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2016 Getty Images
Date
14 oct. 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Natation

Michael Phelps illumine les épreuves de natation masculine

Avec 6 médailles, dont 5 en or, pour terminer sa fabuleuse carrière avec 23 titres et 28 podiums, Michael Phelps a de nouveau été le nageur, et même l’athlète le plus titré des Jeux de Rio 2016, toutes disciplines confondues. Ses prouesses ont rythmé une semaine aquatique qui a aussi souri à son compatriote Ryan Murphy, à l’Australien Kyle Chalmers sur 100 m nage libre, au Britannique Adam Peaty en brasse, au Chinois Sun Yang, ou au Singapourien Joseph Schooling et au Kazakh Dmitryi Balandin qui ont signé de belles premières pour leurs pays.

La première médaille d'or de natation des Jeux de Rio est revenue au Japonais Kosuke Hagino au lendemain de la cérémonie d’ouverture, samedi 6 août, sur 400 m 4 nages. En 4 min 06 sec 05, il est devenu le troisième performeur mondial de tous les temps dans une épreuve décrite par l'Américain Michael Phelps comme le « décathlon de la natation ». Hagino a battu en 4 min 06 sec 05 l’Américain Case Kalisz (4 min 06 sec 75) qui avait pourtant signé le meilleur temps des séries. Daiya Seto a accompagné son compatriote Hagino sur le podium en s’adjugeant le bronze en 4 min 09 sec 71.

De son côté, l’Australien Mack Horton a battu le Chinois Sun Yang sur 400 m nage libre. Champion olympique 2012 et double champion du monde en titre, Sun était annoncé comme favori pour conserver son titre sur la distance. Mais Mack Horton n’était pas de cet avis. Seulement sixième après 150 m de course en finale, Horton a pris les commandes avant les 350 m pour ne plus les lâcher malgré la pression de Sun dans la dernière longueur. Une fois la médaille d'or autour du cou, l'Australien âgé de 20 ans au look de Harry Potter a expliqué : « Dans les cinquante derniers mètres, j'ai pensé que n'avais pas d'autre choix que de l’emporter. ». Horton a terminé en 3 min 41 sec 55 devant Sun (3 min 41 sec 68) et Gabriele Detti (3  min 42 sec 49) qui a gagné la première médaille de l’Italie à Rio.

La même soirée, le Britannique Adam Peaty a signé en séries du 100 m brasse le premier record du monde de natation des Jeux Olympiques de Rio. Il a amélioré de 37 centièmes son propre record du monde en prenant le large sur la concurrence, touchant le mur en 57 sec 55, avec 1 sec 36 d'avance sur le deuxième. « Après 50 m, je savais que j'allais vite et quand j'ai entendu les cris de la foule dans les 25 derniers mètres, je me suis dit : ‘Il n'y a pas de Brésiliens dans cette course, il doit bien y avoir une raison à leurs encouragements’ », a expliqué le Britannique de 21  ans, qui disputait ses premiers Jeux.

7 août : Michael Phelps toujours plus haut, Adam Peaty fait tomber son record

Michael Phelps s’est montré décisif dans le relais 4 x 100 m nage libre lors de la 2e soirée de natation au stade olympique aquatique. Le relais américain, composé de Caeleb Dressel, Michael Phelps, Ryan Held et Nathan Adrian, a battu la France de 61 centièmes en finale. Michael Phelps a accroché sa 19e médaille d'or aux Jeux Olympiques depuis 2004, et est monté sur son 23e podium.

Pour les quatre Français - Mehdy Metella, Fabien Gilot, Florent Manaudou et Jérémy Stravius -, ce sont en effet quatre ans d'invincibilité qui venaient de mourir au Brésil ! Une série qui remontait à leur sacre olympique à Londres devant les États-Unis de Phelps. Malgré un bon départ de Metella, les Français (3 min 10 sec 53) n'ont jamais réellement pu lutter avec le quatuor américain (3 min 09 sec 92). L’Australie (James Roberts, Kyle Chalmers, James Magnussen et Cameron McEvoy) a pris la médaille de bronze en 3 min 11 sec 37.

Pour son entrée en lice à Rio, Phelps, le nageur de Baltimore, a effectué un excellent passage en deuxième position (47 sec 12, plus rapide qu’à Londres en 2012) où il a porté son équipe en tête. « Quand j'ai pris le relais, j'ai cru que mon cœur allait exploser, on voulait cette victoire tellement fort, a déclaré Phelps. Les jeunes (Ryan Held et Caeleb Dressel) ont commencé à pleurer sur le podium et j'ai pleuré avec eux. On voulait tellement gagner cette course ! »

Sur 100 m brasse, le Britannique Adam Peaty (57 sec 13) a amélioré son record du monde pour la deuxième fois en deux jours. Il a mis fin à 28 ans d’attente chez les hommes pour le « Team GB » en natation, en devançant le Sud-Africain Cameron van der Burgh (58 sec 69) et l’Américain Cody Miller (58 sec 87). Premier champion olympique britannique dans la piscine depuis Adrian Moorhouse sur la même distance à Séoul en 1988, Adam Peaty a expliqué : « C’était une de mes nombreuses sources de motivation en venant ici. C’était toujours dans un coin de ma tête. 28 ans, c’est très long, et je me disais qu’être la première personne à combler ce vide serait un honneur. Rien n’a plus de valeur pour moi que courir pour mon pays, courir pour la Reine, la famille royale, et pour les gens qui me soutiennent tant à la maison. »

8 août : Sun Yang et Ryan Murphy à l’honneur

Le Chinois Sun Yang a remporté le titre du 200 m nage libre, deux jours après sa médaille d'argent sur 400 m nage libre. En 1 min 44 sec 65, Sun a devancé le Sud-Africain Chad le Clos (2e en 1 min 45 sec 20), le champion olympique en titre du 200 m papillon, et l'Américain Conor Dwyer (3e en 1 min 45 sec 23). Troisième aux 150 m, Sun s'est imposé sur la dernière longueur en remontant Dwyer puis Le Clos, qui était parti rapidement, dans le tempo du record du monde aux 50 m. A Rio, le Chinois de 24 ans est parti peu ou prou sur les mêmes bases qu'aux Jeux de Londres 2012, où il avait décroché l'argent sur 200 m nage libre, l'or sur 400 et 1500 m nage  libre et le bronze sur le relais 4 x 200 m nage libre.

L’Américain Ryan Murphy a touché le mur le premier en finale du 100 m dos en s'approchant du record du monde et a confirmé l'hégémonie américaine sur cette épreuve aux Jeux. Murphy, qui a manqué d'égaler la meilleure marque de tous les temps pour 3 centièmes (en 51 sec 97), a devancé sur le podium le Chinois Xu Jiayu (52 sec 31) et son compatriote David Plummer (52 sec 40). L'Australien Mitchell Larkin, champion du monde en titre, a pris la 4e place, à 3 centièmes du podium. Lors des sélections américaines, Murphy et Plummer avaient empêché Matt Grevers d'obtenir son ticket pour Rio afin de défendre son titre du 100 m dos, acquis à Londres en 2012. « J’ai encore tellement d’adrénaline, s’est exclamé Ryan Murphy. Je me ressens aucune fatigue tellement je suis excité. Cela signifie tout pour moi. Je nage depuis déjà seize ans, et parvenir à ça, c’est un rêve qui devient réalité. »

9 août : Michael Phelps au sommet de son art!

D'exploit en exploit, Michael Phelps a continué de nourrir son incroyable légende : l'homme le plus titré de l'histoire des Jeux Olympiques a croqué ses 20e et 21e médailles d'or, portant son gargantuesque bilan à 25 médailles, tous métaux confondus. Dans cette soirée au goût d’éternité au stade aquatique olympique, le nageur de Baltimore a fait les délices de la natation américaine, gagnant en l'espace d'une heure le 200 m papillon puis le relais 4 x 200 m nage libre.

« L'autre nuit, je discutais avec Bob Bowman (son entraîneur) et il y a un truc qui m'est venu en tête : ça fait un sacré paquet de médailles ! On a quand même beaucoup de médailles. C'est juste irréel, » s'est amusé Michael Phelps devant la presse, à... une heure du matin! « Je voulais tellement l'avoir à nouveau cette médaille sur 200 m papillon. Je me fiche du chrono, je suis juste heureux de l'avoir gagnée », a-t-il souligné avant de conclure dans la foulée de la victoire en relais : « Je suis si fatigué… »

Plus mûr, plus serein, Phelps a pris le temps de savourer le bonheur rare d'une telle soirée. On l'a vu exulter comme jamais au moment de reconquérir l'or olympique du 200 m papillon, sa distance fétiche, sur laquelle il avait perdu sa couronne en 2012 à Londres. Il a aussi pris le temps de communier avec ses proches, médaille du « 200 pap’ » au cou : grimpant dans les tribunes, il est allé embrasser sa fiancée Nicole Johnson, puis sa mère Debbie. Et il a tendrement embrassé son fils âgé de trois mois, en le prenant dans ses bras.

Lorsqu'il grandira, le petit Boomer Phelps se rendra sans doute mieux compte des performances de son héros de père : l'Américain est devenu le premier nageur à remporter quatre médailles olympiques dans la même épreuve individuelle, résistant jusqu'au bout au Japonais Masato Sakai, médaillé d'argent, et au jeune Hongrois Tamas Kenderesi (19 ans). Phelps l’a emporté pour 4 centièmes de seconde, touchant le mur en 1 min 53 sec 36, Sakai terminant en 1 min 53 sec 40 et Kenderesi en 1 min 53 sec 62, alors que le tenant du titre, le Sud-Africain Chad Le Clos, a fini au pied du podium en 1 min 54 sec 06.

Et malgré un programme de courses très rapprochées, Phelps a ensuite mené à bon port l'équipe américaine du 4 x 200 m nage libre en assurant l'ultime relais après Conor Dwyer, Townley Haas et Ryan Lochte, qui avaient creusé une large avance (victoire en 7 min 00 sec 66). La Grande-Bretagne a pris la médaille d’argent (7 min 03 sec 13), et le Japon celle de bronze (7 min 03 sec 50).

Phelps a aussitôt reçu l'ovation méritée du public du bassin olympique. Sorti de l'eau, Phelps s'est assis sur son plot de départ, éreinté mais heureux. Conscient d'être devenu, en l'espace d'une heure, l'un des héros des Jeux de Rio.

10 août : Dmitriy Balandin entre dans l’histoire, Kyle Chalmers roi du sprint

De la nouveauté dans la nuit du stade olympique aquatique ! Dmitriy Balandin a créé une des plus belles sensations de la semaine en remportant le titre du 200 m brasse, le tout premier du Kazakhstan en natation. Dmitry Balandin s’était faufilé en finale avec le huitième temps des qualifications du 200 m brasse hommes, mais il a réussi à produire la course de sa vie, depuis la ligne extérieure (la 8) pour arracher la victoire dans une épreuve particulièrement ouverte où les huit finalistes ont terminé séparés de seulement 88 centièmes de seconde! Balandin, qui a perdu une année entière de sa carrière pour soigner une sérieuse blessure au genou et qui est revenu dans les bassins en 2014, s’est imposé en 2 min 07 sec 46, battant l’Américain Josh Prenot à la touche, pour 7 centièmes de seconde. L’adolescent russe Anton Chupkov a terminé troisième à seulement 24 centièmes!

« C’est le plus grand honneur, et la chose la plus énorme que j’ai pu offrir à mon pays ! » a dit Balandin. « C’est l’histoire, parce qu’il s’agit de la première médaille d’or en natation pour le Kazakhstan, et je suis si fier et heureux d’avoir été celui qui l’a obtenue. Je pense que mes compatriotes vont boire à ma santé cette nuit! »

Ce 10 août, le bassin de Rio a également consacré un nouveau roi du sprint : l'Australien Kyle Chalmers s'est arrogé le trône du 100 m nage libre, devenant à 18 ans le plus jeune vainqueur de l'épreuve reine de la natation depuis 1980. Qui aurait parié sur l'avènement du dauphin d'Adélaïde, quand tout le monde parlait de son compatriote et ami Cameron McEvoy (7e) ou du tenant du titre, l'Américain Nathan Adrian (3e) ? Mais au royaume de la vitesse, l'éphémère est roi. Et c'est Chalmers qui est venu ceindre la couronne olympique, la première de l'Australie sur la prestigieuse distance depuis Mike Wenden en 1968. Chalmers s'est imposé en 47 sec 58, record du monde juniors. Dans une finale serrée, il a devancé le Belge Pieter Timmers (47 sec 80), médaillé d'argent, et le champion olympique de Londres 2012, Adrian (47 sec 85), qui a dû se contenter du bronze.

La fin d'une longue attente pour l’Australie, mais rien qui émeuve ce jeune homme très pressé, qui a pourtant réussi là où ses prédécesseurs Eamon Sullivan (2e en 2008) et James Magnussen (2e en 2012) n’avaient pas connu la réussite.

11 août : Michael Phelps insurpassable!

Michael Phelps a décroché sa 22e médaille d'or en remportant le 200 m 4 nages pour la quatrième fois consécutive, cimentant encore un peu plus son statut de plus grand olympien de l’histoire. Pour Michael Phelps, « chaque jour est un rêve. Enfant, je voulais faire quelque chose que personne n'avait jamais fait et c'est ça qui me plaît », a-t-il dit. Il est devenu le premier nageur de l'histoire à remporter une épreuve individuelle quatre fois consécutivement aux Jeux.

L'Américain a pris les commandes sur les 50 m de brasse avant de creuser l'écart sur la dernière longueur, en crawl, pour finir en 1 min 54 sec 66, avec près de deux secondes d'avance sur le Japonais Kosuke Hagino (1 min 56 sec 61). Le Chinois Whang Sun a pris le bronze en 1 min 57 sec 05. « On avait pas mal travaillé la brasse, je crois que ça s'est vu, a souligné le mentor de Phelps, Bob Bowman. Je pense que Michael en a surpris plus d'un! »

« Gagner de cette manière, c'est quelque chose de spécial et c'est pour ça que j'exprime de plus en plus mes émotions sur le podium », a soufflé le nageur de Baltimore. Avec ces quatre titres consécutifs sur 200 m 4 nages, Phelps rejoint dans les annales olympiques ses compatriotes Al Oerter, titré au lancer du disque de 1956 à 1968, et Carl Lewis, médaillé d'or au saut en longueur de 1984 à 1996.

Son compatriote Ryan Murphy, déjà titré sur 100 m dos a réussi le doublé des épreuves de dos en enlevant le 200 m. En 1 min 53 sec 62, l'Américain de 21 ans a devancé l'Australien Mitchell Larkin (2e en 1 min 53 sec 96), champion du monde en titre des 100 et 200 m dos, et le jeune Russe Evgeny Rylov (3e en 1 min 53 sec 97, record d'Europe), 19 ans et médaillé de bronze aux championnats du monde 2015.

Après une première longueur maîtrisée (4e aux 50 m), Murphy a viré en tête à mi-course et n'a plus lâché la première place, creusant doucement l'écart sur Larkin, qui était en quête de revanche après son manque de réussite sur 100 m dos (4e à 03/100 du podium). Le Chinois Xu Jiayu, 20 ans et médaillé d'argent sur 100 m dos, a terminé 4e. Le Japonais Ryosuke Irie, deuxième performeur de l'histoire (1 min 52 sec 51 en 2009), a pris la 8e et dernière place.

« Les deux courses étaient très différentes, a noté Ryan Murphy. Le 100 m c'est davantage ma distance de prédilection. Sur 200 m, il faut aller chercher vraiment au fond de soi. C'est pour cette distance que je me suis le plus entraîné tout au long de l'année. C'est celui que je voulais le plus, et donc je pense que c'est celui qui a le plus de signification pour moi. »

12 août : Joseph Schooling ouvre le compteur de Singapour

Historique jusqu'au bout : même s'il a été battu, Michael Phelps a clos sa carrière individuelle par une médaille d'argent partagée avec deux autres nageurs sur 100 m papillon, un cas inédit aux Jeux, soit la 27e médaille de son immense palmarès.

L'Américain aurait sans doute préféré conserver sa triple couronne du 100 m papillon (2004, 2008, 2012), conquise par le jeune Singapourien Joseph Schooling (21 ans), a qui décroché le premier titre de son pays aux Jeux ! Ce dernier, qui vit aux États-Unis, a volontiers reconnu que Phelps était son idole. Et il fallait le voir discuter, l'air intimidé, avec le champion américain juste après la cérémonie de remise des médailles. « Je lui ai dit de continuer quatre années de plus, et il a dit : ‘Pas question’!, a raconté le Singapourien. Avec un peu de chance, il changera d'avis. C'était chouette, j'ai apprécié de courir contre Michael. »

La cérémonie des médailles a été mémorable : Phelps est monté sur le podium aux côtés de deux autres nageurs, le Sud-Africain Chad Le Clos et le Hongrois Laszlo Cseh, avec qui il a partagé la médaille d'argent après avoir signé le même temps (51 sec 14) derrière Schooling (50 sec 39). Aucune médaille de bronze n'a été décernée. « Chad et moi avons disputé pas mal de courses ces quatre dernières années et Laszlo et moi... je ne peux même pas me souvenir de la première fois qu'on s'est affrontés. Donc c'est assez spécial et c'est une belle manière pour moi de terminer ma dernière course en individuel », a commenté Phelps.

Anthony Ervin a également remonté le temps : seize ans après son premier titre olympique sur la distance à Sydney, l'Américain âgé de 35 ans s'est à nouveau imposé sur le 50 m nage libre. Il l’a emporté en 21 sec 40, devançant d'un tout petit centième le favori français Florent Manaudou (21 sec 41). Un autre Américain, Nathan Adrian, déjà médaillé de bronze sur 100 m nage libre, a pris la 3e place (21 sec 49). Sacrée performance pour Ervin, qui n'avait pas franchi le stade des demi-finales aux Mondiaux 2015 de Kazan (Russie), où Manaudou s'était imposé.

« C’est arrivé comme ça : j’ai touché, juste touché le mur. Un petit centième, vous savez, vous ne pouvez pas contrôler ça. Tout ce que je peux contrôler, c’est la façon dont je fais les choses », a dit Ervin, humble dans la victoire, et qui est devenu à 35 ans le plus vieux champion olympique de natation.

C'est une déception pour le nageur de Marseille, qui comptait devenir le premier nageur français à conserver un titre olympique, ce que sa sœur Laure n'avait pas réussi à faire à Beijing en 2008. Manaudou était invaincu en grands championnats depuis deux ans (Euro 2014 et 2016, Mondiaux 2015). En demi-finale, il avait annoncé sa présence en réalisant la meilleure performance mondiale de la saison (21 sec 32). « Je suis venu ici pour gagner, et le sport, c’est aussi connaitre la défaite. Je ne sais pas si je vais continuer la natation. J’ai besoin d’un break », a dit Florent Manaudou.

13 août : plus vite, plus haut, plus Phelps !

Toutes les meilleures choses ont une fin, même pour Michael Phelps, qui a conclu sa fabuleuse carrière en remportant sa 23e médaille d'or olympique, laissant une empreinte indélébile dans l'histoire du sport. Le relais 4 x 100 m 4 nages aura été sa dernière course dorée.

L'olympien le plus médaillé de tous les temps a tiré sa révérence avec un total de 28 médailles, réparties sur quatre éditions des Jeux (depuis 2004). L'or de la retraite est venu sur l'épreuve collective, qui clôture traditionnellement le programme olympique de natation.

Avec Phelps en nage papillon, les Américains se sont imposés en 3 min 27sec 95, record olympique, devant les Britanniques (Chris Walker-Hebborn, Adam Peaty, James Guy et Duncan Scott, 3 min 29 sec 04) et les Australiens (Mitch Larkin, Jake Packard, David Morgan et Kyle Chalmers, 3 min 29 sec 93).

Après les 100 derniers mètres de sa carrière, en papillon, Phelps est sorti rapidement de la piscine et a couru rejoindre ses coéquipiers afin d'être avec eux au moment de la touche victorieuse de Nathan Adrian en nage libre. Quelques minutes après l'arrivée, il était encore essoufflé et avait les yeux embués alors que sa fiancée Nicole, portant leur fils Boomer dans ses bras, et sa mère Debbie pleuraient dans les tribunes. Et c'est encore au bord des larmes qu'il a écouté l'hymne américain pour une ultime fois, la main sur le cœur.

« C'est comme ça que je voulais finir ma carrière, je ne pourrais être plus heureux »,a déclaré Phelps, qui s'est avoué nettement plus ému qu'il y a quatre ans, lorsqu'il avait pris sa retraite une première fois avec 22 médailles autour du cou. « Terminer avec des Jeux comme ça, c'est parfait, a-t-il ajouté. Maintenant, j'ai hâte de commencer un nouveau chapitre de ma vie. »

A Rio, Phelps a amassé 6 médailles dont cinq en or. Il avait déjà remporté 8 médailles à Athènes 2004 (dont 6 en or), 8 à Pékin 2008 (toutes en or) et 6 à Londres 2012 (4 en or), où il avait battu le record du nombre total de médailles olympiques pour un athlète.

© Getty Images
Sur 1500 m nage libre, Gregorio Paltrinieri s'est adjugé l'or un an après son titre de champion du monde, décrochant l'unique titre de l'Italie dans le bassin carioca. En 14 min 34 sec 57, l'Italien de 21 ans a devancé l'Américain Connor Jaeger (14 min 39 sec 48) et son compatriote Gabriele Detti (14 min 40 sec 86). Paltrinieri, triple champion d'Europe de la longue distance, est le premier Italien sacré champion olympique de cette épreuve et permet à son pays de décrocher son premier et unique titre individuel de natation aux Jeux de Rio. L'Américain Jaeger avait déjà terminé deuxième derrière Paltrinieri l'an dernier aux Championnats du monde 2015 à Kazan (Russie).
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