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Date
05 août 1984
Tags
Los Angeles 1984

Moses écrit à nouveau son nom en lettres d'or

On a rarement, voire jamais, vu dans l’histoire d’un sport de période de domination aussi longue que celle qu’a exercée Ed Moses.


Moses était le plus élégant des coureurs de 400m haies, lui qui n’avait besoin que de 13 foulées félines entre chaque obstacle, contrairement aux 14 adoptées par la majorité de ses contemporains. Durant une période, il fut d’ailleurs littéralement imbattable.

À partir de 1977, l’Américain aligna 122 courses victorieuses consécutives et resta invaincu durant une période, aujourd’hui caractéristique, de neuf ans, neuf mois et neuf jours.

Sa première sortie internationale eut lieu aux Jeux Olympiques de 1976 à Montréal. Il y gagna l’argent, pulvérisa le record du monde et sa marge victorieuse est devenue la plus importante de l’histoire olympique de la discipline.

Son exploit fut d’autant plus surprenant qu’il n’avait que 20 ans et qu’il venait d’échapper au service militaire et à un départ pour le Vietnam puisque la guerre y avait pris fin l’année précédente.

Quatre ans plus tard, le boycott américain le priva de l’opportunité d’une seconde médaille d’or quasi certaine à Moscou, sa domination sur la distance ayant atteint des sommets.

À l’heure des Jeux de 1984 à Los Angeles, chez lui, il évoluait au sommet de son art.

Il courait régulièrement la distance en moins de 48 secondes quand peu de ses adversaires parvenaient à s’approcher de ce seuil et, avec l’aide des rugissements vocaux du public local, un seul vainqueur paraissait vraiment envisageable.

Lors des séries et des demi-finales, il se qualifia au petit trot, établissant néanmoins les meilleurs temps, et s’élança en finale, du couloir six. Face à lui, les menaces les plus importantes étaient constituées par son compatriote Danny Harris et par l’Allemand de l’Ouest Harald Schmidt.

Âgé de 18 ans , Harris n’avait jamais couru de 400m haies avant 1984. Par la suite, il allait devenir le prochain athlète à battre Moses en 1987, alors que Schmidt avait été le dernier en 1977.

Moses, auteur d’un net faux départ, était quelque peu tendu avant la course et un silence tendu envahit l’atmosphère lorsque les athlètes réintégrèrent à nouveau leurs blocs.

Dès le départ, Moses épousa rapidement son superbe rythme de foulées, creusant un écart dans la ligne opposée que ses adversaires n’allaient jamais combler.

Il s’imposa en 47’’75, moins vite que son chrono de Montréal, tandis que Harris tenait bon jusqu’à l’arrivée pour s’emparer de l’argent au détriment de Schmidt.

Moses remportera son second titre mondial à Rome en 1987, mais ne terminera que troisième de la finale olympique des Jeux de Séoul 1988.

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