skip to content
Date
08 déc. 2006
Tags
Actu CIO

Puskás : vie et mort d’un grand footballeur


La ville qui l’a vu naître l’a aussi vu mourir. Budapest tout entière se rappelle du 2 avril 1927 et du 17 novembre 2006. Mais elle se souvient surtout des 79 années qui séparent ces deux dates. Une vie qui aura suffi à Ferenc Puskás à devenir un des plus talentueux footballeurs européens. Demain, samedi 9 décembre 2006, marquera le jour de ses obsèques. Juan Antonio Samaranch, président d’honneur du CIO, sera présent pour lui rendre hommage, comme il se doit de rendre hommage aux plus grands.
 
Helsinki 1952 : la marque d’un seul homme
Pour la première fois à Helsinki, la Hongrie devient championne olympique de football. Les «Magiques Magyars» dominent l’ensemble du tournoi, surtout grâce aux talents de Ferenc Puskás, véritable meneur de cette équipe hongroise. Tout commence avec le match contre la Roumanie, meilleure défense du moment. Cette partie s’avère très vite difficile, mais la Hongrie parvient tout de même à percer deux fois cette redoutable défense et remporte la victoire sur un score de 2-1. Les trois matches suivants sont eux littéralement expédiés : 3-0 contre l’Italie (championne olympique en 1936 à Berlin), 7-1 contre la Turquie et 6-0 contre la Suède (championne olympique en 1948 à Londres). La Hongrie est alors favorite pour le titre olympique qu’elle devra disputer en finale contre la Yougoslavie. La rencontre a lieu le 2 août 1952 au Stade olympique d’Helsinki. La première mi-temps se passe sans qu’aucun but ne soit marqué de part et d’autre. Les deux équipes rivalisent de maîtrise et ne cèdent à aucune pression. Cette finale est une parfaite démonstration du style centre-européen : plans d’attaque imaginatifs et techniques de passes rapprochées. Malgré cela, le début de la seconde mi-temps se déroule exactement comme la première. L’intérieur gauche hongrois, Ferenc Puskás, décide alors de faire avancer les choses. Il se lance seul au cœur de la défense yougoslave : il dribble tous ses adversaires et le ballon finit magistralement dans les filets. Score : 1-0. La victoire n’est pas encore acquise, mais la Hongrie est comme revitalisée par ce but et désormais aucune attaque yougoslave ne réussira à franchir ses lignes de défense. À deux minutes de la fin, Puskás marque un second but, comme pour affirmer la domination de l’équipe hongroise, et inscrit ainsi le score final : 2-0. Au total, aux Jeux Olympiques d’Helsinki, la Hongrie aura disputé cinq matches, marqué 20 buts et en aura encaissé seulement deux.
 
Un joueur pas si gauche que ça
Ferenc Puskás, dit Le major galopant, a eu un palmarès impressionnant autant au niveau national qu’international. Extraits : cinq fois champion de Hongrie et 357 buts marqués en 354 matches avec le Budapest Honvéd, cinq fois champion d’Espagne, trois fois champion d’Europe et 324 buts marqués en 372 matches avec le Real Madrid, dix fois meilleur buteur (compétitions diverses), 84 buts marqués en 85 sélections avec l’équipe de Hongrie et champion olympique en 1952 à Helsinki.
Mais Ferenc Puskás ne s’est pas seulement distingué par son palmarès. Petit, lourd, inefficace dans le jeu aérien et gaucher exclusif, rien ne le prédestinait à devenir un grand footballeur, mais ses dons de meneur et d’attaquant étaient certains. Il était le maître à jouer de l’équipe hongroise, à l’origine de chaque mouvement offensif. Sa puissance et sa précision de tir concluaient presque toujours les actions offensives : toute l’équipe était bâtie autour de lui.
 
Au Panthéon du football
Dans les dix dernières années de sa vie, Ferenc Puskás a reçu les honneurs du monde sportif, confirmant son statut de footballeur exceptionnel. En 1997, à 70 ans, il reçoit l’Ordre olympique des mains de Juan Antonio Samaranch, alors président du CIO. En 1999, L’Équipe, le quotidien sportif français, le désigne footballeur européen du siècle. En 2002, le grand stade de Budapest, qui a été l’hôte de ses exploits, est rebaptisé en son honneur.
 
Le 17 novembre, atteint de la maladie d’Alzheimer, il s’éteint à l’hôpital Kutvolgyi de Budapest des suites d’une pneumonie. Ses obsèques auront lieu demain, 9 décembre 2006, journée déclarée deuil national par le gouvernement hongrois.
Tags Actu CIO
back to top En