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Date
31 déc. 2005
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Actu CIO

Meilleurs voeux pour 2006 - Entretien avec Jacques Rogge


olympic.org - Président, quels sont, selon vous, les éléments les plus significatifs des quatre premières années de votre mandat à la tête du CIO ?
 
JR : Difficile de faire  son propre bilan. Je préfère que d'autres s'en chargent et me fassent part de leurs sentiments ! Cependant, j'ai aujourd'hui toutes les raisons d'être satisfait du travail accompli par le CIO au cours de ces quatre dernières années.
 
Tout d'abord - et c'est essentiel - il convient de se souvenir du succès des trois dernières éditions des Jeux Olympiques, Sydney en 2000, Salt Lake City en 2002 et Athènes en 2004. Je tiens à mentionner les Jeux de Sydney parce que, après les difficultés d'organisation rencontrées à Atlanta en 1996 et la crise institutionnelle qui frappa le CIO en 1998, ils ont été l'occasion d'une réconciliation au sein de la famille olympique et demeurent une référence en termes d'excellence*. Ce succès a encouragé un grand nombre de villes, parmi les plus prestigieuses du monde, à poser leurs candidatures pour l'organisation des Jeux en 2012 et 2014. Un privilège pour le CIO.
 
Gérer les Jeux et garantir leur pérennité ont été deux de nos priorités. Je suis heureux de constater l'efficacité des mécanismes instaurés pour assurer la qualité de l'organisation de chaque édition. Je pense en particulier aux recommandations de la commission d'étude des Jeux Olympiques qui assurent un meilleur contrôle du coût et de la complexité des JO, permettent un transfert de connaissances au profit des villes candidates et organisatrices et imposent une revue systématique du programme olympique. D'autres mesures ont également été prises afin  d'améliorer le système d'évaluation des performances dans certains sports.
 
Dans le même temps, le CIO a poursuivi ses efforts allant dans le sens d'une plus grande transparence : des audits internes et externes ont été conduits pour améliorer l'organisation de l'administration; nous avons adopté des règles relatives aux conflits d'intérêts qui se sont, à plusieurs reprises, révélées utiles; le principe de tolérance zéro a été appliqué aux comportements contraires à l'éthique - des membres ou d'autres individus ayant terni la réputation de l'organisation ont été exclus ou sanctionnés, les athlètes n'ayant pas respecté les règles antidopage ont été disqualifiés ou exclus des Jeux. Ces actions ont un objectif commun : protéger le CIO et les valeurs que nous souhaitons promouvoir.
 
Nous avons augmenté nos revenus - surtout nos réserves financières - jusqu'à un niveau permettant au CIO de poursuivre ses activités dans l'hypothèse où une édition des Jeux ne pourrait pas avoir lieu. Les négociations des droits de télévision pour 2010 et 2012 ont été extrêmement fructueuses aux États-Unis, au Canada et en Europe. Les contrats avec nos partenaires TOP se renouvellent de manière régulière. Financièrement, le CIO est dans une situation très saine et cela nous permet de contribuer toujours plus au développement du sport à travers le monde.
 
Lorsqu'on évoque le bilan des années écoulées, il me semble que ces faits parlent d'eux-mêmes.
 
   
La 117e Session à Singapour a constitué le temps fort de cette année sans Jeux. Quels enseignements en tirez-vous ?
Il est évident que Singapour a été un moment essentiel pour le CIO. Londres a été élue ville organisatrice des Jeux de 2012. Cinq candidats sérieux s'offraient à notre choix, tous dotés de projets de grande qualité. La compétition s'est révélée serrée, je m'y attendais. Londres a démontré sa capacité à accueillir d'excellents Jeux et y a associé une vision extraordinairement forte du sport comme source d'inspiration pour la jeunesse de demain. Nous attendons beaucoup de notre collaboration avec le LOCOG durant les sept prochaines années.  
À Singapour, pour la première fois en près de 70 ans, le CIO a voté sur la modification du programme olympique. Cela montre clairement notre détermination à conserver les sports pertinents et motivants pour les jeunes, aujourd'hui comme demain. Il est désormais prouvé que la revue systématique du programme est un exercice précieux que nous devons poursuivre, et que nous poursuivrons. Nous reconnaissons également que la procédure actuelle ne facilite pas l'entrée de nouveaux sports. Il s'agit d'un point que nous étudierons avant 2009.
   
Prochain défi, les Jeux Olympiques d'hiver à Turin. Qu'en attendez-vous ?
Que Turin et ses montagnes s'enflamment pour les Jeux, avec passion, comme dit la devise "La passion vit ici". L'image des Jeux et l'image de la ville sont remarquables et d'une grande modernité. Elles feront en sorte que chaque spectateur présent ressente cet esprit italien et devraient aussi garantir que ce message de passion touche les téléspectateurs du monde entier.
 
Ce que j'attends par-dessus tout avec impatience, ce sont les compétitions sportives. Quelles seront les performances qui resteront dans nos mémoires comme symboles de ces Jeux ? Seront-elles l'oeuvre de favoris confirmés ou de nouveaux talents ? Pour les réponses, nous devrons attendre la fin des épreuves. Je suis convaincu que tous les visiteurs de notre site Internet se joindront à moi pour souhaiter bonne chance à tous les athlètes. Qu'ils aient tous l'occasion de donner le meilleur d'eux-mêmes !
   
Que se passera-t-il entre Turin 2006 et Beijing 2008 ?  
Une année sans Jeux ne signifie pas que nous allons nous reposer sur nos lauriers. Regardez 2005 ! Nous préparerons l'élection de la ville organisatrice des Jeux d'hiver de 2014, prévue à Guatemala City en juillet 2007, et aussi le Congrès olympique, que j'ai décidé d'organiser en 2009. Le temps sera venu de réfléchir aux décisions, aux procédures et de garantir que celles-ci puissent être mises en oeuvre efficacement et améliorées, si nécessaire. Nous nous concentrerons sur des activités souvent reléguées au second plan durant les années olympiques. La priorité sera ainsi donnée à la promotion de nos valeurs à travers le travail de la Solidarité Olympique et de commissions telles que les commissions femme et sport ou sport et environnement, ainsi qu'à notre collaboration avec les Nations Unies pour aider les réfugiés ou accroître la sensibilisation aux risques de maladies comme le SIDA au sein de la communauté sportive.   
   
Vous revenez de Chine. Quel est l'impact des Jeux sur ce pays ?
Lorsqu'on a la chance, comme moi, de se rendre souvent en Chine, on peut mesurer la vitesse à laquelle ce pays se transforme. Depuis l'élection de Beijing en 2001, de grands progrès ont déjà été réalisés. Et il reste encore près de 1 000 jours avant l'ouverture des Jeux. Bien sûr, les Jeux n'ont influé que pour une petite partie sur ces changements économiques et sociaux. Nous ne sommes qu'une petite variable de l'équation, et c'est normal vu la taille de ce pays.
 
À l'ouverture des Jeux, le monde entier aura les yeux tournés vers Beijing, nos amis chinois le savent. Je suis sans cesse impressionné par les efforts et la détermination de tous ceux qui sont chargés de faire de Beijing 2008 les meilleurs Jeux possibles pour les athlètes, les médias, les spectateurs et toute la famille olympique. J'ai hâte que le monde entier découvre les fruits de leurs efforts.
   
Vous voyagez beaucoup et vous avez toujours une succession de rendez-vous. Comment gérez-vous un emploi du temps si chargé ?  
C'est vrai, cette année a été bien remplie. J'ai énormément voyagé à travers les cinq continents pour rendre visite à des Comités Nationaux Olympiques, des comités d'organisation ou des sponsors, assister à des championnats du monde, rencontrer des sportifs le matin, des chefs d'État l'après-midi. Ces visites sont essentielles, elles me permettent d'échanger des idées avec ceux qui vivent le sport au quotidien, de constater les progrès réalisés, et aussi d'identifier les questions à traiter, et pour lesquelles le CIO peut contribuer à trouver des solutions. C'est, tout simplement, une source d'inspiration indispensable pour appréhender le futur et identifier les défis qui attendent le Mouvement olympique.
 
Je passe aussi beaucoup de temps à Lausanne. J'y reçois des visiteurs et suis tenu informé du fonctionnement de l'administration. En fin de compte, il faut être bien organisé et surtout  être passionné !
 
 
 
*Jacques Rogge présida la commission de coordination pour les Jeux de Sydney jusqu'à son élection à la tête du CIO en juillet 2001.
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