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Date
16 août 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Athlétisme , Jamaïque

Omar McLeod ouvre le compteur de la Jamaïque sur 110 m haies!

Dominatrice en sprint avec Usain Bolt, la Jamaïque a étendu son domaine au 110 m haies mardi aux stade olympique, grâce à Omar McLeod; une première pour l'île qui n'avait jamais été sur un podium olympique de la discipline. Il a devancé l’Espagnol Daniel Ortega et Dimitri Bascou, premier Français médaillé dans la discipline depuis Guy Drut en 1976.

Vitesse et technique peuvent se conjuguer comme l'a prouvé McLeod. Le spécialiste du 110 m haies avait réalisé 9.99 sur 100 m cette saison, à la limite (2 m/s) du vent autorisé. « Avoir fait des progrès en vitesse fait que les haies arrivent plus vite. J'ai dû m'adapter et mettre plus de fréquence » a indiqué McLeod, 22 ans. « L'an dernier, je sortais d'une année de College et d'avoir été si près d'une médaille (6e) aux Mondiaux de Beijing m'a incité à travailler plus dur », a expliqué le Jamaïcain.

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McLeod, vainqueur en 13.05 a devancé l'Espagnol Orlando Ortega (13.17) et le Français Dimitri Bascou (13.24). Cette belle victoire couronne une saison tumultueuse pour Omar McLeod, victime d’une chute spectaculaire lors du meeting de la ligue de diamant IAAF de Monaco le 15 juillet dernier, qui l’avait laissé claudiquant sur la ligne d’arrivée.

Il a brillamment rebondi sur la piste bleue du stade olympique, inspiré par l’exemple de son compatriote triple champion olympique du 100 m Usain Bolt. « Vous le voyez arriver, il s’amuse, prend du plaisir, se représente lui-même ainsi que son pays, il gagne, et vous voulez juste vous mettre en piste et faire la même chose. Honnêtement, il est contagieux. Et on veut ressentir les même choses que lui ! »

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« Je suis plus que ravi. Je ressens des sentiments indescriptibles. Je ne sais pas ce qui passe par ma tête en ce moment. Je dois prendre le temps et réciter plusieurs fois « Tu es champion olympique! » a ajouté McLeod.  Après sa spectaculaire chute à Monaco, il explique qu’il a pris la décision de quelque peu brider sa vitesse naturelle afin de se concentrer pour avaler les haies proprement. « Vous tombez et vous vous demandez ce qu’il se passe. Il faut donc en tirer les enseignements et se regrouper. J’ai beaucoup appris. J’ai appris à être patient et honnêtement, j’ai joué la sécurité avec ma vitesse ici. Tout ce que je devais faire, c’était de sauter proprement les haies. »

McLeod, qui affine sa technique avec le champion olympique 1996 Allen Jonhson, dit aussi que lorsqu’il sera en mesure de lâcher pleinement les chevaux, il sera capable de viser le record du monde de l’Américain Aries Merritt (12.80, le 7 septembre 2012 à Bruxelles). « Je suis jeune, j’essaye juste de me développer. Le record viendra un jour, je l’espère. ».

Flop américain, Ortega et Bascou heureux 

il n’y a pas de hurdler américain sur le podium et c’est historique. Les Etats-Unis avaient toujours placé au moins un athlète sur le podium depuis les premiers Jeux de ère moderne à Athènes en 1896, à l'exception des Jeux de Moscou boycottés en 1980 ! 

Médaillé d’argent, Orlando Ortega explique qu’il a fait ce qu’il était venu faire, « ce que je voulais faire. Durant la finale, j’étais plus détendu, je me suis dit « et que ce soit ce que Dieu veut. » Ces deux dernières années,  je me suis entraîné très dur. J’ai toujours voulu faire de mon mieux pour l’Espagne, pour moi, pour ma grand mère. Améliorer mes temps m’obsède. Mon but en tant qu’athlète est de rendre notre fédération d’athlétisme aussi populaire que le football. Je veux que les gens nous regardent et parlent de nous comme ils parlent du foot. Je veux placer la barre très haut pour l’athlétisme. »

Dimitri Bascou, lui, renoue avec la fière tradition française sur les haies basses et devient le premier médaillé de son pays dans la discipline depuis Guy Drut (argent à Munich en 1972, or à Montréal en 1976), aujourd’hui membre du CIO.  « C'est énorme » » a réagi Bascou.

Getty Images

« Quand je passe la ligne, je vois McLeod et Ortega devant moi. Je crois que j'ai cette médaille, mais j'attends quand même et là, sur le tableau, je vois mon nom et j'essaie de réaliser. Ca n'a pas de prix, parce que c'est une consécration, celle de beaucoup de sacrifices et de travail. Après mon titre aux championnats d'Europe 2016, le but était de rester dans la danse. Tout le travail a été fait dans le but d'être bon aux Jeux Olympiques. C'est une course qui s'est jouée au mental. Je ramène deux médailles cette saison, je suis fier de partager ça avec la France. » Son compatriote Pascal Martinot-Lagarde a pris la quatrième place de la finale.

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