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Sixten Jernberg IOC
Cortina d'Ampezzo 1956

En ski de fond, pas de podium sans Sixten Jernberg à Cortina


Enfant du village de Lima, près de la frontière norvégienne au centre-ouest de la Suède, Sixten Jernberg forme ses capacités physiques et d’endurance en exerçant dans ses jeunes années les métiers de forgeron et de bucheron. Il débute sa carrière internationale en ski de fond à 25 ans en participant au relais suédois 4x10km qui prend la médaille de bronze des championnats du monde 1954 dans son pays, à Falun.

La première finale des Jeux de Cortina est la nouvelle épreuve olympique du 30km ski de fond messieurs, dont le concurrent portant le dossard n°1 s’élance à 9h le 27 janvier, sur un parcours fait de neige glacée par endroits, poudreuse par d’autres. 48e partant, Sixten Jernberg est en tête aux 10km avec un chrono de 32:54 ce qui lui confère 6 secondes d’avance sur son suivant, le Finlandais Veikko Hakulinen. Ce dernier accélère par la suite, pour franchir la ligne d’arrivée en 1h44.06 et s’imposer avec 24 secondes d’avance sur Jernberg. 46 secondes derrière le fondeur suédois, Pavel Kolchin remporte le bronze et devient le premier médaillé soviétique aux Jeux d’hiver.

Trois jours après cette médaille d’argent, Sixten Jernberg est au départ du 15km dans le « Stadio Della Neve » (stade des neiges). Cette épreuve remplace le 18km aux Jeux d’hiver, et pour la première fois, ne fait pas partie du combiné nordique qui se dispute désormais à part selon une formule inversée : saut d’abord, ski de fond ensuite.

36e coureur à prendre le départ sous la neige, le Norvégien Hallgeir Brenden se montre le plus fort, il est en tête dès les 5km, ne relâche pas son effort, et triomphe sur la ligne d’arrivée en 49:39. Sixten Jernberg est le dernier des favoris à s’élancer (dossard °56). En position pour la médaille tout au long de sa course, il produit un finish de feu pour terminer avec une nouvelle médaille d’argent à 35 secondes de Brenden, et prendre une deuxième fois le meilleur sur le Soviétique Pavel Kolchin qui lui concède 3 secondes. Veikko Hakulinen, le vainqueur du 30km termine distancé à la 4e place.

Enfin, arrive le jour de gloire pour Jernberg. Le jeudi 2 février, l’épreuve reine du 50km se dispute par des températures glaciales : le thermomètre descend en dessous des -10°. La course va se résumer en un duel entre le tenant du titre, Veikko Hakulinen, vainqueur sur la distance en 1952 à Oslo, et le champion suédois déjà double médaillé d’argent. Très en jambes dans ces conditions extrêmes, Jernberg, parti 5 minutes après Hakulinen, est en tête à tous les intermédiaires. Il est sacré champion olympique en 2h50:27 avec 1 minute et 18 secondes d’avance sur son rival finlandais. C’est à nouveau un coureur soviétique, Fyodor Terentyev, qui s’adjuge le bronze à plus de 3 minutes de Jernberg.

Le relais 4x10km conclut les compétitions de ski fond, le dernier jour des Jeux, le 4 février, de nouveau dans un froid glacial. Les coureurs soviétiques qui ont animé toutes les épreuves individuelles unissent leurs forces, Fyodor Terentyev prend un premier relais supersonique, fait d’entrée une grosse différence, Pavel Kolchin augmente l’écart, Nikolay Anikin et Vladimir Kuzin ne faiblissent pas, et l’URSS l’emporte en 2h15:30. C’est plus indécis derrière. La Finlande termine en argent à un peu plus d’une minute. Sixten Jernberg, lui, est le dernier relayeur suédois. En 33:44, il permet à sa formation d’arracher la médaille de bronze devant la Norvège, l’Italie et la France.

Quatre épreuves de ski de fond, quatre podiums pour Sixten Jernberg, un or, deux argents, un bronze qui font de lui l’athlète le plus médaillé des Jeux d’hiver 1956. Mais il ne va pas s’arrêter en si bon chemin, pour devenir un des plus grands skieurs « longue distance » de l’histoire. En remportant l’or sur 30km et l’argent sur 15km à Squaw Valley 1960, puis à nouveau l’or sur 50km, ajouté au relais 4x10km et à un bronze sur 15km à Innsbruck 1964, Il va totaliser 9 médailles et détenir le record de podiums aux Jeux d’hiver durant de nombreuses années.

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