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Monica Puig, une première en or pour Porto Rico, Andy Murray pour le doublé chez les hommes

Monica Puig a offert à Porto Rico sa toute première médaille d'or olympique en créant une surprise majuscule samedi en finale du simple dames sur le court en dur de Barra de Tijuca, où elle a écoeuré l'Allemande Angelique Kerber, N°2 mondiale, 6-4, 4-6, 6-1. Un exploit retentissant ! La finale masculine oppose dimanche le Britannique tenant du titre Andy Murray à l’Argentin Juan Martin Del Potro.

« J'ai écrit l'histoire et cela vaut de l’or »,  s'est réjouie Monica Puig, 22 ans, 34e mondiale,, dont le seul titre chez les professionnels était jusque-là une victoire au tournoi de Strasbourg en 2014. « A chaque match, je me suis améliorée, j'ai joué plus vite, plus fort, en prenant confiance en moi. Et j'ai atteint l'un de mes plus grands rêves », a-t-elle ajouté après avoir dompté la gagnante de l’Open d'Australie 2016 en deux heures et neuf minutes.

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En état de grâce, trouvant les lignes du court avec son jeu audacieux et tout en puissance, Puig a écoeuré Kerber, pourtant victorieuse de l’Open Australie 2016 et finaliste cette même année à Wimbledon.

Et l'Allemande, qui a fait appel au kiné à la fin du premier set pour un problème de dos, s'est finalement inclinée après avoir sauvé plusieurs balles de match. L'air de ne pas y croire, Puig a lâché sa raquette et pris sa tête à deux mains, les larmes aux yeux. Elle s'est accroupie sur le court, avant de saluer le public, où l'on pouvait voir de nombreux drapeaux de Porto Rico.

Un chien nommé « Rio »

Jamais aucune femme représentant l'archipel des Caraïbes (3,5 millions d'habitants environ) n'était montée sur un podium olympique. Et jusqu'ici, ce territoire associé aux Etats-Unis, n'avait remporté que huit médailles olympiques, dont aucune en or.

Avec cette victoire, la plus belle de sa jeune carrière, Monica Puig succède au palmarès à l'Américaine Serena Williams et elle peut rêver de grimper les échelons dans la hiérarchie mondiale.

« Cette médaille me donne confiance sur ce que je suis capable de réussir. J'espère m'en servir pour grimper au classement, mais pour le moment je veux savourer », a dit la Portoricaine.

Rien ne laissait présager un tel parcours pour Puig, pas même le fait qu'elle ait appelé son chien « Rio » fin juillet. Mais la jeune femme, qui vit à Miami et possède de lointaines racines espagnoles, a pris confiance au fil du tournoi, éliminant les têtes d'affiche une à une: la Russe Anastasia Pavlyuchenkova (19e), l'Espagnole Garbine Muguruza (4e), vainqueur de Roland-Garros, puis la Tchèque Petra Kvitova, double championne de Wimbledon (2011, 2014), en demi-finale.

Kvitova s'est rattrapée samedi en battant l'Américaine Madison Keys (7-5, 2-6, 6-1) pour décrocher la médaille de bronze. Et elle a pris place sur le podium aux côtés de Kerber et Puig pour vivre ce moment historique: la toute première diffusion de l'hymne portoricain aux Jeux Olympiques.

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Andy Murray en course pour signer le doublé

Andy Murray peut se méfier! Le champion olympique en titre, qualifié samedi pour la finale des Jeux de Rio 2016, va devoir affronter dimanche l'incroyable revenant Juan Martin Del Potro, tombeur de Rafael Nadal au bout d'une demi-finale épique.

Le Britannique, qui ambitionne de devenir le premier joueur de simple à décrocher deux fois l'or olympique, a certes dépensé moins d'énergie sur le court que l'Argentin, avec une qualification sereine aux dépens du Japonais Kei Nishikori (6-1, 6-4). Mais cette semaine, rien ne semble impossible pour l'épouvantail « DelPo », qui a battu au premier tour le N°1 mondial Novak Djokovic avant de terrasser samedi l'Espagnol Nadal (N°5) en trois sets spectaculaires 5-7, 6-4, 7-6 (7/5).

La puissance de Del Potro, ses ressources mentales et le soutien des nombreux Argentins présents dans le public, pourraient bien poser problème à Murray, comme cela a été le cas avec Nadal, vaincu samedi après plus de 3 heures de féroces échanges. « Je ne peux pas croire que je suis en finale et avec une médaille assurée, surtout au vu de mon tirage avec Djokovic », a commenté Del Potro. « Je pensais davantage à faire un barbecue à Tandil (sa ville d’origine) mais maintenant je sais que je le mangerai avec une médaille autour du cou. »

Cette demi-finale palpitante est allée crescendo, poussant l'Argentin et l'Espagnol à la rupture dans le troisième set, où chacun a pris à tour de rôle le service adverse. Mais malgré sa résistance acharnée, Nadal a fini par s'incliner sur la deuxième balle de match obtenue par son adversaire. Ivre de bonheur, ce dernier est resté plusieurs secondes allongé face contre terre sur le court, avant de sauter dans les bras de ses supporters massés au bas de la tribune.

« Tellement de choses vous viennent à l'esprit, ma famille et tous les gens qui ont fait que je n'abandonne pas ce sport dans les mauvais moments », a raconté Del Potro, dont la carrière a été gâchée par les blessures depuis plusieurs années.

Peut-être Nadal a-t-il présumé de ses forces en jouant à la fois le simple et le double à Rio alors qu'il revenait d'une blessure au poignet. S'il a remporté vendredi l'or du double avec son compatriote Marc Lopez, le dixième match de sa semaine lui a été fatal, même s'il affrontera dimanche Nishikori pour la médaille de bronze. « Je peux dire que j'ai lutté jusqu'à ma dernière goutte d’énergie », a philosophé Nadal, sacré en simple en 2008. « Je n'ai rien à me reprocher. Parler maintenant d'horaires des matches et de fatigue ne sert à rien. »

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Médaillé de bronze à Londres en 2012, Del Potro est pour sa part assuré de conquérir au moins l'argent à Rio. Pour l'or, le vainqueur de l'US Open 2009 devra néanmoins battre en finale dimanche le N.2 mondial Murray, qui a rendez-vous avec l'histoire en cas de deuxième médaille d'or inédite en simple. « Cela voudrait dire beaucoup, évidemment. Ce n'est pas facile à réussir et c'est pourquoi cela n'a jamais été fait, a prévenu Murray.

Entre le grand Argentin et le robuste Ecossais, on pourrait assister à une belle bataille de serveurs dimanche. Porté par une mise en jeu très solide, Murray n'a pas concédé la moindre balle de break à Nishikori, expédié en 1 heure et 18 minutes de jeu. « C'est de loin le meilleur niveau (de service) que j'ai eu cette semaine », s'est réjoui Murray. Mais gare à Del Potro, coupeur de têtes de ces Jeux

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