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Getty Images
Date
02 nov. 2017
Tags
Londres 2012 , Badminton , Actualités Olympiques

Petr Koukal : « Quand je repense à Londres où j’ai porté le drapeau, j’en ai encore la chair de poule »

Le joueur de badminton tchèque Petr Koukal a participé à trois éditions des Jeux Olympiques en 2008, 2012 et 2016. À Londres 2012, après être sorti vainqueur d’un combat contre le cancer, il a été choisi pour porter le drapeau de son pays lors de la cérémonie d’ouverture

J’ai participé à mes premiers Jeux Olympiques à Beijing 2008, où j’ai défilé dans le stade du Nid d’oiseau lors de la cérémonie d’ouverture. Quelle expérience extraordinaire ! J’étais très jeune et jamais je n’aurais imaginé que tout serait aussi grandiose. Ce fut un moment très excitant. Être aux Jeux et y participer dans un sport aussi important en Chine, c’était tout simplement exceptionnel. Je me rappelle avoir pensé que rien ne pouvait surpasser cette sensation.

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À Londres 2012, pour mes deuxièmes Jeux Olympiques, j’ai été choisi pour être le porte-drapeau tchèque lors de la cérémonie d’ouverture. Aujourd’hui encore quand je me revois porter le drapeau à Londres, j’en ai toujours la chair de poule. C’était comme un rêve qui se réalisait, c’était incroyable. Et en même temps, tout en me disant que c’était extraordinaire d’avoir été choisi comme porte-drapeau, une partie de moi espérait que j’avais été choisi davantage sur la base de mes résultats sur les courts de badminton.

J’ai été choisi comme porte-drapeau, car peu avant les Jeux Olympiques, j’ai guéri d’un cancer des testicules. On m’a diagnostiqué ce cancer en septembre 2010 et j’ai donc dû vraiment batailler pour me qualifier pour les Jeux Olympiques de 2012. J’ai guéri après plusieurs séances lourdes de chimiothérapie et j’ai repris le sport, et c’est pourquoi le Comité Olympique tchèque m’a offert l’honneur de porter le drapeau. Sa démarche visait à sensibiliser davantage les gens sur les questions de santé et également à encourager d’autres personnes à croire en leurs rêves. C’était un moment extraordinaire, qui a fait le bonheur de ma famille et de beaucoup de mes amis. C’était fantastique.

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Ce qui est très bizarre par rapport à ma nomination comme porte-drapeau, c’est qu’un film a été tourné dans mon pays sur mes efforts pour me qualifier pour Londres 2012. Six mois avant les Jeux, je ne savais pas si j’allais faire partie de l’équipe ou non. Je me souviens que quelqu’un m’a dit : « Tu vas être sélectionné et tu vas même porter le drapeau lors de la cérémonie d’ouverture. » Aussi, lorsque six mois plus tard j’ai reçu un coup de fil me disant que j’avais été choisi pour porter le drapeau, j’ai cru à une blague, car on en avait parlé quelques mois plus tôt et je n’aurais jamais imaginé que ça puisse se réaliser. Mais quand j’ai compris que c’était vrai, j’ai ressenti quelque chose d’extraordinaire.

Le Comité National Olympique voulait vérifier que j’étais content de porter le drapeau, car je devais entrer en lice le premier jour des Jeux. Mais je ne pouvais pas refuser et j’ai fait le bon choix, je ne le regretterai jamais.

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Le soir de la cérémonie d’ouverture, je me souviens que tout cela m’avait bouleversé. C’était une belle soirée, accompagnée de tant d’émotions, c’était assez extraordinaire. Je me suis dit que ce n’était pas le moment de laisser tomber le drapeau. J’étais assez nerveux, car je savais que le monde entier allait regarder la cérémonie et que si je lâchais le drapeau, toute la planète allait le voir.

J’ai ressenti une foule d’émotions durant la cérémonie d’ouverture, car j’en avais bavé pour arriver jusque-là. Le lendemain, ce n’est pas de la fatigue physique que j’ai éprouvée, mais émotionnelle : je me suis senti à la fois comblé et vide. C’était une sensation unique.

37 personnes sont venues me dire que le fait d’avoir raconté mon histoire leur avait sauvé la vie. Que s’ils ne l’avaient pas entendue, ils n’auraient jamais consulté, mais qu’en m’entendant les encourager à se rendre chez leur médecin Petr Koukal

Lorsque j’ai guéri de mon cancer et que je suis retourné vers le sport de haut niveau, on en a beaucoup parlé en République tchèque. Mais quand j’ai été choisi pour porter le drapeau, c’était carrément de la folie. Cette célébrité était une grande nouveauté pour moi, et en même temps c’était très grisant. J’ai reçu un fantastique soutien de la part de la communauté internationale du badminton. Durant ma convalescence, j’ai reçu énormément de messages me souhaitant bonne chance et lorsqu’on a annoncé que je serai le porte-drapeau, la communauté du badminton était très contente pour moi. C’était extraordinaire et cela m’a rendu vraiment heureux.

L’une des meilleures choses qui se soient produites, c’est que grâce à ma position de porte-drapeau, mon histoire a fait le tour du monde. Ainsi, dans la foulée de Londres 2012, j’ai reçu quantité de lettres et d’e-mails me remerciant d’avoir parlé du cancer des testicules et de la santé des hommes en général, et d’avoir accru la sensibilisation à ce sujet. On ne parle pas souvent du cancer des testicules et d’autres affections, et beaucoup d’hommes consultent trop tard car cela les gêne d’en parler. Mais beaucoup de personnes m’ont dit que, comme j’en avais parlé et que j’avais popularisé les discussions sur ce cancer, ils sont allés chez leur médecin et on leur a également diagnostiqué la maladie. Beaucoup de personnes m’ont écrit pour me dire qu’ils avaient été opérés et qu’ils étaient en voie de guérison, car leur maladie avait été diagnostiquée suffisamment tôt pour pouvoir être soignée.

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37 personnes sont venues me dire que le fait d’avoir raconté mon histoire leur avait sauvé la vie. Que s’ils ne l’avaient pas entendue, ils n’auraient jamais consulté, mais qu’en m’entendant les encourager à se rendre chez leur médecin, on leur a diagnostiqué un cancer qui a été pris en charge à temps et qu’ils étaient maintenant en voie de guérison. C’est assez stupéfiant de penser que j’ai contribué à sauver des vies, et en grande partie parce que j’ai été porte-drapeau aux Jeux Olympiques.
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