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Président du CIO : “Il faudra les efforts de tous pour faire de ces Jeux un symbole d’espoir.”

IOC/Greg Martin
Le président du CIO a souligné, lors d’une conférence téléphonique avec les médias mercredi, que face à un défi sans précédent, le report des Jeux Olympiques Tokyo 2020 nécessitera l’engagement de toutes les parties prenantes afin de donner aux athlètes l’assurance que leur rêve olympique peut encore se réaliser.

Quels sont les éléments clés qui ont fait que le CIO a changé de position, passant d’abord d’un engagement à ce que les Jeux débutent le 24 juillet à un report de ceux-ci, en particulier ces deux derniers jours ?

Ce qui nous a fait prendre cette décision, c’est l’évolution rapide de la propagation du coronavirus. Dès le début, nous avons fait savoir que nous suivions la situation jour après jour, 24 heures sur 24, et que nous nous adapterions à tout changement, et suivrions les conseils de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Au tout début de cette crise, nous avons porté notre attention sur les développements au Japon. Nous devions évaluer si le Japon était en mesure d'offrir un environnement sûr à chaque participant aux Jeux Olympiques. Cette attention s'est ensuite déplacée de plus en plus vers le reste du monde. D’une part, nous avons pu constater les progrès réalisés au Japon dans la lutte contre le virus et l'efficacité des mesures prises. D'autre part, le virus se propageait si rapidement qu'il s'agissait de plus en plus de savoir si le monde pouvait se rendre au Japon, et si le Japon pouvait vraiment se permettre d'inviter le monde tout en endiguant le virus.

Cette situation a évolué très rapidement. C'est pourquoi nous avons adapté les scénarios que nous avions envisagés avec le comité d'organisation : mesures d'atténuation, quarantaine et beaucoup d'autres questions. Nous sommes ensuite arrivés à la situation où, d'une part, nous étions assez confiants qu'en adaptant ces mesures de protection et d'atténuation, le Japon pouvait être en mesure, dans quatre mois, d'organiser les Jeux. Dans le même temps cependant, nous avions de plus en plus de doutes quant à la capacité du monde à être prêt pour ces Jeux Olympiques.

Nous devions faire face à cette situation. Le Japon était déterminé à aller de l'avant. Puis nous avons vu dimanche matin les chiffres en Afrique, où l’épidémie n’en est évidemment qu’à ses débuts, avec de nombreux pays touchés. C'est ainsi que tout a commencé partout. Nous avons vu l'évolution de la situation en Amérique du Sud, aux États-Unis et dans d'autres pays. Et c'est à ce moment-là que j'ai convoqué une réunion d'urgence de la commission exécutive du CIO, dans le but d'ouvrir une discussion avec nos hôtes, partenaires et amis japonais sur le report des Jeux.

Comme nous ne pouvions pas gérer un tel report sans le comité d'organisation et le soutien total du Japon, j'ai appelé le président du comité d'organisation, Mori Yoshiro, avant cette réunion de la commission exécutive. Il avait contacté le premier ministre, Abe Shinzo. Le résultat de cette conversation a été que le comité d'organisation et le Japon étaient prêts à discuter de différents scénarios, en particulier d'un report.

Le premier ministre japonais a entendu notre engagement selon lequel une annulation n’était pas un scénario à considérer. Nous avons ensuite eu la réunion de la commission exécutive dimanche après-midi, ce qui a permis d'envisager un report. Quelques heures après cette réunion, de nouvelles informations alarmantes nous parvenaient. Nous voyions de plus en plus de restrictions de voyage. Nous avons également appris que le virus commençait à se propager sur un certain nombre d'îles en Océanie.

Le lendemain matin, nous avons reçu une déclaration alarmante de l'OMS. Le directeur général de l'OMS a indiqué que la propagation s'accélérait, et il souhaitait qu'un appel d'urgence soit lancé aux dirigeants du G20 pour faire face à cette situation.

Cela nous a ensuite amenés à reprendre contact avec le comité d'organisation pour l'informer de notre souhait qu’une décision sur le report des Jeux soit prise durant l'appel téléphonique prévu le lendemain entre le premier ministre Abe et moi-même. Lors de cet appel, le premier ministre Abe, dans ses remarques liminaires, a suggéré que le CIO décide de reporter les Jeux.

Nous sommes arrivés à la conclusion que cette décision ne pouvait pas être unilatérale de la part du CIO. Il devait au contraire s'agir d'une décision commune car, pour organiser des Jeux réussis, nous devons être en total accord et nous devons être unis. C'est dans cet ordre que nous avons pris nos décisions. Cela suivait nos principes qui étaient, dès le début, de s’adapter à la situation en la surveillant. Nous avons également suivi les principes qui étaient de donner la priorité à la santé et à la sécurité des athlètes et de toutes les autres personnes concernées par les Jeux, et de contribuer à contenir le virus.

Quelle importance ces nouveaux Jeux revêtiront pour l’humanité ?

Une très grande importance peut-être, car nous espérons tous – et c'est ce à quoi nous travaillons – que ces Jeux de Tokyo 2020, organisés en 2021, pourront être une célébration de l'humanité après avoir surmonté le défi sans précédent du coronavirus. Ces Jeux olympiques et la flamme olympique peuvent ainsi être la lumière au bout de ce tunnel obscur dont nous ne connaissons pas la longueur et que l'humanité traverse actuellement.

Quand pensez-vous tenir les Jeux et quand pourrez-vous prendre une décision ? Quels sont les éléments à prendre en considération pour prendre cette décision ?

C'est une question très difficile et, suite à l'accord conclu hier avec le premier ministre Abe, nous avons demandé à notre commission de coordination, en collaboration avec le comité d'organisation, de l'étudier en détail. Un groupe de travail a été constitué avec un très bon nom je trouve, et un bon esprit. Ce groupe de travail s'intitule "Here We Go". Cela nécessite une consultation, tout d'abord, avec les 33 Fédérations Internationales. Nous aurons une conférence téléphonique, je pense, d'ici demain. Des contacts ont déjà été pris hier par téléphone. Dans un premier temps, nous devons voir quelles sont les options. Et après ces consultations, nous devons également tenir compte du calendrier sportif autour des Jeux Olympiques et de beaucoup, beaucoup d'autres questions. Je pense que nous devons trouver une solution le plus rapidement possible, mais la première priorité doit être la qualité de cette décision et la capacité à prendre en compte l'apport de toutes les parties prenantes : les Comités Nationaux Olympiques, les athlètes, les partenaires. Bien sûr, le comité d'organisation est également essentiel à cet égard.

Quand la voix des athlètes est-elle entrée en ligne de compte pour vous ? Hayley Wickenheiser et des membres du CIO se sont exprimés la semaine dernière. Les Comités Olympique et Paralympique Canadiens ont décidé de ne pas envoyer d'athlètes cet été si les Jeux n'étaient pas reportés. Qu'en pensez-vous ?

Nous avons tous pris en considération la voix des athlètes, qui a joué un rôle très important. Nous sommes en contact permanent avec notre commission des athlètes, dont la présidente est membre de la commission exécutive du CIO et prend part à toute consultation, toute décision, tout vote.

J'ai également adressé une lettre aux athlètes il y a deux semaines. Il y a eu des appels téléphoniques entre notre commission des athlètes et de nombreux représentants des athlètes du monde entier. Et enfin, lors de toutes ces consultations la semaine dernière, nous avons tenu des conférences téléphoniques avec tous les Comités Nationaux Olympiques (CNO) et toutes les Fédérations Internationales (FI). À la fin de ces conférences, tous les CNO et toutes les FI se sont prononcés individuellement sur la stratégie proposée par la commission exécutive du CIO. Lors de ce vote, nous avons obtenu un soutien unanime, y compris de la part du Comité Olympique Canadien.

Nous avons ensuite eu un appel téléphonique avec plus de 200 représentants des athlètes. Lors de cet appel, il n'y a pas eu une seule voix demandant l'annulation des Jeux. Les questions portaient sur les systèmes de qualification, les conditions d'entraînement, la santé mentale et d'autres questions. Nous avons pris en considération tout cela ainsi que les nombreuses voix d'athlètes du monde entier qui n’ont pas participé à cet appel. Certaines étaient critiques, d'autres très favorables. Mais c'est normal dans cette situation d'incertitude très difficile.

Lorsque que vous avez appris que le Canada avait décidé de ne pas participer aux Jeux Olympiques d'été, qu'avez-vous pensé de cette initiative ?

Chaque athlète a le droit de décider, pour autant qu'il ou elle soit qualifié(e), si il ou elle veut participer aux Jeux Olympiques. Je ne pense pas que l'on puisse prendre une telle décision par un vote à la majorité. Nous devons respecter les droits des athlètes et si un(e) athlète décide de ne pas aller aux Jeux, c'est son droit le plus absolu.

Reporter les Jeux va soulever de nombreuses difficultés. L'une d'elles est le village olympique. Le village est-il garanti ?

C'est l'une des milliers de questions auxquelles le groupe de travail devra répondre. Nous espérons et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu'il y ait un village olympique parce que le village est l'endroit où bat le cœur des Jeux. Nous sommes dans une situation sans précédent, avec un défi sans précédent à relever. Je pense que ces Jeux organisés à de nouvelles dates exigeront des sacrifices et des compromis de la part de toutes les parties prenantes. Nous devons trouver la meilleure solution compte tenu des circonstances actuelles. Je serais très, très heureux si nous pouvions avoir un village olympique "traditionnel" parce que tous ceux qui ont vécu une fois dans leur vie dans un village olympique savent que c'est cela la véritable expérience olympique. C'est une expérience à nulle autre pareille – vivre sous un même toit avec le reste du monde, partager ses repas, faire la fête ensemble, discuter, créer ces communautés olympiques uniques.

Quelles seront les priorités au moment de ces compromis et de ces décisions ?

C'est un immense puzzle à assembler et chaque pièce doit y trouver sa place. Si l'on retire une pièce, c'est tout le puzzle qui est compromis. C'est pourquoi tout doit s'emboîter et tout est important. Je dois dire que je n'envie pas du tout les membres de ce groupe de travail. J'ai été le témoin de leur professionnalisme et de l'abnégation du comité d'organisation, qui a fait de Tokyo la ville olympique la mieux préparée qui soit. Je connais le professionnalisme de notre commission de coordination et de notre département des Jeux Olympiques. Je suis convaincu qu'ils sauront relever ce défi avec brio. Les Jeux n'ont jamais été reportés jusqu'ici. Nous n'avons pas de modèle, mais nous sommes néanmoins persuadés que nous arriverons à assembler un magnifique puzzle et à organiser des Jeux Olympiques extraordinaires.

Vous avez insisté sur le fait que les Jeux allaient s'ouvrir le 24 juillet comme prévu. Avez-vous des regrets à ce propos ? Regrettez-vous d'avoir été si catégorique, étant donné les pressions énormes de la part des athlètes notamment ?

Non, parce que c'était et c'est l'engagement que nous avons pris vis-à-vis de nos partenaires japonais. J'ai essayé d'expliquer le changement d'orientation. Ce que nous avons exprimé, c'est notre confiance dans la capacité de nos partenaires et amis japonais à organiser en toute sécurité des Jeux Olympiques en juillet. C'était là notre objectif et ça l'est toujours. Ce qui a changé, c'est la situation sanitaire au niveau mondial. Nous aurions pu décider seuls d'une annulation. Mais pour un report, nous avions besoin de l'engagement sans réserve de nos partenaires japonais. Tel était l'objet de notre démarche et c'est ce à quoi nous sommes parvenus hier : faire en sorte que les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 aient lieu et ne soient pas annulés. Nous sommes en mesure de donner aux athlètes l'espoir et l'assurance que leur rêve olympique peut encore devenir réalité, même avec un peu de retard.

Comment le CIO, en tant qu'organisation, est-il touché par ce report ?

Nous avons un immense défi à relever désormais parce que nous devons porter toute notre attention sur l'organisation de Tokyo 2020. Dans le même temps, les Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022 et les Jeux Olympiques de la Jeunesse d'été de Dakar 2022 approchent. Nous allons voir ce que cela implique pour nous en interne et comment nous organiser d'une façon qui soit réaliste pour le personnel, lequel travaille déjà extrêmement dur. D'autant plus que nos conditions de travail actuelles – le télétravail – ne facilitent pas les choses. Au fur et à mesure que le groupe de travail progressera, nous aurons une image plus claire de la tâche importante qui nous attend. Je suis certain que nous devrons alors prendre de nouvelles mesures concernant notre organisation interne. Cela est également du ressort de notre directeur général et de son équipe.

S'agissant des candidatures pour 2032, quelles sont les prévisions en termes de dates et quelles sont les perspectives d'un accueil des Jeux par les deux Corées ?

La commission de futur hôte travaille sur les échéances pour 2032. Il est très encourageant pour nous d'avoir autant de parties intéressées durant la phase des consultations informelles. Nous avons également reçu des déclarations d'intérêt officielles, de la Corée certes, mais aussi de plusieurs autres pays. La commission de futur hôte continuera de plancher sur ce dossier. Mais vous ne devez pas oublier que l'objectif du CIO s'agissant des prochains Jeux Olympiques est l'édition d'hiver de 2030, sur laquelle travaille déjà la commission correspondante.

Avez-vous des regrets concernant le fait de ne pas avoir parlé de la possibilité d'un report plus tôt, compte tenu des inquiétudes soulevées par les athlètes auxquels on demandait de continuer à se préparer normalement en dépit de la conjoncture incertaine ?

Vous savez comment les choses se sont enchaînées. Il y a eu cette conférence téléphonique avec les athlètes. Avant cela, je leur avais adressé une lettre expliquant la situation dans laquelle nous nous trouvions, qui tenait compte de cette incertitude. Nous ne l'avons en aucun cas négligée ni ignorée. Nous avons également été en contact, et ce à plusieurs reprises, avec bon nombre de Comités Nationaux Olympiques ainsi qu'avec les athlètes et leurs représentants. Et vous pourrez constater dans la lettre que j'ai écrite il y a quelques semaines que j'abordais cette situation.

Vous avez dit que le CIO avait la possibilité d'annuler les Jeux unilatéralement. L'annulation a-t-elle jamais été envisagée ?

L'annulation a bien évidemment été envisagée et débattue, comme toutes les autres options sur la table. Mais il était clair dès le début que l'annulation ne serait pas l'option préconisée par le CIO car notre mission est d'organiser les Jeux Olympiques et de faire du rêve olympique des athlètes une réalité.

Qui a proposé le report en premier lieu ? Était-ce le CIO ou le premier ministre japonais, Abe Shinzo ?

Nous avons ouvert la voie à une discussion avec le comité d'organisation concernant un report dimanche matin, en prélude à la réunion de la commission exécutive. À l'issue de cette réunion et avant l'appel téléphonique avec le premier ministre japonais, Abe Shinzo, nous avions informé le comité d'organisation qu'étant donné l'évolution rapide et inquiétante de la situation, nous souhaiterions non seulement discuter d'un groupe de travail et de différents scénarios, mais aussi du fait que nous souhaiterions parvenir à un accord avec nos partenaires japonais pour un report des Jeux.

Ce message a été transmis au premier ministre, Abe Shinzo, par le comité d'organisation. Au cours de l'appel téléphonique, celui-ci a proposé que le CIO décide de reporter les Jeux. Notre conversation et notre discussion ont abouti à une décision commune et un accord entre toutes les parties, car pour que cela se réalise, il faut que toutes les parties s'engagent à aller de l'avant.

Même avant le week-end, des millions de personnes dans le monde vivaient d'une manière inédite, notamment aux États-Unis. Partout en Europe, la population était confinée chez elle. C'était bien avant le week-end. Comment se fait-il qu'il vous ait fallu jusqu'au dimanche ne serait-ce qu'envisager cette possibilité ? Vous aviez sûrement commencé à parler aux Japonais avant cela. Ont-ils eu besoin d'être convaincus que c'était un problème grave ?

Non, nous en avions discuté avec nos partenaires japonais et le comité d'organisation. Ils se sont montrés extrêmement coopératifs, comme dans tous les autres domaines, par exemple lorsqu'il a fallu déployer des mesures de prévention et d'atténuation. Et n'oubliez pas qu'il y a quelques semaines à peine, les mesures de nombreux gouvernements étaient limitées à la mi-avril, certaines jusqu'au début du mois de mai. Nous ne pouvions imaginer alors que ces mesures dureraient jusqu'en juillet. De plus, vous avez peut-être lu les dernières déclarations du président des États-Unis, Donald Trump, concernant la perspective d'une levée de toutes les restrictions pour la mi-avril. Nous étions donc en phase avec ces développements ainsi qu'avec les conseils de l'Organisation mondiale de la Santé. Cette dernière a ensuite modifié ses conseils par le biais d'une déclaration de son directeur général lundi. La veille, nous avions constaté la situation en Afrique. Dès le début, cela a été une grande source d'inquiétude pour moi en particulier, mais aussi pour nous tous, car si le virus se répandait en Afrique, sur cet immense continent, avec les défis auxquels de nombreux pays africains doivent faire face, ce serait une évolution très préoccupante. Cela ne touchera pas seulement l'Afrique, mais le monde entier. C'est la raison pour laquelle ce moment était si déterminant.

Vous venez de mentionner le président des États-Unis. Vous avez dépeint un scénario beaucoup plus sombre sur les Jeux Olympiques ce week-end, en vous basant sur les informations que vous avez obtenues de Tedros Adhanom Ghebreyesus à l'OMS. Quel serait votre message au président Donald Trump sur la situation actuelle d'après ce que vous avez entendu de l'OMS ? Vous avez dit que la situation est sur le point d'empirer.

Non, je n'ai pas parlé avec Tedros Adhanom Ghebreyesus des États-Unis ou d'un pays en particulier, et je n'ai fait aucun commentaire sur la situation dans un pays en particulier. Nous ne sommes par l'Organisation mondiale de la Santé et nous ne sommes pas en mesure de donner des conseils à l'un des dirigeants mondiaux sur la manière de relever ce défi dans son pays.

Plusieurs sponsors du CIO ont des accords qui expirent à la fin de l'année, comme General Electric et Proctor & Gamble. Leurs accords de parrainage seront-ils prolongés pour inclure les Jeux en 2021 ?

Nous avons contacté tous les sponsors. Ils appuient tous pleinement cette décision et nous allons maintenant travailler sur la manière de la mettre en œuvre. Ces Jeux restent les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Donc, pour moi, il est tout à fait légitime que les sponsors des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 conservent leurs droits, même si ces Jeux sont organisés en 2021.

Selon certaines critiques, la décision de reporter les Jeux a été prise trop tard. Avez-vous songé une seule fois à démissionner de votre poste de président du CIO ?

Non.

La Fédération de Russie a été interdite de participation aux Jeux Olympiques de 2020 après avoir été sanctionnée pour violations des règles antidopage. Si l'interdiction est levée en 2021, envisagerez-vous la participation du pays aux Jeux Olympiques ?

Cette affaire est entre les mains du Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Je ne ferai aucun commentaire sur une procédure en cours.

Vous parlez de sacrifices, s'agit-il de sacrifices financiers, du report d'autres compétitions, de sacrifices de la part des médias parce que nous devons attendre l'année prochaine ? Qu'entendez-vous exactement par "sacrifices" ?

C'est exactement ce dont vous parlez. Les Fédérations Internationales vont très certainement devoir adapter leurs calendriers. Il y aura des coûts supplémentaires pour toutes les personnes qui y sont associées. C'est pourquoi je suis très heureux que le premier ministre, Abe Shinzo, lors de notre conversation téléphonique hier, ait donné l'engagement du gouvernement japonais de faire tout ce qui est nécessaire de son côté. J'ai fait de même au nom du Comité International Olympique. Cet engagement vous inclut, vous les journalistes, il inclut les athlètes qui doivent s'adapter à un nouveau calendrier, qui devront peut-être s'adapter à des conditions de vie différentes pendant les Jeux, et je sais qu'il faudra les efforts de tous pour faire de cette édition des Jeux un symbole d'espoir, ce qu'elle peut et doit être.

S'agissant de la période choisie, est-il possible que les Jeux se tiennent avant l'été 2021, peut-être au printemps ?

L'accord prévoit que nous voulons organiser ces Jeux Olympiques au plus tard à l'été 2021. Cela signifie que le groupe de travail peut envisager la situation dans son ensemble et ne se limite pas aux seuls mois d'été. Toutes les options sont sur la table, soit avant ou pendant l'été 2021.

Et si, à cette même époque l'année prochaine, la pandémie était toujours en cours et que les experts de la santé estimaient qu'il ne serait pas responsable d'organiser les Jeux l'été prochain, y aurait-il une chance que nous obtenions alors un autre report, voire une annulation ?

Nous avons établi ce principe, que nous avons toujours suivi, et que nous suivrons également à l'avenir, selon lequel nous voulons et nous n'organiserons les Jeux Olympiques que s'ils garantissent un environnement sûr à tous les participants.

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