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2:01 Pour Heidi Biebl, la valeur n’attend pas le nombre des années
Date
26 févr. 1960
Tags
Squaw Valley 1960 , Actu CIO , Ski alpin , Allemagne

Pour Heidi Biebl, la valeur n’attend pas le nombre des années

A une époque où la Coupe du monde de ski alpin n’existe pas encore (la première édition aura lieu en 1967), Heidi Biebl, née dans le village bavarois d’Oberstaufen le 17 février 1941, est une des plus grandes skieuses de sa génération, et la meilleure allemande depuis Christl Cranz, reine des années 1930 et première championne olympique de son sport à Garmisch-Partenkichen en 1936. Biebl va ainsi signer 30 victoires sur le circuit international, jusqu’en 1966, dans toutes les disciplines et sur toutes les pistes et également être quinze fois sacrée championne nationale.

Hedi Biebl a fêté ses 19 ans depuis trois jours lorsqu’elle prend le départ de la descente olympique le 20 février 1960 en haut du mont KT-22 à 2447m d’altitude, pour un parcours long de 1828m d’une dénivelée de 553m, et qui comprend notamment la « courbe de l’avion » (Airplane Turn) un monticule de neige sur lequel les concurrentes décollent tout en négociant un tournant sur la droite et qui sera fatal à nombre d’entre-elles.

Au moment où elle s’élance, le meilleur temps est détenu par l’Américaine Penny Pitou, première à prendre le départ et dont le chrono de 1:38.6 parait difficile à améliorer. Heidi Biebl, 8e partante, la bat pourtant d’une seconde pleine à l’arrivée (1:37.6) ! L’Autrichienne Traudl Hecher termine ensuite non loin de Pitou (1:38.9) pour s’adjuger la médaille de bronze.

« C’était une magnifique journée de course, le ciel était bleu, le soleil brillait. Les conditions de neige sur la piste étaient idéales », raconte Heidi Biebl. « Je me suis rendue au départ en téléski avec mon amie concurrente suisse Anne-Marie Waser. Arrivée en haut, j’ai essayé de me tenir éloignée de l’agitation de la foule, pour être certaine de pouvoir rassembler toute la concentration dont j’avais besoin pour ma course. Je n’étais pas plus nerveuse que pour une autre compétition ».

« Mes pensées n’étaient pas tournées sur l’éventualité d’une victoire, juste sur le parcours, et à le descendre aussi légèrement que possible. A l’arrivée, certains initiés me considéraient déjà comme la gagnante, mais en ce jour, beaucoup de concurrentes auraient pu gagner compte tenu du très haut niveau général. Après ma course, j’avais le meilleur temps, mais j’ai dû attendre avec anxiété jusqu’à ce que la dernière skieuse ne boucle sa descente ».

IOC

« Je n’ai compris que graduellement que j’étais la championne. Mais le plus important pour moi, c’est que j’ai pu contacter ma mère en Bavière à travers une retransmission radiophonique. J’étais désormais au courant de ce que signifiait un jour spécial, quand tous les éléments se rassemblent au même moment ! ». A 19 ans et 3 jours, Heidi Biebl devient la plus jeune championne olympique de ski alpin pour de nombreuses années.

« Lorsque j’ai gagné la descente, les Jeux Olympiques étaient également les championnats du monde, je suis donc devenue médaillée d’or olympique et mondiale le même jour » dit-elle. « Au moment de ma victoire, je n’ai pas réalisé ce que signifiait remporter une telle compétition, mais je suis devenue progressivement consciente des avantages et des désavantages de ce succès. D’un côté, cela m’a offert la possibilité d’ouvrir une école de ski, un hôtel, et un centre sportif, mais d’un autre côté, la pression du public était particulièrement exigeante. Les gens attendaient que je gagne, et que je gagne encore. Ce n’est pas facile de rester sous le regard du public. Devenir championne olympique est quelque chose de très spécial, plus que tout en fait, puisque vous savez que vous avez écrit une petite partie de l’histoire ».

Heidi Biebl participe également au slalom (21e) et au géant (37e) à Squaw Valley, puis dispute les Jeux d’Innsbruck en 1964 où elle termine au pied du podium (4e) en descente et en slalom. En 1966, avant les championnats du monde FIS de Portillo (Chili), un différend avec sa fédération précipite la fin de sa carrière sportive. A Oberstaufen où une rue porte son nom, elle gère au XXIe siècle une école de ski, un centre sportif, et des maisons d’hôte pour les touristes de passage.

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