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Tokyo 2020

Peter Kauzer, un kayakiste extraordinaire

Peter Kauzer règne sur les compétitions de kayak depuis plus d'une décennie. Amoureux de son sport, le médaillé d'argent de Rio 2016 en K1 nous donne un aperçu de l'art zen du kayak, de son désir de partager une voiture avec les pilotes de rallye les plus rapides du monde et de son rituel improbable lors des grands événements. 


Qu'est-ce la pratique du kayak signifie pour vous ?

Pour moi, pagayer en eaux vives, c'est comme exécuter un ballet. Tout doit être fluide et réactif. Si j'ai ce sentiment encore aujourd'hui et que j'arrive à la ligne d'arrivée sans avoir gagné, je suis quand même heureux. Cela me rend heureux et c'est la raison pour laquelle je continue à pagayer. Je suis à la recherche de cette course parfaite, qui n'arrivera jamais, mais j'essaie de m'en approcher le plus possible.

Vous avez terminé 13e aux Jeux Olympiques de Beijing 2008, 6e à Londres en 2012 et avez remporté l'argent à Rio en 2016 – logiquement, ce doit être l'or à Tokyo en 2020 ?

Eh bien, ça y ressemble... Quand je repense à mes précédentes participations aux Jeux Olympiques, je savais que j'étais capable de gagner à Beijing, j'étais premier dans les qualifications et ensuite en demi-finale, j'ai joué de malchance. À Londres, c'était une autre histoire. J'étais l'un des favoris, l'actuel champion du monde, donc mon objectif était simple : remporter le seul titre qui manquait à ma carrière. Cela m'a mis un peu plus de pression et j'ai raté ma dernière manche.

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Avant Rio, je ne faisais pas partie des favoris, mais je savais que j'étais capable de gagner. Mais c'est une course tous les quatre ans, nous n'avons qu'une seule chance et toutes les pièces du puzzle doivent s'assembler, alors j'ai accepté mon échec aux Jeux Olympiques précédents et je me suis dit : "OK, la vie va continuer, le monde ne va pas s'arrêter de tourner, j'ai une fille et une femme magnifiques". J'y suis allé pour montrer ce que je pouvais faire et ça a payé.

Regardez les meilleurs moments de la finale à Rio 2016

Vous avez donc appris à être pragmatique ?

J'ai appris que quoi que vous fassiez le jour dit, c'est le maximum que vous pouvez faire ce jour-là. Si vous n'avez pas gagné, vous n'étiez pas capable de gagner. C'est facile à dire mais plus difficile à faire.

Quels avantages y-a-t-il à être l'un des kayakistes les plus expérimentés au monde ?

J'ai appris à déchiffrer l'eau quand j'étais très jeune. Je suis un peu de la vieille école de ce sport. Je pagaie partout en Slovénie, nous avons des millions d'options et si vous gardez cette expérience en tête, vous savez comment déchiffrer l'eau.

Il y a quelques années, je parlais avec le champion olympique de Londres (2012), Daniele Molmenti, d'Italie, et il m'expliquait que lorsqu'il pagaie, il ne regarde pas l'eau, il va juste aussi fort que possible dans la vague mais il m'avait observé et je regardais toujours autour, mes yeux allant de gauche à droite, de gauche à droite. Je suis toujours à la recherche de la meilleure trajectoire.

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Est-ce que vous continuez à descendre les rivières de Slovénie pour le plaisir ?

C'est ce que je fais oui. Je ne fais pas de kayak extrême - je garde ça pour plus tard - mais j'adore aller pagayer sur la rivière Soca. Ma femme vient de cette région de la Slovénie alors nous y allons, je prends mon kayak et je pagaie librement sur la rivière, sans portes. Je ne fais qu'observer la nature et je ne fais qu'un avec l'eau. C'est un moment zen pour moi.

Votre père a été votre entraîneur depuis le tout début, comment décrivez-vous votre relation ?

Je pense qu'il sera mon entraîneur jusqu'à la fin de ma carrière. Nous avons une relation spéciale. Nous avons vécu beaucoup de choses ensemble. Après tant d'années, il est un soutien pour moi sur la rive. Si j'ai des problèmes, je sais qu'il sera là. Il sait tout ce que je fais. Mais si je n'ai pas besoin de lui, il n'intervient pas. Il me laisse tranquille. Je sais que si j'ai besoin de lui, il sera là et saura quoi me dire.

Avez-vous des rituels particuliers une fois sur la ligne de départ ou avant de prendre le départ ?

Le seul rituel que j'ai, c'est de porter les mêmes sous-vêtements que je portais lorsque j'ai gagné ma première médaille lors d'un événement majeur, en 2005. Ils ont 13 ans, mais je ne les porte que pour les courses importantes, les grandes finales, deux ou trois fois par an. Pour toutes les autres courses, j'en porte d'autres, des neufs.

Vous avez voyagé partout dans le monde, quel est l'endroit le plus étrange où vous ayez fait du kayak ?

L'endroit le plus insolite était lorsque nous avons tourné une vidéo promotionnelle avant les Championnats d'Europe à Bratislava en 2010. J'ai pagayé dans une fontaine de la ville. Mon père en a eu l'idée et on l'a fait. Les badauds passaient devant et se demandaient ce que nous pouvions bien fabriquer là. Apparemment, je suis le seul à avoir eu à pagayer dans cette fontaine.

Vous faites aussi du surf et du snowboard, est-ce la montée d'adrénaline que vous recherchez ?

J'aime juste les sports de plein air. Je déteste être à l'intérieur. Même aujourd'hui, après tant d'années, je déteste encore faire des séances de gym. Je veux juste être dehors. J'ai essayé presque tous les sports praticables en Slovénie. En kayak, vous êtes toujours en contact avec la nature. Même avec des parcours artificiels, vous êtes là dehors, qu'il fasse beau ou mauvais temps.

D'autres sports vous intéressent-ils encore ?

Mon objectif à long terme est d'être dans une voiture avec l'un des meilleurs pilotes de rallye au monde et de voir à quelle vitesse ces pilotes prennent les virages.

J'ai eu la chance de voler avec un pilote slovène qui fait des courses aériennes. Ce fut l'une des meilleures expériences de ma vie. Nous avons été soumis à une force de 8G ou presque. C'était assez éprouvant pour le corps et la tête, mais c'était aussi très amusant. J'ai beaucoup souffert à la fin, mais ça en valait vraiment la peine.

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