skip to content
Ghedina
Cortina d'Ampezzo 1956

Renée Colliard crée la surprise avec panache dans le slalom féminin


Etudiante en pharmacie à Genève âgée de 23 ans, Renée Colliard a pris quatre mois de vacances pour préparer et disputer les Jeux olympiques de Cortina. Elle pratique le ski alpin depuis son plus jeune âge avec ses parents, mais n’a démarré la compétition que trois ans plus tôt, en intégrant le ski-club de sa ville. A vrai dire, en dehors de son encadrement et d’elle-même, personne ne croit en ses chances de briller dans le slalom olympique programmé le 30 janvier 1956 sur la piste du col Drusciè. Spécialisée dans cette discipline, Renée Colliard dispute ici sa première grande compétition internationale.

Le patron de l’équipe féminine suisse Bouby Rombaldi prépare activement sa championne, l’aide à comprendre les moindres recoins de la pente qu’elle va affronter, et dira après sa victoire « elle a fait des choses fantastiques à l’entrainement, je comptais vraiment beaucoup sur elle ». A 11h ce lundi 30 janvier, Renée Colliard s’élance entre les 41 portes de la première manche.
Elle porte le dossard n°1. « C’était un jour très froid, je crois qu’il faisait -28°. La neige était très, très dure, très glacée, et la pente était très rapide » racontera-t-elle, observant également « partir la première était un avantage, car la piste était dure, mais pas lisse ». Elle se faufile entre les portes avec une fluidité exemplaire, ne commet aucune faute, et poste un chrono de référence de 55.6. Les concurrentes suivantes butent toutes sur ce temps.

L’Autrichienne Regina Schöpf s’approche à 4/10e de seconde, la Soviétique Yevgeniya Sidorova et l’Italienne Giuliana Chenal-Minuzzo suivent à 1 seconde et 3/10e. Le trou est fait. Mais il se trouve que la performance de Colliard n’a pas été filmée. « J’avais le dossard n°1, je crois que les caméras n’étaient pas prêtes. Mais ils ont filmé la 2e manche ! », notera-t-elle.

En deuxième manche, sur un tracé piqueté de 45 portes, Renée Colliard poursuit son festival. Elle signe à nouveau, et de très loin, le meilleur temps (56.7) pour totaliser 1:52.3 et battre Regina Schöpf de plus de 3 secondes (1:55.4). Yevgeniya Sidorova s’adjuge le bronze à 4 secondes (1:56.7) et la première médaille olympique soviétique en ski alpin.

L’extraordinaire surprise créée avec tellement de panache par Renée Colliard pour une retentissante victoire, provoque un bel enthousiasme dans son pays. A son retour, elle est fêtée par une impressionnante foule genevoise. Championne olympique et du monde de slalom en 1956, Cortina d’Ampezzo n’aura pourtant été qu’une parenthèse dorée. Renée Colliard ne disputera plus de compétitions internationales. Elle reprend ses études pour devenir pharmacienne et mère de famille à Crans-Montana, sa place assurée dans la légende du sport suisse.

back to top En