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PyeongChang 2018

Pour Anna Gasser, Jeux Olympiques et snowboard se complètent à merveille

Au cours des 12 mois qui se sont écoulés depuis sa première médaille d'or en big air en snowboard aux Jeux Olympiques, Anna Gasser a propulsé son sport vers des sommets encore plus élevés. Ici, la pionnière réfléchit pour nous sur son pari, à savoir tout risquer pour réaliser son "rêve d'enfant" qui était, selon elle, la meilleure décision qu'elle ait jamais prise.

 
 


Dévaler une rampe de big air de 49 m nécessite un courage incroyable. Mais choisir de profiter de votre dernière descente à la toute première compétition de big air des Jeux Olympiques pour exécuter une figure que ni vous ni votre entraîneur n'aviez prévu d'exécuter, vous amène à un tout autre niveau.

"Je ne savais pas quelle dernière figure je devais faire. Honnêtement, je n'ai pris ma décision qu'à la dernière seconde avant de passer", a déclaré l'Autrichienne Anna Gasser, qui s'amuse encore un an jour pour jour après avoir décroché l'or à PyeongChang 2018. "J'hésitais entre faire un backside (double cork) 1080 – ce que j'ai fait pour mon deuxième saut – et essayer de mieux le faire pour obtenir un meilleur score et me rapprocher de Jamie (Anderson, la snowboardeuse américaine qui menait après deux tours) ou faire une figure totalement différente qui était plus difficile mais qui serait suffisante (pour remporter l'or) si je la réussissais."

Avec les deux meilleurs résultats sur trois comptabilisés pour chaque athlète, Anna Gasser était à moins de trois points de sa rivale de longue date, Jamie Anderson, après le deuxième tour.

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"Dans les dernières secondes, j'ai décidé d'exécuter le saut le plus difficile", a-t-elle poursuivi. "Juste parce que je pense que je l'aurais regretté bien plus si j'avais réussi le deuxième saut et que je n'avais pas tenté le plus difficile."

Ce fut une excellente décision. Anna Gasser a soigné et bouclé son double cork 1080 (deux sauts et trois rotations) – l'une des figures les plus difficiles qui soient. Non pas qu'elle le savait à l'époque.

"J'étais tellement concentrée que lorsque j'ai atterri, je n'ai même pas compris ce que je venais juste de faire", confie-t-elle. "J'ai dû visionner la figure que je venais de réaliser sur un écran TV pour constater que j'avais bien fait les choses. J'étais tellement dans mon monde jusqu'à la dernière seconde où j'ai atterri, je n'ai pas entendu la foule, je n'ai pas entendu la musique, absolument rien à partir du moment où je suis partie."

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Un premier visionnage dans la zone d'arrivée a semble-t-il confirmé qu'elle avait, dans un état de profonde zenitude, fait suffisamment pour prétendre à la médaille d'or dont elle avait rêvé depuis qu'elle avait suivi les Jeux Olympiques de 1998 à Nagano avec ses parents. Mais alors que les minutes passaient, le doute a commencé à s'installer.

"Alors que les juges prenaient du temps, je me suis dit 'Oh non, peut-être que j'ai laissé traîner une main ou ouvert un peu trop tôt ?' Je voulais essayer et voir encore", dit-elle en riant. "Les trois minutes jusqu'à ce que soit officiel m'ont semblé dix longues minutes."

Avec Jamie Anderson qui a raté la réception de son double cork 1080 et la jeune prodige néo-zélandaise Zoi Sadowski-Synnott – âgée de 16 ans à peine à l'époque – ratant elle aussi de peu sa figure ambitieuse, l'or revenait de fait à Anna Gasser.

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Quatre ans après avoir été "submergée par l'ampleur" des Jeux de Sotchi 2014, l'Autrichienne était championne olympique. Cela a plus que compensé la déception de la finale du slopestyle, dix jours plus tôt. Dans une épreuve remportée par l'Américaine Jamie Anderson, Anna Gasser avait, comme beaucoup de rideurs, trouvé les forts vents de travers trop difficiles à gérer car elle n'avait pas réussi à finir l'une ou l'autre manche et avait terminé 15e.

Fait remarquable, la médaille d'or olympique n'était que l'une des deux ambitions de carrière que la jeune femme de 27 ans a concrétisées en 2018. Neuf mois après PyeongChang, une Anna Gasser détendue et confiante a descendu la rampe du glacier de Stubai en Autriche et est devenue la première femme à exécuter un triple cork.

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"Je pense que ça (la médaille d'or olympique) m'a clairement beaucoup aidée", a confié Anna Gasser. "C'était l'un de mes grands objectifs de tenter un triple cork. C'était une étape logique puisque j'avais fait des doubles et des 10 depuis deux ans et je voulais le faire avant tout pour moi plus que pour aucune autre raison."

Cette figure brillamment exécutée a instantanément résonné dans la communauté du snowboard et même au-delà, créant un impact auquel Anna Gasser "ne s'attendait pas". Aussi incroyable que cela puisse paraître, elle avait même failli le tenter aux Jeux de PyeongChang 2018.

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"Je pensais déjà à cette figure aux Jeux Olympiques", a révélé Anna Gasser. "Je me disais que si Jamie (Anderson) réussissait le 10, tout ce que je devrais faire c'était le triple si je voulais l'emporter. Mon plan C consistait à l'exécuter aux Jeux Olympiques – je ne sais pas si j'aurais réussi à me réceptionner. Je n'ai parlé à personne de cette idée, c'était juste dans ma tête."

Désormais championne olympique et détentrice d'un record, on peut excuser Anna Gasser d'avoir pensé un moment à déchausser et à remiser sa planche, mais les Jeux Olympiques de Beijing 2022 semblent déjà l'avoir rattrapée. Pour Anna Gasser, snowboard et Jeux Olympiques sont tout simplement indissociables.

"Dans le sport acrobatique, les valeurs olympiques sont nos valeurs. Je m'entraîne avec des personnes venues du monde entier et c'est vraiment sympa de voir combien cela compte pour tout un chacun de faire partie de l'expérience dans son ensemble et de concourir avec ses amis", déclare-t-elle.

Et d'ajouter : "Quand l'un d'entre nous fait quelque chose de cool, les autres veulent le suivre, et cela permet au sport dans son ensemble de progresser. J'aime la compétition lorsqu'elle est saine et j'aime le fait que les autres soient heureux lorsque l'un d'entre nous fait quelque chose de chouette."

 
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