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Date
04 août 1932
Tags
Los Angeles 1932 , Japon , Actu CIO , Athlétisme

Nambu affole le livre des records

Les Jeux Olympiques de 1932 ont été un événement prestigieux dans de nombreux sports, et en particulier en athlétisme où, fait remarquable, 20 nouveaux records olympiques ou mon-diaux ont été répertoriés.


Selon le rapport officiel, le niveau de performances exceptionnellement élevé découle de nombreux facteurs, notamment « la condition physique et psychologique affûtée des sportifs grâce à l’environnement agréable du village olympique, les installations d’entraînement adaptées, les conditions météo favorables, les excellentes installations d’athlétisme et le comportement enthousiaste et sportif des spectateurs ».

Parmi les nouveaux records les plus remarquables de Los Angeles, il en est un qui ressort du lot : celui du triple saut battu par le Japonais Chūhei Nambu. Ce dernier était engagé dans trois épreuves lors de ces Jeux, la longueur dont il détient le record du monde, le triple saut et le relais 4 x 100 m.

Il a amélioré le record du monde de la longueur un an plus tôt avec un saut de 7,98 m. C’est une évolution significative pour un athlète qui est passé à côté de son sujet aux Jeux Olympiques de 1928 à Amsterdam, en ratant le podium dans les trois épreuves où il était engagé.

Les Jeux de 1932 offrent donc à Nambu une nouvelle chance de frapper les esprits – avec toutefois une autre implication intéressante : si le Japonais de 29 ans réussit à battre le record du monde du triple saut, il deviendra le seul athlète à détenir simultanément les deux records du monde des sauts horizontaux.

« Seul un accident, la malchance ou le trac peuvent empêcher, semble-t-il, le concours olympique de la longueur de tomber dans l’escarcelle du Japonais Chuhei Nambu ou de l’Haïtien Sylvio Cator », peut-on lire ainsi dans un journal de l’Ohio, trois mois avant les Jeux Olympiques. Ce sont deux des jeunes les plus alertes en compétition, puisque les garçons ont l’habitude de sauter de branche en branche. »

« Ce sont les deux seuls athlètes à avoir sauté officiellement à plus de 7,90 m à partir d’une planche et ils surclassent leurs adversaires dans une épreuve que les États-Unis ont gagnée plutôt aisément lors de sept des huit dernières Olympiades. »

Pourtant, le 2 août, Nambu ne termine que troisième de la longueur, un résultat décevant pour le détenteur du record du monde. Mais deux jours plus tard, il se rachète de la façon la plus spectaculaire qui soit en remportant le triple saut avec un bond de 15,72 m, nouveau record du monde. Nambu devient ainsi double détenteur des records de la longueur et du triple saut, exploit unique dans les annales de l’athlétisme.

« À propos des performances extraordinaires qui ont marqué les épreuves d’athlétisme au stade olympique, n’oubliez pas la fougue et l’inspiration des jeunes, écrira par la suite un journal du Kansas. Il n’y a pas de meilleurs exemples que ceux des deux jeunes Japonais, Shuhel Nishida et Chuhei Nambu, enfants agiles d’un pays qui se bat crânement pour se faire une place au soleil de l’athlétisme. »

Nambu conservera ses deux records jusqu’en 1935, année où il les perdra au profit de l’Américain Jesse Owens (longueur) et de l’Australien Jack Metcalfe (triple saut).

Il deviendra plus tard journaliste sportif pour le journal japonais Mainichi Shimbun. Nambu restera également actif dans le milieu de l’athlétisme, puisqu’il sera entraîneur en chef de la Fédération japonaise d’athlétisme et patron de la délégation nationale aux Jeux Olympiques de 1964 à Tokyo. En 1992, le Comité International Olympique lui décernera l’Ordre olympique en argent.

Nambu mourra en 1997 à Osaka, sa ville natale, à l’âge de 93 ans. À ce jour, il reste l’unique athlète à avoir détenu simultanément les records du monde du saut en longueur et du triple saut.

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