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Date
17 juil. 1912
Tags
Stockholm 1912 , Actu CIO

Nordlander mène la charge suédoise dans le concours complet

Dans la résolution adoptée en 1894 à Paris lors du Congrès de la Sorbonne, ouvrant la voie au lancement des Jeux Olympiques modernes, il avait été question d’inclure les sports équestres au programme, une initiative qui avait reçu le soutien enthousiaste du Baron Pierre de Coubertin. Il a toutefois fallu attendre deux décennies pour que les épreuves équestres débutent enfin sur la scène olympique, après des délibérations et une planification très longues et alambiquées. Parmi les nombreuses difficultés logistiques figurait notamment la question du transport des chevaux pour les 62 cavaliers, nombre d’entre eux venant de l’étranger. Le gouvernement suédois va faciliter les choses en les exemptant de toutes les traditionnelles formalités frontalières et douanières, et en leur offrant la gratuité du transport sur le sol suédois !


À Stockholm, le programme d’équitation comprend cinq épreuves : une compétition individuelle et une par équipes d’équitation militaire (l’équivalent du concours complet), une épreuve de démonstration d’équitation (dressage), et deux épreuves de sauts d’obstacles, une individuelle et une par équipes. Les deux épreuves par équipes ne sont pas vraiment distinctes, comme elles le sont aujourd’hui, mais leur classement est basé sur les scores cumulés des cavaliers individuels d’un même pays. Des cavaliers de 10 pays, tous officiers militaires, ont fait le voyage jusqu’à Stockholm : Allemagne, Belgique, Chili, Danemark, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Norvège, Russie et Suède, mais seules la Suède et l’Allemagne sont en mesure de présenter une équipe complète dans les trois disciplines. Au total, 88 engagés vont participer aux trois épreuves, pour 62 cavaliers et 70 chevaux.

Les concurrents du pays hôte dominent toutes les épreuves équestres disputées au Field Riding Club de Stockholm, en remportant quatre des cinq médailles d’or en jeu, ainsi que quatre des cinq trophées annexes. Parmi eux, le lieutenant Axel Nordlander, des hussards royaux de Scania, sera sans conteste le cavalier le plus complet des Jeux, puisqu’il va gagner l’or en équitation militaire individuelle et contribuera largement à la victoire de la Suède dans la compétition par équipes.

27 cavaliers représentant sept pays s’affrontent dans cette compétition d’équitation militaire, tous officiers dans la cavalerie. Le format diffère nettement de celui que nous connaissons aujourd’hui, puisque la compétition se déroule sur cinq jours au lieu de trois. Lors de la première journée, les cavaliers doivent effectuer un parcours d’endurance de 55 km qui doit être bouclé en quatre heures et qui comporte un parcours de cross de 5 km à effectuer en 15 minutes. Le deuxième jour, les chevaux sont laissés au repos avant la troisième journée où le menu est composé d’un parcours de steeple de 3 500 m et 10 obstacles qui doit être effectué dans le temps imparti de 5’50’’. Le quatrième jour est consacré à l’épreuve de sauts, alors que le dernier jour est réservé à la compétition de dressage. Chaque phase peut rapporter jusqu’à 10 points. Nordlander signe un score impressionnant de 46,59 points sur un total possible de 50 à l’issue des cinq épreuves. Il est accompagné sur le podium par le lieutenant allemand Friedrich von Rochow (argent) et par le capitaine français Jacques Cariou (bronze).

Outre sa médaille d’or individuelle, Nordlander reçoit aussi le Challenge de l’empereur allemand, un bouclier d’argent sur lequel est gravé le portrait de l’empereur, une récompense saluant le meilleur cavalier militaire, et il partage également le Prix de la cavalerie suédoise, une statuette représentant un cavalier à cheval suédois du XVIIIe siècle, en tant que membre de la meilleure équipe au classement général.


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