférieure du podium, j'ai compris combien il était important d'être championne du monde. Je veux être la première. Perdre une fois, ça peut être un accident. Deux fois, non. Je souhaitais être à nouveau la meilleure."

"J'ai fait une pause, je suis sortie et j'ai fait tout ce que j'aimais faire. J'ai mangé beaucoup de glaces. Cela me rend heureuse. Mon entourage ne m'a pas mis de pression."

À peine onze jours plus tard, Yelena Isinbaeva passait la barre des 5,06 mètres. "Je peux accomplir tellement de choses. Il m'a fallu une défaite pour le comprendre."

À propos de son rôle d'ambassadrice, elle a déclaré : "Faites-vous des amis et apprenez-en davantage sur les autres cultures. Lorsque vous rentrerez chez vous, partagez votre expérience et ce que vous avez appris ici. Après cela, vous serez des jeunes ambassadeurs du sport."

S'agissant de sa propre carrière, elle a commenté : "J'espère établir des records du monde qui ne seront jamais battus."

par Thiam Peng Tan, jeune reporter des JOJ

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