skip to content
Date
08 août 1984
Tags
Los Angeles 1984

Nawal El Moutawakel saute les obstacles qui mènent à l'or

Peu de personnes ont aussi bien illustré l’adage selon lequel le sport peut dépasser toute une série de frontières culturelles que la spécialiste des haies marocaine Nawal El Moutawakel.


Avant Los Angeles 1984, les femmes n’avaient jamais couru le 400m haies aux Jeux, et en inaugurant le palmarès olympique, Nawal El Moutawakel signa une victoire aussi impressionnante qu’inattendue.

L’absence des pays du Bloc de l’Est, ténors mondiaux de la discipline, signifiait que l’épreuve devenait largement ouverte. Ainsi, l’Américaine Judi Brown et la Suédoise Ann-Louise Skoglund signèrent les meilleurs temps des séries.

Nawal El Moutawakel, qui n’avait pas réussi à se qualifier pour les demi-finales des championnats du monde l’année précédente à Helsinki, gagna sa série assez facilement mais avec un chrono en retrait par rapport aux meilleures.

La championne d’Afrique tomba dans la demi-finale incontestablement la plus relevée. Si sa troisième place derrière Ann-Louise Skoglund lui suffit pour se qualifier, il apparut que son niveau se situait plusieurs tons au-dessous des concurrentes de pointe.

Le jour de la finale, le temps était radieux sur le Colisée et dès le coup de pistolet libérateur du starter, l’issue ne fit pratiquement plus aucun doute.

Nawal El Moutawakel remonta ainsi ses adversaires à toute vapeur dans la ligne opposée et seul un piétinement devant une haie du dernier virage sembla vouloir contrarier sa chevauchée vers l’or.

Suivie par des millions de téléspectateurs, chez elle à Casablanca, elle leva les bras au ciel en franchissant la ligne d’arrivée, cinq bons mètres devant sa dauphine Judi Brown.

Tandis qu’elle savourait les bravos du public, des scènes de joie intense eurent lieu au Maroc : elle était en effet devenue la toute première femme du pays sacrée championne olympique ainsi que la première musulmane.

Après avoir raccroché ses pointes, elle continua à briller hors des pistes, devenant membre du Conseil de l’IAAF, puis vice-présidente du Comité international olympique.

back to top