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Date
09 déc. 2014
Tags
Femmes dans le sport , Actu CIO

Meriem Cherni Mizouni: « C’est la plus belle consécration de toute une vie vouée au sport ! »

Secrétaire d’État aux Sports et présidente de la commission femme et sport du Comité National Olympique (CNO) tunisien, l’ancienne nageuse Meriem Cherni Mizouni, qui fut par ailleurs la première Tunisienne à faire partie de la délégation officielle de son pays aux Jeux Olympiques de 1976 à Montréal, a consacré sa vie à la promotion et à l’intégration de la femme dans le sport à tous les niveaux. Aujourd’hui, elle est récompensée par le CIO qui lui décerne son Trophée mondial « Femme et Sport » 2014. Rencontre avec la lauréate.


Que représente pour vous ce trophée?
« Un grand moment d’émotion et de fierté. C’est la plus belle consécration de toute une vie vouée au sport. Je suis surtout fière pour mon pays, la Tunisie, qui n’a cessé, depuis son indépendance, de militer pour le progrès, l’ouverture et la tolérance. Fière pour la femme tunisienne, devenue au fil du temps un symbole de la lutte contre la haine, la violence, le fanatisme et l’obscurantisme. Fière pour mon CNO, résolument engagé en faveur des valeurs olympiques. Fière pour la commission femme et sport, et pour tous les sportifs et sportives de Tunisie. C’est à eux tous que je dédie cette distinction, avec une mention spéciale pour la femme tunisienne qui a participé et qui participe encore activement au développement de la Tunisie et à la consécration de la paix dans notre pays.»

Quel impact aura ce prix sur la suite de vos objectifs pour la promotion des femmes dans le monde du sport ?
« Ce prix va, je l’espère, permettre l’accès au sport à davantage de femmes de tous âges et de toutes catégories sociales, à travers le lancement d’un projet baptisé «La caravane olympique féminine». En réponse aux demandes de plusieurs villes et associations féminines, la commission femme et sport, forte de la réussite de deux événements majeurs : « La Nuit du sport féminin » (2012) et « Le Festival du sport féminin » (2014),, a proposé de poursuivre cette initiative durant toute l’année 2015 à raison d’une manifestation par mois au profit de plusieurs régions du pays, essentiellement les plus défavorisées et les moins sensibilisées à la pratique sportive féminine. Le programme sera lancé dans 12 villes du pays. Les clubs féminins, les structures scolaires et le grand public seront les principaux groupes ciblés. Par ailleurs, ce prix nous permettra de réaliser un travail de recherche pour l’élaboration d’une cartographie de la situation du sport féminin en Tunisie et les programmes à développer. »

Pourquoi cette cartographie ?
« Multiples sont les intervenants dans le secteur femme et sport : universités, associations sportives, ministères, CNO tunisien, etc., mais actuellement nous ne disposons pas d’une cartographie nationale qui nous permette d’identifier avec précision où, quand et comment le sport est pratiqué par la femme tunisienne. L’objectif est donc d’identifier et de répertorier les pratiques sportives féminines, de définir quelles sont leurs forces et leurs faiblesses et de proposer un plan de développement. »

Qui vous a poussée à vous intéresser au sport, et surtout, à vous engager dans la cause des femmes dans le sport ?
« Je dois ma vocation et toute ma carrière à mon père, lui-même entraîneur de natation. C’est lui qui m’a conduite dès l’âge de quatre ans à la piscine et m’a appris à nager. À l’époque, le leader du pays encourageait l’émancipation de la femme. J’étais donc fière d’être parmi celles qui incarnaient l’égalité prônée entre les garçons et les filles. Petit à petit, je me suis engagée à faire de la vulgarisation de la pratique sportive féminine une affaire personnelle ; surtout quand je suis devenue championne dans mon pays. J’avais envie que toutes les filles de Tunisie goûtent au bonheur que procure le podium et au fait de voir hisser son drapeau national lors des évènements sportifs internationaux. Depuis, je ne cesse d’œuvrer dans ce sens, à travers tous les postes à responsabilités que j’ai occupés allant de formateur-entraîneur, dirigeante, juge international de ma discipline, à présidente de la commission femme et sport du CNO tunisien, et ensuite, secrétaire d’État chargée du sport.

Quel serait votre message pour cette nouvelle génération de jeunes femmes et de jeunes hommes ?
« Mon message sera un appel à tous, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, à se mobiliser en faveur du sport, à le pratiquer chaque jour, à inciter son entourage à le pratiquer, à s’imprégner des nobles valeurs qu’il véhicule. C’est le meilleur générateur des valeurs de l’amitié et de la solidarité. C’est le garant d’un monde tolérant et pacifique. Il faudrait que nous adhérions tous au combat mené conjointement par le CIO et l’ONU visant à faire du sport un vecteur de développement et de paix. »

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