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Sigvard Ericsson, Gunnar Ström et Sven Olof Dahlberg. IOC
Cortina d'Ampezzo 1956

Sigvard Ericsson dame le pion aux patineurs soviétiques


Dès son entrée dans le concert international du patinage de vitesse en 1953, l’Union Soviétique domine les compétitions avec une génération d’athlètes exceptionnels. Mais il est un patineur qui va leur damer le pion, le Suédois Sigvard Ericsson. Ainsi en 1955, il est champion d’Europe toutes distances à domicile à Falun et moins d’un mois plus tard à Moscou, il est sacré champion du monde sur les terres d’Oleg Gontcharenko et de Boris Schilkov qui terminent en argent et en bronze, devenant ainsi le premier suédois à remporter ce titre mis en jeu chaque année à partir de 1893 ! Et également le premier patineur à battre les Soviétiques à ce niveau depuis leur arrivée sur la scène mondiale. Il reçoit cette année-là la médaille d’or Svenska Dagbladet qui couronne le meilleur sportif suédois.

Après sa participations aux Jeux d’Oslo 1952 où il n’a pas obtenu de résultats significatifs, Sigvard Ericsson est engagé sur toutes les distances sur le lac Misurina de Cortina d’Ampezzo. Il commence par se classer 37e du 500m remporté le 28 janvier par le Soviétique Yevgeny Grishin, avant de prendre le lendemain le départ du 5000m.

Parti dans la 4e paire face à l’Américain Matthew McNamara, Boris Schilkov poste un chrono de 7:48.7 qui ne sera pas battu et qui constitue un nouveau record olympique. Son compatriote Oleg Gontcharenko vient ensuite se placer derrière, à 9 secondes. Sigvard Ericsson patine dans la 8e paire avec le Coréen Pyum Chang Nam. Il se montre particulièrement véloce, et parvient à franchir la ligne d’arrivée en 7:56.7 pour s’intercaler entre les deux Soviétiques et monter sur la 2e marche du podium.

Le 30 janvier, Sigvard Ericsson termine 6e du 1500m où Yevgeny Grishin remporte ex-aequo avec son compatriote Yuri Mikhailov sa 2e médaille d’or à Cortina. A ce stade des compétitions, les Soviétiques se sont donc adjugés tous les titres olympiques 1956 avant le dernier mis en jeu le mardi 31 janvier, le 10.000m. Ericsson compte parmi les grands favoris dans la mesure où il s’est imposé sur cette distance lors des deux championnats « all-around », européen et mondial qu’il a gagnés en 1955.

La compétition va être exceptionnelle. Dans la 3e paire, Oleg Gontcharenko bat le record olympique en 16:42.3. Quatre paires plus loin, le Norvégien Knut Johansson s’approprie ce record à son tour en bouclant son parcours en 16:36.9. Sigvard Ericsson s’élance dans la 10e paire en compagnie du Japonais Takeji Asasaka. Le rythme imprimé par le Suédois est tel qu’il menace longtemps le record du monde détenu depuis 1952 par le Norvégien Hjalmar Andersen (16:32.6). Mais il ralentit sa cadence dans les deux derniers kilomètres, se contentant au final du…. record olympique (amélioré donc pour la 3e fois dans la même course !). En 16:35.9, il devance Johansson d’une seconde pleine, alors que Gontcharenko prend le bronze à plus de 6 secondes.

Au final, l’Union Soviétique, pour sa première participation aux Jeux d’hiver, domine largement les compétitions de patinage de vitesse avec un total de 7 médailles dont 4 en or, suivie par la Suède (1 or et 1 argent) dont le compteur est alimenté par le seul Sigvard Ericsson !

Cortina d’Ampezzo restera le sommet de sa carrière sportive. Après une dernière participation aux championnats du monde en 1957, à domicile à Östersund où il se classe 9e, le champion olympique du 10.000m quitte définitivement les ovales de glace.

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