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Date
22 nov. 2018
Tags
Actualités Olympiques, Londres 2012, Natation
Londres 2012

Parole d’entraîneur : « Grâce au sport, la fillette empruntée que j’étais a pu enfin se sentir bien dans sa peau… »

En 2012, Teri McKeever est devenue la première femme à occuper le poste d’entraîneur en chef de l’équipe olympique féminine de natation des États-Unis ; elle a également prononcé l’une des phrases les plus percutantes dans les annales des Jeux. Au cours des 27 dernières années, Teri McKeever a connu un succès incessant, contribuant à propulser 26 athlètes sur 36 podiums olympiques ; mais pour cette femme de 56 ans, une seule chose a vraiment importé : le développement personnel de ses athlètes.

« Je pense que grâce au sport, la fillette empruntée que j’étais a pu enfin se sentir bien dans sa peau. Je pense que c’est une réalité pour beaucoup de femmes. Le sport vous permet de passer une partie de votre vie à travailler sur quelque chose. Et lorsqu’on se regarde dans un miroir, on aime la personne que l’on voit. »

Ainsi a parlé coach McKeever aux Jeux Olympiques de Londres 2012. C’est une maxime percutante qui a servi de socle à son extraordinaire carrière.

« Je me souviens très bien de la petite fille empruntée que j’étais », a confié Teri McKeever à olympic.org. « C’est encore le cas parfois, même aujourd’hui. J’étais très tranquille et timide (à l’école) et je ne voulais pas qu’on s’intéresse à moi. Je ne me sentais pas assez à l’aise. »« La natation m’a permis de me sentir mieux dans ma peau et j’ai pu montrer une partie de cette métamorphose à l’école. »

Ces dispositions, Teri McKeever a tenté, à divers degrés, de les reproduire pour les centaines de jeunes nageuses et nageurs dont elle s’est occupée. Qu’il s’agisse d’aider la quintuple championne olympique Dana Vollmer ou de recruter de nouveaux éléments dans son emploi au quotidien d’entraîneur en chef de l’équipe féminine de l’Université de Californie, Teri McKeever conserve une philosophie qui s’accorde aux idéaux olympiques les plus authentiques.

« Il s’agit de les écouter, de faire des choses à l’extérieur de la piscine, d’utiliser le sport pour les préparer, justifie Teri McKeever. J’aime bien attirer leur attention sur le fait que si on nage pendant 10 ans en gagnant des médailles, ce qu’on va en retirer va rendre les 50 à 60 prochaines années de son existence meilleures et plus satisfaisantes. »

Qu’il s’agisse de travailler dans sa piscine universitaire ou d’arpenter les couloirs du village olympique de Londres 2012, Teri McKeever s’est concentrée sans relâche sur le développement de l’intelligence émotionnelle de ses protégés. C’est quelque chose qui, selon elle, est devenu de plus en plus pertinent, en particulier pour les femmes, à mesure que la société continue d’évoluer.

« Il devient de plus en plus difficile d’entraîner. Les gens prennent les critiques de façon personnelle plutôt que comme de l’information, dit-elle. Ils ne peuvent pas accepter les choses dérangeantes et les utiliser comme un tremplin pour s’améliorer. »

« Ils n’ont de cesse de se comparer aux autres. Aujourd’hui, la tendance est beaucoup plus à dépenser sa précieuse énergie émotionnelle dans cette optique plutôt qu’à suivre sa propre voie et à montrer son meilleur visage. »

Teri McKeever n’en finit pas de revenir sur ce thème de la connaissance et de l’estime de soi. Sa plus grande fierté, bien qu’exprimée modestement, c’est que cette philosophie si chère ait brillé, même sur la plus grande scène qui soit.

« Ça devait être à l’occasion du 4 x 200 m nage libre (aux Jeux de Londres 2012) et de la conférence de presse qui a suivi. J’étais assise derrière et les filles discutaient de leur expérience agréable et de leur confiance en elles. Un sentiment m’a alors submergée, en pensant que j’avais contribué à créer cela, se rappelle-t-elle. »

« Je suis loin d’y être arrivée toute seule, mais j’ai contribué à créer cet environnement dans lequel elles ont été performantes tout simplement parce qu’elles s’amusaient et se sentaient responsables. Quoi qu’il en soit, cela fait ressortir ce qu’il y a de meilleur en nous. »

« Quand tu te brosses les dents le matin, que tu te vois dans le miroir et que tu te dis : "Je t’aime bien, sacré nom d’un chien, et je suis fière de toi", c’est là que les bonnes choses arrivent. »

Cela a certainement fonctionné pour l’équipe féminine américaine de natation à Londres 2012. Teri McKeever a chapeauté une moisson de huit médailles d’or, quatre d’argent et trois de bronze. Cela a eu également de remarquables répercussions au niveau universitaire aux États-Unis. Sous la direction de Teri McKeever, l’Université de Californie a en effet remporté quatre titres du prestigieux championnat de la NCAA et a très rarement terminé hors du podium de fin de la saison.

La Californienne a peut-être aidé les jeunes femmes à tirer le meilleur d’elles-mêmes depuis près de trois décennies déjà, mais elle ne montre aucune volonté de ralentir la cadence. Outre son job au quotidien, Teri McKeever a été l’un des entraîneurs adjoints de l’équipe des États-Unis lors des Championnats pacifiques du mois d’août, qui se sont déroulés à Tokyo. Et elle a bien l’intention d’y retourner en 2020.

« Selon moi, il s’agit du meilleur poste d’enseignant au monde. Au lieu d’avoir 25 élèves à chaque heure, j’amène 25 personnes à travailler de quatre à dix ans à un moment de leur vie où elles sont très influençables », dit Teri McKeever. Et d’ajouter : « Je crois aujourd’hui, plus que jamais, qu’aux États-Unis, les gens qui font du sport acquièrent un ensemble de compétences qui ne sont tout simplement pas enseignées à l’école. »

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