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Date
28 juil. 1980
Tags
Moscou 1980

Ovett assomme Coe au bout du 800 m

Aucune confrontation aux Jeux de Moscou en 1980 n’exalta la presse mondiale comme le duel qui opposa les vedettes britanniques du demi-fond Steve Ovett et Sebastian Coe.


Après avoir pulvérisé les records du monde et s’être soigneusement évités aux grands rendez-vous d’athlétisme mondiaux, les choses devaient bouger lorsque les deux champions s’affrontèrent aux 800 m et 1500 m.

Tous deux avaient établi de nouveaux records apparemment à leur guise. Sebastian avait effacé les trois records du monde en l’espace de 41 jours en 1979. Steve, quant à lui, avait ravi le record mondial du mile à son grand rival en 1980 avant d’égaliser le temps de Sebastian au 500 m dans sa dernière course précédant les Jeux de Moscou.

La presse, et en particulier les tabloïdes britanniques, ne se lassaient pas de parler de cette rivalité, de ces personnalités contrastées et de leurs rencontres épisodiques laissant peu à peu monter la pression au fur et à mesure que les épreuves éliminatoires du 800 m se rapprochaient.

Le tirage au sort contribua à maintenir la pression en les séparant dans les épreuves éliminatoires et les demi-finales jusqu’à ce que tout se mette en place pour la finale.

Sebastian était un coureur d’une grâce hors pair. Flottant en quelque sorte sur la piste, il sut mettre des accélérations soudaines pour gagner les finales des 200 m et 400 m.

Steve était un tacticien né qui savait habilement jouer des coudes et amener les autres coureurs là où il voulait qu’ils soient afin d’arriver à ses fins et gagner la course. Le décor était planté.

Sebastian excellait sur le 800m. Il en était donné comme le grand favori mais sa course fut l’une des plus mauvaises de toute sa carrière sur le plan tactique.

À mi-parcours, Steve était dans les trois derniers coureurs et Sebastian le dernier. Dans un sursaut de confiance, Steve se fraya un chemin parmi ses concurrents tandis que Sebastian était contraint de rester derrière le peloton, ce qui lui coûta de précieux centièmes de secondes.

À 150 m de l’arrivée, Steve était nettement en tête mais Sebastian avait une trop grande longueur à rattraper. Steve garda son avance de trois mètres sur son compatriote et s’empara de la victoire, Sebastian étant relégué en seconde position.

Ce fut un coup dévastateur pour Sebastian qui, plus tard, déclara: « Je n’aurais pas pu choisir un plus mauvais jour pour courir, ce fut la pire course de ma vie ».

Son salut mémorable devait toutefois survenir quelques jours plus tard dans la finale du 1500 m.

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