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Noah Lyles, de Nanjing à Tokyo !

Médaillé d’or sur 200 m lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Nanjing 2014, Noah Lyles est désormais en orbite pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 après avoir été sacré champion du monde à Doha sur sa distance de prédilection.

Très attendu lors des Mondiaux d’athlétisme de Doha, Noah Lyles, 22 ans, la nouvelle star américaine, n’a pas raté son premier grand rendez-vous planétaire. Il est reparti avec deux médailles d’or dans ses bagages : sur 200 m et lors du relais 4 x 100 m où il a eu l’honneur de passer la ligne d’arrivée pour son équipe. Son premier titre mondial est venu comme un immense soulagement. "J’y ai pensé tellement souvent, a-t-il expliqué. Vous ne pouvez pas imaginer. J’en parlais même tout seul à haute voix dans la voiture".

Getty Images / Richard Heathcote

Une famille en or, révélé à 17 ans !  

Originaire de Gainesville en Floride, Noah a toujours baigné dans une ambiance sportive. Après avoir débuté comme gymnaste, il s’est tourné vers l’athlétisme à 12 ans, suivant ainsi les traces de ses parents, Keisha Caine et Kevin Lyles, qui ont tous deux représenté l’Université de Seton Hall. Son père a même figuré dans l’équipe américaine médaillée d’or lors des Championnats du monde de 1995 dans le relais 4 x 400 m. 

Talentueux champion au sein de la TC Williams High School près de Washington, Noah se fait connaître dans le monde de l’athlétisme en remportant la médaille d’or du 200 m aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Nanjing 2014. À seulement 17 ans, il s’impose en 20’’80, avec quatre dixièmes de seconde d’avance sur le deuxième, le Botswanais Baboloki Thebe."Tout était parfaitement organisé, se souvient-il. Je me suis fait énormément d’amis. Je me souviens des petits trucs sympas (Yoggers) que l’on avait reçus et qu’on pouvait connecter entre eux pour s’échanger nos adresses. Ça m’a donné envie d’aller plus loin. Je veux être champion olympique."

L’année suivante, il franchit 2,03 m en hauteur et en 2016, il hésite à intégrer l’Université de Gainesville mais choisit de passer professionnel en compagnie de son petit frère Josephus, spécialiste du 400 m, sous la houlette de Lance Brauman, un entraîneur réputé mais aussi austère que Noah est extraverti.

 
Une âme d’artiste 

"Je veux faire le spectacle", explique-t-il. "Je veux que les gens aiment ce qu’ils voient. Je n’avais pas beaucoup confiance en moi quand j’étais enfant." Depuis, Noah s’est affirmé sur la piste et en dehors. "Je suis quelqu’un de très créatif. J’ai déjà écrit 25 titres de rap et il est possible que je sorte un album en 2020," poursuit ce passionné de design qui aime jouer les mannequins à l’occasion.

Après une blessure au tendon d’Achille en 2017, Noah Lyles s’est installé parmi les meilleurs sprinteurs mondiaux en 2018. En 2019, il a remporté la Diamond League sur 100 m comme sur 200 m. Ses performances chronométriques impressionnent avec un record personnel à 9’’86 sur 100 m, mais surtout un époustouflant 19’’50 réussi sur 200 m à Lausanne en juillet 2019, la quatrième meilleure performance de tous les temps sur la distance. Cette année, il a fait l’impasse sur le 100 m lors des sélections américaines pour se préserver mais il compte bien s'aligner sur les deux distances en 2020.


Le couronnement de Doha avant un triplé à Tokyo en 2020 ? 

À Doha, sans survoler les débats, cet athlète de gabarit moyen (1,80 m pour 70 kg) a tenu son rang. Onzième temps des séries, il a ensuite remporté sa demi-finale facilement. En finale, il a dû pallier un départ moyen pour surclasser ses adversaires en sortie de virage et dans la ligne droite. En 19’’83, il devance le très expérimenté Andre De Grasse (19’’95) et l'Équatorien Álex Quiñónez (19’’98). "Ce fut une année très longue, avec de multiples blessures et bon nombre de difficultés", a-t-il commenté. "Les trois dernières semaines ont été parmi les plus dures de ma carrière. J’avais le mal du pays et je me sentais loin de ma famille."

Désormais, toute son énergie est tournée vers les Jeux Olympiques de Tokyo. "J'attends Tokyo avec impatience", s’enthousiasme-t-il. "C’est un de mes pays préférés avec les États-Unis. J’ai quelques projets pour le Japon."  Et son projet n°1 est de réussir le doublé 100-200 m même si, on le sait, le premier objectif sera déjà d’être en forme fin juin pour les célèbres Trials américains à Eugene afin de gagner sa place pour Tokyo. Après, il pourra profiter pleinement de ses premiers Jeux Olympiques dont il a imaginé le scénario idéal. "J’ai rêvé que je courais la demi-finale du 100 m en 9’’41", raconte-t-il. Le dénouement idéal serait sans doute de repartir du Japon avec trois médailles d’or sur 100 m, 200 m et 4x100 m, une performance qu’un certain Usain Bolt a accomplie deux fois, mais qu’aucun Américain n’a réussie depuis Carl Lewis en 1984.  

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