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YIS / IOC Al Tielemans
Date
19 févr. 2016
Tags
Lillehammer 2016 , JOJ , Hockey sur glace , Tournoi , Hommes , Actu CIO

Quartier libre : dans les coulisses de l’équipe américaine de hockey sur glace


L’« encre » de la feuille de match de la rencontre de hockey sur glace Canada - États-Unis à peine sèche, Justin Forrest, l’entraîneur adjoint américain s’est assis devant son ordinateur pour disséquer la vidéo du match.

Peu importe si l’ultime rencontre du tour préliminaire que les États-Unis devaient livrer face à la Russie aux Jeux olympiques de la Jeunesse d’hiver de Lillehammer 2016 n’est programmée que 48 heures plus tard. Au royaume du sport d’élite, la routine quotidienne et l’attention portée aux détails sont cruciales.

La vidéo peut ainsi s’avérer un outil pédagogique incroyable, si on sait l’interpréter. Les États-Unis sortent à peine d’une défaite contre le Canada 4-2 que Forrest est déjà en train de visionner les images, pour voir ce que les joueurs ont fait, bien ou mal.

Simon Bruty YIS/IOC

« Un match est ce que les joueurs en font, dit-il. Et ce qui nous intéresse le plus, c’est notre jeu [plutôt que celui de nos adversaires]. ».

Les hockeyeurs – même ceux de 16 ans – ont des habitudes bien ancrées. Ils n’aiment pas le changement, car ça les sort de leur quotidien. Et la vidéo, comme beaucoup d’autres choses, fait partie du quotidien.

« Certaines choses sont inédites, l’environnement est nouveau, souligne Forrest. Il y a de belles affluences, c’est une compétition internationale et beaucoup de ces garçons n’ont jamais mis les pieds en Europe. On joue contre le Canada et la Russie et c’est la première fois que ça leur arrive. »

Simon Bruty YIS/IOC

« Mais au final, il s’agit d’un match de hockey, d’une compétition de hockey. »

De manière surprenante, les sportifs sont souvent superstitieux. S’ils gagnent un jour un match en chaussant d’abord leur patin gauche, ils vont observer le même rituel jusqu’à ce qu’ils perdent. Certains joueurs ne franchissent jamais la ligne bleue lorsqu’ils pénètrent sur la glace pour s’échauffer et un entraîneur peut porter le même pantalon tant qu’une série victorieuse est en cours.

Ce respect de la routine quotidienne, destiné à faire les choses facilement et correctement, du moins en apparence, signifie que les ados américains vivent en permanence en groupe. Ils mangent ensemble, ils se plient en même temps à l’extinction des feux au village olympique de la jeunesse (VOJ) et quand le réveil sonne le lendemain matin, tout le monde est concerné.*

Mercredi, à l’occasion de la journée de repos, les jeunes américains ont passé la journée à découvrir les expériences du programme « Learn & Share » (« Apprendre et partager ») de Lillehammer 2016.

Pendant ce temps, Forrest et Scott Paluch, l’entraîneur en chef, ont visionné la victoire de la Russie sur la Finlande 2-1. Et quand les joueurs sont retournés au VOJ à 19 heures, ils ont eu droit à une séance vidéo avec leur encadrement pour préparer le choc de jeudi.

« Nous avons regardé des images de NHL », indique Forrest en faisant référence à la Ligue nationale professionnelle nord-américaine de hockey sur glace. « Nous aimons leur montrer ce que font les pros de la NHL car c’est un outil pédagogique fabuleux. Quand ils voient évoluer les meilleurs joueurs du monde, ils comprennent. »

Après une bonne nuit de sommeil, l’heure est venue de préparer le match du jour. Le réveil a été fixé à 9 h 20 et tous les joueurs se sont rendus comme un seul homme dans la zone du VOJ où est servi le petit-déjeuner à tous les athlètes.

À la différence des professionnels, ou même d’autres grandes compétitions internationales comme les Championnats du monde juniors, aux JOJ, les athlètes de tous les pays font cantine commune.

« On fait avec ce qui est dans l'assiette. C’est parfait, dit Forrest. Les œufs sont une grande source de protéines et c’est bien. Quelques gars ont besoin de matières grasses, de pommes de terre, de yaourts ou de fruits. »

Après le petit-déjeuner, place à une séance d’étirements avec le groupe d’entraîneurs à la patinoire, suivie par 20 minutes de vidéo destinées principalement à contrer la tactique de la Russie.

Puis, à 12 heures, c’est le déjeuner, suivi d’une petite sieste – et bien sûr, d'une petite incursion sur les réseaux sociaux – avant que les joueurs ne se retrouvent à 14 h 45 pour une marche de 10 minutes jusqu’à la patinoire.

Ensuite, nouvelle séance d’étirements avant les derniers préparatifs pour le match.

« Les hockeyeurs ont des habitudes bien ancrées et nous essayons de ne pas les en détourner, indique Forrest. C’est enfin jour de match et je suis sûr qu’ils ont gardé un goût amer après la partie contre le Canada. »

Les joueurs américains ne risquaient pas de s’emballer. S’ils étaient déjà certains de faire partie du dernier carré avant d’affronter les Russes jeudi, on ne leur a pas parlé de laver l’affront des Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver d’Innsbruck 2012 où les États-Unis avaient terminé au pied du podium. « Il y a quatre ans, ces garçons n’avaient que 11 ans », explique Forrest.

Au terme d’un match très rythmé et physique, les États-Unis ont enlevé la victoire 4-2, ce qui signifie qu’ils avaient à nouveau rendez-vous avec les Russes en demi-finale vendredi (19 février).

Après un décrassage et une petite causerie d’après-match de l’entraîneur en chef Scott Paluch, les joueurs ont eu brièvement l’occasion de retrouver leurs supporters, leurs amis et leur famille avant de revenir au Village pour un repas et un repos bien mérité.

Mais pas question de faire la fête, car dès vendredi, il faut remettre ça.

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