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PyeongChang lui donne des ailes : Laura Deas, plus prête que jamais à offrir à la Grande-Bretagne un run de skeleton complètement fou

Deux ans après avoir boosté sa carrière en décrochant le bronze dans le skeleton féminin à PyeongChang 2018, la Britannique Laura Deas est non seulement devenue une athlète différente mais ses objectifs, eux aussi, sont différents. Si elle vise surtout la plus haute marche du podium aux Jeux de Beijing 2022, elle ne sous-estime pas la puissance et la magie de ce moment unique qu'elle a connu dans la République de Corée.

"Il y a une vie avant ce jour et une vie après ce jour.  Ce sont deux mondes différents",  a déclaré Laura Deas au milieu de la saison 2019/20 . "Cette médaille a changé ma vie sur bien des plans".


Curieusement, c'est lorsque Laura Deas dévale le couloir de glace que l'attrait de la médaille olympique prend à ses yeux moins d'importance.

"L'environnement sportif dans lequel j'évolue change très rapidement et, dans un sens, ce serait malsain pour moi d'avoir constamment cette médaille de bronze en tête. Le sport est un monde qui va de l'avant et, moi aussi, je dois aller de l'avant", ajoute l'athlète britannique. 

"J'essaie de trouver un équilibre entre cette immense confiance que cette médaille m'a donnée et d'en revivre les bons moments mais sans regarder en arrière ni trop m'appuyer sur cette
victoire".

 

Un point de vue qui prend tout son sens alors que Laura Deas a récemment changé d'entraîneurs pour passer sous la houlette d'athlètes renommés comme le Canadien Charles Wlodarczak et le Letton Mareks Mezencevs.

"Tout se passe très bien et les choses vont dans la bonne direction.  C'est super de travailler avec des personnes différentes", déclare Deas qui, comme le reste de l'équipe britannique, a commencé à travailler avec Charles Wlodarczak et Mareks Mezencevs pour se préparer à la saison actuelle. "Vous apprenez à voir les choses d'une autre façon, dans une perspective tout autre et à laquelle vous n'aviez pas songé auparavant".

Laura Deas - Pyeongchang 2018 2018 Getty Images

Même si Laura Deas n'est jusqu'ici pas submergée par des résultats – à l'âge de 31 ans elle doit encore se classer avant la 10e place dans une épreuve de Coupe du monde cette saison – elle est toutefois convaincue que son équipe va dans la bonne direction.

"Nous apprenons encore et toujours à nous connaître mutuellement", déclare-t-elle à propos de ses deux nouveaux entraîneurs. "Nous en sommes encore à apprendre comment l'autre considère la glisse, ou des choses aussi simples que le type de langage qu'il utilise pour les détails techniques. Chacun a sa façon de s'exprimer".

L'attention à donner au moindre détail explique en partie pourquoi Laura Deas reste fascinée par ce sport.

Laura Deas - Pyeongchang 2018 2018 Getty Images

"Ce sport est, bien sûr, très physique mais il est aussi très cérébral", explique-t-elle. "Il couvre de nombreux aspects. Pour commencer, nous sommes sur une piste différente toutes les semaines et chacune a ses propres caractéristiques avec lesquelles il faut composer et, bien sûr, certaines pistes vous conviennent mieux que d'autres".

"Vous avez beau dévaler la pente à 80 miles par heure (130 km heure), vous êtes constamment en train de faire des calculs et de prendre des décisions concernant ce qui vient de se passer et ce qui va se passer dans la minute, et tout ça en gardant (à tout prix) votre calme.  C'est un sport qui vous démasque si vous avez encore des choses à cacher – il ne laisse rien passer. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles il vous apporte autant de satisfaction et de plaisir quand tout va bien. Il vous teste vraiment sur tous les plans".

Cela étant, il n'est pas surprenant que l'ascension de Laura Deas vers la gloire olympique ait été longue et difficile. Son unique victoire lors de la Coupe du monde au début de la saison 2015/16 et ses quatre autres podiums obtenus en cinq ans ne donnent qu'une petite idée de l'engagement sans relâche dont elle a fait preuve.


Cette athlète du Pays de Galles a toutefois toujours eu un avantage pour elle. Passionnée de sport durant son enfance, elle participait à des concours hippiques internationaux jusqu'au jour où elle échangea son cheval contre une luge. Sa carrière sportive initiale l'a considérablement aidée sur la glace et ce, beaucoup plus que l'on pourrait croire.

"Sur le plan pratique, un grand nombre de compétences sont les mêmes" confie Laura Deas. "Dans les deux cas, vous devez vraiment bien sentir les choses.  Vous devez être capable d'anticiper, de vous rappeler une course, de penser à ce qui se passe en dessous de vous et, en même temps, à ce qui vient juste d'arriver et à ce qui va bientôt arriver".

Laura Deas - Pyeongchang 2018 2018 Getty Images

"Les chevaux m'ont beaucoup appris et m'ont aidée à avoir une vision positive de la vie. Ce partenariat que vous avez avec un bon cheval avec lequel vous concourez, je le regrette, mais dans une certaine mesure vous ressentez la même chose avec votre engin car c'est un objet qui vous est très personnel. En fait, j'ai donné le nom d'un de mes chevaux à la première luge que j'ai reçue de mon entraîneur".

Outre sa carrière sportive passée, Laura Deas a également pour amie proche Lizzy Yarnold, double championne olympique sur laquelle elle peut compter. Toutes deux ont été inséparables pendant des années et ont même été demoiselles d'honneur au mariage de l'une et de l'autre en 2018 et 2019.  Et même si Yarnold a pris sa retraite après avoir décroché un titre olympique à PyeongChang, sa présence auprès de Laura Deas reste constante.

"Il m'arrive souvent de regarder une ancienne course pour savoir comment il faudrait s'y prendre, neuf fois sur dix si vous regardez une descente de Lizzy, cela correspond en fait à ce que vous voudriez faire. En ce sens, elle continue de m'aider énormément", déclare Laura Deas. "Elle est toujours un excellent repère qui m'indique comment faire les choses avec élégance et glisser à grande
vitesse ". 

Laura Deas - Pyeongchang 2018 2018 Getty Images

Si Laura Deas a manqué l'épreuve individuelle aux championnats du monde 2019 après s'être blessée dans la compétition en équipe, elle a toujours un œil sur l'édition 2020 et un autre sur les Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022. Une fois sur place, elle sera sous pression sachant que les athlètes britanniques ont décroché au moins une médaille à chaque épreuve de skeleton féminin olympique depuis ses débuts en 2002 et qu'elles ont aussi gagné les trois dernières médailles d'or.

Cela ne semble pas la gêner.

"Nous sommes déjà à mi-parcours du cycle olympique", déclare Laura Deas avec enthousiasme. "Je me souviens que dans le dernier cycle olympique, une fois les Jeux de Rio [2016] terminés, j'ai tout de suite pensé ‘ça va être à notre tour’. Je suis tellement impatiente". 

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