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Rio 2016

Melanie Behringer : « Ce sera difficile de conserver la médaille d’or du football féminin à Tokyo »

Melanie Behringer a été la star de l’Allemagne à Rio 2016, son pays ayant finalement accompli sa quête d’une médaille d’or olympique de football. Mais elle pense qu’il sera encore plus difficile de conserver ce titre à Tokyo 2020.

 


Melanie Behringer n’est pas allée aux Jeux Olympiques de Rio 2016 dans l’espoir de remporter une médaille d’or - et elle n’avait certainement pas prévu non plus d’ajouter le soulier d’or de Meilleure buteuse du tournoi à la liste de ses exploits.

« Je suis milieu de terrain défensive, donc d’habitude je ne marque pas beaucoup de buts, dit-elle en riant. C’était vraiment une grosse surprise, mais une surprise très agréable. Je ne sais pas comment c’est arrivé. Si je l’ai fait, je pourrai le refaire. »

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La joueuse du Bayern Munich a été la vedette de cette équipe d’Allemagne qui a brisé la mainmise des États-Unis sur le titre olympique féminin. La grande nation européenne du football a dû se contenter de la médaille de bronze à trois reprises (Sydney 2000, Athènes 2004 et Beijing 2008), tandis que l’équipe américaine a remporté quatre des cinq médailles d’or disponibles depuis l’introduction du football féminin dans le programme olympique, à Atlanta 1996. Comme le dit Melanie Behringer, « il était temps que quelqu’un batte les Américaines ».

Elle attribue le succès allemand à un véritable travail collectif. « Notre esprit d’équipe était notre arme secrète. Nous n’avons peut-être pas produit le meilleur football, mais notre cohésion était inébranlable », explique Melanie Behringer, 33 ans. « Nos adversaires avaient peur de notre force collective. Nous avons travaillé très dur sur le terrain et en dehors, car nous savions que c’était notre seule chance pour réussir. »

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« Nous avons fait tout notre possible pour mettre en place les conditions de la victoire et nous nous sommes encouragées mutuellement. Nous avions de bonnes jeunes joueuses, mais aussi des plus âgées qui avaient l’expérience d’autres tournois. C’était une bonne combinaison. »

Le parcours de l’Allemagne vers la gloire n’a pas été facile. Au tirage au sort, les Allemandes sont tombées dans un groupe relevé et ont perdu leur troisième match contre une équipe canadienne talentueuse. « Elles ont été très bonnes et quand nous les avons retrouvées en demi-finale, nous savions qu’il nous faudrait évoluer à notre meilleur niveau pour nous qualifier. Nous avons affronté une grande équipe, solide, mais nous voulions vraiment disputer la finale. »

Une fois son contrat rempli, l’Allemagne a affronté la Suède, devant plus de 52 000 spectateurs, dans l’emblématique stade Maracana de Rio. « Le Brésil est un grand pays de football et le public était très spécial, souligne Melanie Behringer. C’est tellement agréable de jouer devant un si grand nombre de personnes, sachant qu’elles sont là pour vous. En Bundesliga, en Allemagne, il n’y a pas beaucoup de supporters dans les stades - peut-être quelques milliers pour un grand match. Là, c’était très différent. »

L’Allemagne s’est placée dans les meilleures dispositions en ouvrant la marque à la 48e minute grâce à Dzsenifer Marozsan, avant de doubler la mise 14 minutes plus tard, à la faveur d’un but contre son camp de Linda Sembrant. Bien que la Suède ait réduit la marque à la 67e minute avec Stina Blackstenius, les Allemandes se sont finalement imposées 2-1.

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« Nous connaissions cette équipe suédoise depuis longtemps, et nous avions toujours disputé de très bons matches contre elle, explique Melanie Behringer. Nous savions que ce serait difficile et cela s’est vérifié. Le Maracana a été tout simplement exceptionnel. C’était l’ambiance idéale pour une finale. C’est une expérience très différente d’aller aux Jeux Olympiques, mais après, nous étions très heureuses. »

Melanie Behringer minimise ses exploits de goleadora - elle a été la meilleure buteuse du tournoi, avec cinq buts – qu’elle qualifie d’insignifiants (« l’essentiel était de remporter l’or »). Elle espère cependant que cette victoire, qui a fait l’objet d’une grande publicité en Allemagne, a contribué à améliorer l’image du football féminin.

« Cela a été un grand moment pour le football féminin en Allemagne, dit-elle. Nous avons été la première équipe à remporter un titre. Auparavant, nous terminions souvent à la troisième place, alors nous voulions vraiment l’obtenir. Nous avons peut-être été un peu en retard sur les États-Unis, mais toutes les équipes progressent aujourd’hui. »

Melanie Behringer ne pense pourtant pas que l’exploit de l’équipe allemande suffise à la placer au rang de favorite pour Tokyo 2020. Les Allemandes ne se sont même pas qualifiées pour Londres 2012 et le processus de qualification pour les prochains Jeux s’avère également compliqué, avec l’émergence de nombreuses nations européennes fortes. Deux adversaires traditionnelles des Allemandes, en particulier, ont de fortes chances de bien se comporter lors de la Coupe du monde féminine de la FIFA, qui aura lieu cette année en France, et d’y décrocher leur billet pour les Jeux Olympiques.

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« Il y a eu quelques investissements dans notre sport, mais pas autant que dans d’autres pays. La France sera très forte et l’Angleterre aussi, souligne Melanie Behringer. Il sera déjà difficile pour l’Allemagne de se qualifier pour Tokyo, car toutes les autres équipes ont beaucoup progressé. C’est un grand pas en avant et ça devrait donner une Coupe du monde très intéressante. »

« L’équipe anglaise a toujours été athlétique et rapide, mais aujourd’hui elle est bien meilleure dans le jeu. Le championnat anglais est très relevé, avec des équipes comme Arsenal et Chelsea qui investissent beaucoup d’argent. Je pense que d’autres bonnes joueuses vont finir par percer en Angleterre. Notre sport est en pleine évolution. L’équipe de France est aussi excellente techniquement. Ses joueuses ont de très bonnes chances devant leur public. »

France 2019 et Tokyo 2020 permettront d’identifier les meilleures équipes féminines de la planète, et les équipes européennes ont désormais autant de chances de gagner que les États-Unis. Ayant remporté à la fois une Coupe du monde (en 2007) et une médaille d’or olympique, Melanie Behringer sait que toutes deux ont une saveur très spéciale. « À mon avis, c’est mieux de gagner le titre olympique, dit-elle, mais ce n’est pas une question facile. J’ai de la chance d’avoir pu gagner les deux. »

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