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Jean-Luc Crétier Getty
Date
13 févr. 1998
Tags
Nagano 1998, Ski alpin, France, Actualités Olympiques
Nagano 1998

La prudence envoie Crétier au septième ciel


Les skieurs rongent toujours leur frein dans la perspective de la descente olympique et, à Nagano, cette attente s’est particulièrement prolongée puisque le mauvais temps s’est invité à la fête. Par conséquent, la course a été reportée à trois reprises, avant d’avoir finalement lieu cinq jours plus tard que prévu.

Mais même le jour J, cela n’est pas encore idéal, puisque des vents violents entraînent à nouveau un report de 40 minutes. Quand le premier skieur prend enfin le départ, les concurrents sont confrontés à un défi de taille : un parcours exigeant, qui comprend notamment un saut particulièrement délicat au niveau de la porte 7. Le tracé a beau avoir été modifié par les officiels avant le départ de la course, ce passage est encore censé avoir un gros impact sur le résultat final.

Jean-Luc Crétier s’élance en troisième position. Il n’a encore jamais gagné la moindre course de Coupe du monde ni connu les honneurs du podium en championnat du monde, mais il porte sur ses épaules une lourde attente : aucun Français n’a en effet gagné le titre olympique de la descente depuis Jean-Claude Killy, trois décennies plus tôt.

Crétier a 31 ans et avec ses trois précédentes participations aux Jeux d’hiver, il fait figure de vétéran. Il n’a même pas pris part à la descente lors des deux premières éditions, et s’est classé 24e à Lillehammer quatre ans plus tôt. Rares sont ceux qui s’attendent à le voir briller sur la neige japonaise, mais comme il va le montrer, il a une tactique intelligente sous le coude : la prudence.

Arrivé à la fameuse porte 7, Crétier ralentit un peu, s’assurant d’en sortir intact, puis se met à accélérer sur le restant du parcours. Il franchit l’arrivée en 1’50’’11, meilleur temps jusque-là, mais sans doute insuffisant pour gagner la médaille d’or.

Les circonstances vont cependant lui prêter main-forte puisque le parcours va commencer à jouer des tours aux autres concurrents. Plusieurs d’entre eux chutent à hauteur de la porte 7, notamment le brillant Hermann Maier, éliminé de manière spectaculaire. Au total, pas moins de 14 skieurs vont se casser les dents sur cette porte 7.

Jean Luc Cretier Getty

Personne n’arrive à faire mieux que Crétier. Le Norvégien Lasse Kjus est le plus près d’y parvenir, mais il lui manque encore quatre gros dixièmes. Une fois que les concurrents de la première série ont tous buté sur son chrono, il devient évident que le Français de l’ombre va remporter l’or.

Il passe un coup de fil chez lui pour partager ces bonnes nouvelles avec son fils, avant de grimper sur la plus haute marche du podium olympique pour y célébrer sa première grande victoire.

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