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PyeongChang 2018

Mikaël Kingsbury, le roi des bosses en quête de son premier titre olympique

De nouveau impérial lors de la saison pré-olympique, le Canadien Mikaël Kingsbury a remporté son sixième classement général de la Coupe du monde de ski freestyle, accompagnant ce gros globe de cristal d'un sixième petit globe de sa spécialité, les bosses. Déjà considéré comme le meilleur skieur de bosses de l'histoire, il lui reste à gagner la médaille d'or olympique, après s'être adjugé l'argent à Sotchi en 2014 derrière son coéquipier Alexandre Bilodeau. Il reviendra donc à PyeongChang ou il s'est imposé en Coupe du monde, pour tenter de concrétiser le plus grand rêve de sa carrière.

Mikaël Kingsbury le dit lui-même, au terme de l'hiver pré-olympique 2016-2017 : "Je qualifie cette saison comme la meilleure de ma carrière. Non pas les Championnats du monde où je voulais gagner, mais le circuit de la Coupe du monde, où ça a vraiment été bon. J'ai été au sommet de ma forme au bon moment. De plus, j'ai gagné l'épreuve test pré-olympique à Bokwang, ce qui était vraiment important pour moi, afin de prendre le plus d'informations possibles. J'ai été constant toute la saison. Maintenant, ça fait vraiment du bien d'avoir un hiver derrière moi, et je suis très motivé pour ce qui vient", explique-t-il au micro de Radio-Canada.

Une saison stratosphérique, sauf aux Championnats du monde

À 25 ans, il n'est pas pour autant une machine. La saison internationale s'achève en mars aux Mondiaux de ski freestyle de Sierra Nevada (Espagne), où il est battu en finale des bosses, se contentant d'une médaille de bronze (son septième podium planétaire, dont deux titres) dans l'épreuve gagnée par la nouvelle star japonaise de la discipline, Ikuma Horishima. Mikaël Kingsbury est aussi prématurément éliminé en bosses parallèles… en 1/8e de finale par le même Ikmua Horishima, qui gagne dans la foulée son deuxième titre dans les montagnes andalouses. 

"Ikuma a vraiment été extraordinaire en Sierra Nevada, il a été le maître de cette piste, de ces conditions de neige. Mais je ne suis pas le genre à regarder en arrière et à penser qu'il va être dangereux. Je sais que c'est un bon skieur, mais je me concentre sur moi-même. Et puis, à PyeongChang où on a skié cette année, il y a vraiment une piste que j'aime. Et cela compte beaucoup d'arriver à un endroit et de voir un tracé où on sait qu'on est capable de réaliser de belles performances. C'est une des pistes que j'ai le plus appréciées cette année, bien construite, avec un bon dénivelé, où je peux vraiment bien exprimer mon ski. Avoir gagné ici me donne beaucoup de confiance en vue des Jeux. C'est parfait." 

"C'est le titre qui me manque"

Il faudra donc être au top le jour J, très précisément le 12 février 2018.  "Coupe du monde, championnats du monde, Jeux Olympiques, pour moi tout est important", affirme-t-il. "À chaque fois que je suis dans le portillon de départ, je donne tout ce que j'ai. Mais si je regarde les Jeux Olympiques, c'est une journée en quatre ans. Cela ne demande pas nécessairement de savoir qui est le meilleur skieur, mais il faut être capable de donner le meilleur de soi. Une journée en quatre ans, c'est vraiment impressionnant, et c'est tout ce qu'on recherche. La médaille d'or olympique, c'est la plus importante dans le sport. J'ai toujours dit ça, parce que c'est le titre qui me manque !"

À Sotchi en 2014, arrivé comme la nouvelle sensation des bosses, Mikaël Kingsbury avait subi la loi d'Alexandre Bilodeau, qui avait réussi à mettre fin à sa carrière en remportant son deuxième titre consécutif aux Jeux pour un doublé canadien, puisque son jeune coéquipier québécois avait pris la médaille d'argent. "Le ski freestyle canadien a de l'avenir, il y a plein de jeunes qui montent et je suis heureux de partager le podium avec l'un d'entre eux. Mikaël va gagner tout ce qui se présente quand je vais partir", avait dit  Alexandre Bilodeau après sa victoire. Et il a vu juste !

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Les enseignements d'une première expérience olympique

Quatre ans et quatre victoires plus tard au classement général de la Coupe du monde, Mikaël Kingsbury explique : "Ça a été toute une expérience pour moi de participer à mes premiers Jeux, d'avoir gagné une médaille, et d'avoir connu la pression d'être premier après la deuxième partie de la finale, donc, je sais ce que c'est de s'élancer le dernier dans la super-finale à six concurrents, je sais officiellement à quoi ressemble la pression olympique et je sais à quoi m'attendre. C'est toujours "gros", et il y a toujours des histoires différentes à chaque édition, mais je suis plus mature, et je sais ce que j'ai besoin de faire. C'est important d'être stratégique, et d'avoir du fun en skiant, c'est là que je suis au top."  Lorsqu'il démarre la saison olympique le 9 décembre 2017 à Ruka (Finlande), Mikael Kingsbury s'impose, largement, puis poursuit sa série à Thaiwoo (Chine) les 21 et 22 du même mois avec deux succès supplémentaires, établissant un nouveau record de dix victoires consécutives en Coupe du monde depuis l'exercice précédent, en février dernier.

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Mikaël Kingsbury s'inscrit pleinement dans la tradition des bosses québécoises, qui a produit les champions olympiques Jean-Luc Brassard en 1994, Alexandre Bilodeau en 2010 et 2014, et les sœurs Justine et Chloé Dufour-Lapointe, auteures du doublé à Sotchi 2014. Il regarde et soutient les jeunes générations qui montent en disant "c'est bien que la roue tourne, Brassard, Bilodeau… et j'espère moi aussi !" Il ne lui reste donc plus qu’à devenir champion olympique et c’est évidemment en favori qu'il s’élancera en haut de la piste bosselée du Bokwang Phoenix Park pour tenter de gagner la plus importante course de sa carrière.

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