skip to content

Place à la tactique au relais mixte d’athlétisme !

Getty Images
Petite révolution en athlétisme avec l’arrivée au programme des Jeux de Tokyo 2020 d’une nouvelle épreuve : le relais mixte sur 4 x 400 m. Les Championnats du monde de Doha 2019 ont inauguré avec succès cette nouvelle épreuve qui fait la part belle à la tactique…

Lors des Mondiaux d’athlétisme de Doha, deux records du monde ont été enregistrés en deux jours dans la même épreuve. Et pour cause ! Il s’agissait de la toute première fois que le 4 x 400 m mixte figurait au programme, avec deux hommes et deux femmes par équipes. Sur une distance où les Américains ont toujours été très performants, il était fort logique que la Team USA ait dominé les débats.

Les États-Unis en force !

Après une première expérience aux World Relays organisés à Nassau en 2017 et quelques autres tentatives dans des Championnats continentaux ou lors des meetings « Nitro Athletics », le relais mixte a fait officiellement son apparition au premier plan lors des Mondiaux IAAF de Doha les 28 et 29 septembre 2019. Le principe est simple : deux équipes de quatre coureurs avec deux femmes et deux hommes s’affrontent dans l’ordre qu’ils décident sur 4 x 400 m. Les États-Unis ont donc ouvert le bal en établissant le tout premier record du monde officiel lors des séries en 3 min. 12 sec. 42 avec Tyrell Richard, Jennifer Beard, Jasmine Blocker et Ogi Igbokwe.


Lors de la finale, programmée dès le lendemain des séries, les États-Unis alignaient une équipe totalement différente avec Wil London, Allyson Felix, Courtney Okolo et Michael Cherry, quatre coureurs frais, venus à Doha pour ne disputer que les relais. Les Américains bénéficient d’un vivier de talents hors du commun, leur permettant de préserver leurs meilleurs éléments pour les finales. À l’inverse, les Bahamas avaient fait le choix de ne pas aligner leurs meilleurs coureurs (Shaunae Miller-Uibo et Steven Gardiner) concentrés sur le 400 m individuel. Cette décision de préserver tel ou tel athlète en série ou en finale, prendra évidemment un aspect stratégique sur une distance (le 400 mètres) ou la récupération et l’enchaînement des courses ont une grande incidence sur la performance.

mixed relay Getty Images

Stratégie et engouement

L’autre aspect stratégique de cette nouvelle épreuve est bien sûr la décision de choisir l’ordre des relayeurs sachant qu’en moyenne les hommes sont environ six secondes plus rapides sur la distance (44-45 secondes contre 50-51 pour les femmes). Tout est possible : soit débuter avec deux hommes suivis de deux femmes, soit l’inverse, soit homme-femme en alternance. La plupart des équipes ont choisi d’aligner un homme au départ, puis deux femmes et un homme à la conclusion. À Nassau en 2017, lors des World Relays, les Bahamas avaient battu les États-Unis grâce à Michael Mathieu qui était revenu sur l’Américaine Claudia Francis dans la dernière ligne droite alors que celle-ci s’était emparée du bâton avec trois secondes d’avance.

À Doha, la Pologne a décidé d’aligner ses deux coureurs masculins d’entrée, créant un écart conséquent de près de 50 mètres sur les poursuivants. Iga Baumgart-Witan réussissait à maintenir l’avance de son équipe lors du troisième relais (face à des femmes) avant que Justyna Swiety-Ersetic ne tente de résister, encouragée par la foule.

Rafał OMELKO Getty Images

Mais l'Américain Michael Cherry allait fondre sur elle plus vite qu’un glaçon dans le désert qatarien avant qu'elle ne se fasse ensuite doubler par trois autres coureurs (masculins) dans la dernière ligne droite, se contentant de la 5e place. En 3’09’’34, les États-Unis amélioraient le record du monde de la veille de plus de trois secondes.

Allyson Felix Getty Images

Cet aspect tactique est tout l’intérêt de cette nouvelle épreuve sachant que les entraîneurs peuvent cacher l’ordre des athlètes jusqu’au dernier moment.

Allyson Felix mieux qu'Usain Bolt

Cette victoire était aussi un moment particulier pour Allyson Felix, 33 ans, qui a ainsi battu le record de onze titres mondiaux qu’elle détenait avec Usain Bolt en remportant une douzième médaille d’or mondiale puis ensuite une treizième avec le 4 x 400 m classique où elle a couru en série (soit 3 titres sur 200 m, 1 sur 400 m, 3 sur 4 x 100 m, 5 sur 4 x 400 m et 1 sur 4 x 400 mixte). Loin de chasser les records, la star américaine a surtout exprimé sa satisfaction de retrouver la piste après la naissance très difficile de son premier enfant en novembre 2018.


Née très prématurément, sa petite fille Camryn avait dû passer ses 29 premiers jours en soins intensifs à l’hôpital. "J’entends encore les bips et les alarmes des machines", a-t-elle raconté. L’an prochain, elle essaiera de se qualifier pour ses cinquièmes Jeux Olympiques et de gagner une dixième médaille qui ferait d’elle l’athlète américaine la plus âgée à y parvenir. "Après tout ce que j’ai traversé en un an, a-t-elle souligné, l’année prochaine devrait être beaucoup plus facile.

L'athlétisme comme le biathlon, le triathlon et la natation

Le relais mixte a démontré à Doha, la saveur particulière de ces confrontations réunissant les hommes et les femmes dans une même épreuve. Et après le relais mixte en biathlon lors des Jeux de Sochi 2014 et PyeongChang 2018 (où l'ordre de départ est fixe : deux femmes puis deux hommes), il y aura beaucoup d’intérêt à suivre les nouvelles épreuves prévues à Tokyo en natation avec le relais mixte sur 4 x 100 m nage libre (ordre des départs libre) mais aussi en triathlon (300 m de natation, 7,5 km à vélo et 2 km de course à pied, formule fixe avec une femme - un homme - une femme - un homme) et donc en athlétisme avec ce 4 x 400 m où l’équipe américaine sera forcément très attendue.

back to top En