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Date
20 juin 2012
Tags
Actu CIO ,

Ouvrir la voie


Le sommet de la Terre Rio+20 marquera le 20e anniversaire de la conférence des Nations Unies sur le développement durable de 1992. Pour la Revue Olympique, John Vidal, chef de la rubrique environnement du Guardian, s’est interrogé sur l’action préventive du Mouvement Olympique de ces 20 dernières années quant aux défis posés à l’environnement.

Le sommet de la Terre en 1992 à Rio de Janeiro (Brésil), d’épique mémoire, a eu un impact majeur sur le Mouvement olympique et a modifié la planification et l’organisation des Jeux. Ce rassemblement, le plus vaste de la planète à l’époque, a vu près de la totalité des pays s’entendre sur la protection des océans, de l’air et des forêts. Il a fixé un ordre du jour et changé notre perception du développement économique qui protège l’environnement et les resources non renouvelables de la planète.



Le Comité International Olympique (CIO) a changé lui aussi. Après le Congrès olympique de 1994, il a instauré une commission sport et environnement. Deux ans plus tard, il s’est fermement engagé à défendre l’environnement en l’inscrivant dans la Charte olympique et en a fait le troisième pilier du Mouvement olympique aux côtés du sport et de la culture. D’autre part, dans les années 90, le CIO a décidé d’inclure des critères environnementaux dans les dossiers de candidature des villes souhaitant organiser les Jeux Olympiques. Les villes candidates doivent renseigner de leurs conditions météos ainsi que des précisions sur leur gestion de la protection de l’environnement.

L'Agenda 21 pour le sport

En 1999, le CIO a défini son Agenda 21 pour le sport et la durabilité en réponse à l’invitation lancée pendant le Sommet de la Terre aux gouvernements et aux organisations non-gouvernementales. L’Agenda 21  du CIO expose les principes généraux des politiques et programmes du Mouvement olympique associés au sport, aux manifestations sportives et aux initiatives relatives à l’environnement.

L’inquiétude quant aux ressources et à la biodiversité du monde continue de croître. Tous les ans, la barre est place plus haut et les villes doivent se montrer toujours plus respectueuses de l’environnement et du développement durable.

Des Jeux «verts» à Sydney

En remportant les Jeux de 2000, la ville de Sydney (Australie) s’était engage à tenir des Jeux «verts». Son village olympique était le plus vaste quartier du monde fonctionnant à l’énergie solaire, qui a ensuite été mis en vente au public. Les organisateurs ont réduit et recyclé l’eau du village, diminué les émissions de carbone et amélioré les transports en commun urbains. Ces initiatives, et nombre d’autres initiées par les organisateurs des Jeux de Sydney, sont autant de références pour assurer aux futurs organisateurs de faire que les Jeux demeurent le plus possible respectueux de l’environnement.



Ainsi, les Jeux d’hiver à Turin (Italie) en 2006 se sont appuyés sur les travaux réalisés pour les Jeux de Sydney. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) s’est félicité des mesures régionales de diminution des émissions de gaz à effet de serre, de réduction de l’usage de l’eau dans la fabrication de la neige et de promotion des hôtels respectueux de l’environnement. Avant les Jeux de 2008 à Beijing (Chine), la ville a affecté plus de USD 12 milliards aux transports publics, retiré 50 000 vieux taxis et 10 000 bus polluants, planté 30 millions d’arbres et buissons et investi dans un traitement révolutionnaire des eaux usées. Plus de 200 usines ont adopté un système de production plus propre et de nombreuses centrales énergétiques et usines ont été relocalisées.

Des pratiques durables à Vancouver

Les Jeux d’hiver à Vancouver (Canada) en 2010 ont été l’exemple même de la volonté de respecter et de s’engager en faveur de l’environnement et de l’intégrer dans une planification. Des bâtiments neufs ont été chauffés à la chaleur provenant des eaux usées et les eaux de pluie ont servi aux chasses d’eau. La population locale a été consultée quant à l’utilisation des installations après les Jeux et les travaux de construction ont offert une formation et du travail aux autochtones et aux sans-emplois. Les organisateurs n’ont pu supprimer autant de déchets solides que souhaité durant les Jeux, mais leurs efforts pour établir des pratiques durables dans leur plan d’ensemble ont été salués et ont fixé de nouvelles norms de développement de la ville.

Outre le sommet de la Terre Rio+20, cette année c’est aussi au tour de Londres de faire flotter le drapeau olympique. La capitale britannique s’est engagée, en 2005, à tenir des Jeux durables. C’est en partie son engagement à régénérer l’un des quartiers les plus endommagés d’Europe, à recycler et réutiliser sur place autant de déchets solides que possible, à créer un nouveau secteur urbain, offrant emplois, transports collectifs, parcs et équipements sportifs publics qui ont valu le succès à sa candidature.

Londres en bonne voie

Selon la commission pour des Jeux de 2012 durables (CSL), organisme  indépendant qui se porte garant pour l’entier du programme de durabilité des Jeux Olympiques de Londres, les organisateurs sont en bonne voie dans presque tous les secteurs. Les objectifs en matière d’approvisionnement éthique, d’inclusion et de diversité sociale, formation professionnelle, participation des populations locales, traitement des déchets et de l’eau ont tous été atteints, et parfois de manière spectaculaire.

Le Parc olympique de Londres est aussi reconnu comme un modèle de construction durable. Près de 1,4 million de tonnes de terre contaminée ont été nettoyées et réutilisées, les émissions de carbone du parc seront moitié moins élevées que la norme et les déchets solides ont été réemployés aux fondations du site.

En tablant sur ce que les editions précédentes ont réalisé, en respectant la vision et les objectifs à long terme de la ville hôte, les Jeux ne sont plus seulement une célébration sur deux semaines du sport et de la culture. Ils impriment aussi un mouvement à long terme pour une sensibilisation et des réalisations durables.

Un catalyseur de changement

Pour être concluante, estime le CIO, la tenue des Jeux Olympiques doit server de catalyseur de changement. Ils peuvent modifier les méthodes et les attitudes et inciter tous les publics, et surtout les jeunes, à se poser en exemple pour d’autres villes, révolutionner les normes et laisser un héritage tangible et socialement meilleur que la situation antérieure –rénover des équipements, en créer de nouveaux, renforcer les infrastructures, sensibiliser et améliorer les politiques et les pratiques à l’égard de l’environnement.

Le statut d’observateur officiel qui lui a été accordé par les Nations Unies en 2009 procure au CIO, et à la communauté sportive, une tribune de choix pour positionner le sport comme instrument à la poursuite de l’Objectif 7 du millénaire pour le développement relatif au respect de l’environnement.

Promouvoir un développement durable par le sport

En juin prochain, vingt ans après s’être rassemblé à Rio et s’être engage à protéger les forêts et à réduire les émissions néfastes au climat, les chefs d’État retournent au Brésil pour ce qui sera – hormis les Jeux de 2012 – l’une des plus grandes manifestations mondiales de cette année. Pour le monde sportif, c’est l’occasion de renouveler son engagement à promouvoir un développement durable par le sport.

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