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Petite judoka, grande détermination

Juji gatame, seoi nage, ude garami, sangaku jime désignent des techniques de judo inconnues de beaucoup. Pas de Ryoko Tamura qui les a fait siennes dès son plus jeune âge et a rapidement atteint le sommet du judo féminin. Sa première participation aux Jeux lui vaut l'argent. Quatre ans après, elle décroche à nouveau l'argent, mais ce résultat, déjà plus qu'honorable, ne la satisfait pas. Tamura ne se laisse pas abattre et remporte le titre olympique aux Jeux suivants. Elle réitère même l’exploit quatre ans plus tard à Athènes en 2004. Célébrons les 32 ans de cette opiniâtre judoka en la rejoignant sur le tatami olympique.

Quand l'or n'est pas au rendez-vous

Aux Jeux Olympiques de 1992 à Barcelone, alors qu'elle n'a que 16 ans, Tamura repart avec la médaille d'argent des super-légers (moins de 48 kg). Elle poursuit son ascension en remportant deux championnats du monde d'affilée (1993 et 1995) et se voit propulsée grandissime favorite aux Jeux de 1996 à Atlanta. Porte-drapeau de la délégation japonaise lors de la cérémonie d'ouverture de ces Jeux du centenaire, preuve de sa popularité, elle a avec elle le soutien de tout un peuple. Contre toute attente, elle s'incline en finale face à sa benjamine nord-coréenne de 16 ans, Sun Hui Kye, dont c'est le premier tournoi international.

La star japonaise est déstabilisée par cette défaite surprise qui met un terme à une suite ininterrompue de 84 victoires : « Je ne cessais de me poser des questions. Suis-je  encore capable d’endurer les âpres séances d’entraînement ? Puis-je remporter l’or à Sydney ? Puis j’ai commencé à me dire qu’il était facile de me retirer de la compétition, mais que je le regretterais pour le restant de ma vie. » Un état d'esprit qui aurait plu au fondateur du judo, Jigoro Kano, premier Japonais membre du Comité International Olympique, pour qui le judo était plus qu'une collection de techniques : un moyen de développer harmonieusement qualités physiques, mentales et morales.

Ippon libérateur

En 2000, aux Jeux de Sydney, du haut de son 1 mètre 46, la plus petite athlète du tournoi porte sur ses épaules une immense pression : Tamura a le choix entre gagner et gagner. "J’aimerais faire de cette année 2000 la plus marquante de ma vie." En finale, portée par une salle rouge et blanc, elle réalise un parfait uchimata (fauchage par l'intérieur de la cuisse) et gagne par ippon (point décisif gagnant). Il lui aura fallu moins de 40 secondes pour décrocher l'or tant attendu. Banzaï ! Hourra !

Aux Jeux de 2004 à Athènes, bien qu'à peine remise d'une blessure à la cheville, Tamura ne cède pas son titre : « j’étais bien décidée à gagner en dépit de la douleur. »

Femme de poids

Nul besoin d'être grand, fort et impressionnant pour avoir le profil d'un champion. La menue judoka japonaise en est la preuve. Non seulement avec elle les femmes font leur entrée aux Jeux Olympiques en judo à Barcelone en 1992, mais elles bénéficient en plus d'un modèle de volonté, de courage et de maîtrise de soi. Otanjyoubi omedetou ! Joyeux anniversaire Ryoko !

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