skip to content
Getty Images

Martin Fourcade, porte-drapeau de l'équipe de France, aborde les Jeux de PyeongChang avec modestie et ambition !

Difficile d'être plus favori que Martin Fourcade dans les six épreuves de biathlon qui auront lieu dans le stade olympique d'Alpensia, tant le N°1 mondial du côté des hommes domine son sujet et ses adversaires depuis plusieurs saisons. Mais le porte-drapeau français se contente de viser une médaille d'or à Pyeongchang, et plus si tout venait à s'enchaîner comme le déjà quadruple médaillé olympique et tous ses supporters en rêvent !

Martin Fourcade, incontestable n°1 mondial du biathlon, sort d'une saison stratosphérique où il a accumulé les records : 14 victoires, présence sur 22 des 26 podiums de l'hiver, plus haut total de points (1322), troisième Grand Chelem après ceux de 2012-2013 et de 2015-2016 en s'adjugeant la totalité des globes de cristal mis en jeu (le "gros" et les "petits" du sprint, de la poursuite, de l'individuelle et de la mass start) pour porter ton total à 26 globes en tout, et une inédite sixième victoire consécutive au classement général de la Coupe du monde IBU. Sans oublier cinq médailles aux championnats du monde 2017 de Hochfilzen (Autriche)… pour compiler vingt-cinq podiums et  onze titres planétaires depuis les Mondiaux de Khanty-Mansiïsk (Russie) en 2011. Il est le meilleur biathlète français de l'histoire et déjà un des meilleurs de tous les temps.

Les Jeux Olympiques, son seul objectif de l'hiver

"Ca sera dur de faire aussi bien qu'en 2016-2017, et c'est pour cela que je m'entraîne, mais ça sera compliqué !" remarque-t-il. Quoiqu'il en soit, Martin Fourcade, désigné porte-drapeau et capitaine de l'équipe de France olympique pour les Jeux de PyeongChang 2018, ne fait pas de la Coupe du monde 2017-2018 qui débute à Östersund, en Suède fin novembre, un véritable enjeu. 

"Durant cet hiver, je n'ai qu'un but, principal et unique : les Jeux Olympiques. Mais pour être performant aux Jeux, il faut d'abord l'être en Coupe du monde, se prouver des choses à soi-même, et c'est pour cela que je ne la délaisserai pas, je la ferai sans doute dans dans son intégralité. Mais je ne sauverai pas ma saison là-dessus, je ne le vois pas comme ça. Si ça marche en Coupe du monde, ce sera du bonus. Cela dit, pour que je réussisse aux Jeux, il faut d'abord que je sois performant en début de saison ! Pour marquer le terrain, mais aussi pour moi, pour me prouver des choses". dit le jeune père de deux petites filles. 

Déjà le plus médaillé olympique de son pays aux Jeux d'hiver (quatre médailles dont deux en or), et afin de ne pas se mettre trop de pression, Martin Fourcade ne vise dans un premier temps qu'un titre sur les neiges coréennes. En fait, si possible dès la première épreuve, le sprint qui se disputera deux jours après la Cérémonie d'ouverture. "Oui, le sprint, comme ça. on n'en parlera plus ! J'ai dit que mon objectif à PyeongChang c'était de gagner une médaille d'or. Avant d'annoncer "J'en veux trois", il faut d'abord gagner la première. C'est donc mon but. Je serai ensuite plus ambitieux si je venais à décrocher cet objectif-là qui est déjà…. assez ambitieux !"

Getty Images
Un stade de biathlon comme Martin Fourcade les aime

Martin Fourcade connait bien le centre de biathlon d'Alpensia. Il y a tout d'abord disputé ses premiers championnats du monde à 20 ans en 2009. Puis y est revenu les 3 et 4 mars 2017 pour l'épreuve de Coupe du monde pré-olympique : 3e du sprint, vainqueur de la poursuite. Et c'est là qu'il s'est assuré définitivement son 6e gros globe consécutif, tout en égalant sur cette victoire le record que tenait Ole Einar Bjørndalen (12 succès en une saison), avant l'améliorer, disant à chaud : "c'est super que je gagne la Coupe du monde ici, sur le lieu des prochains Jeux. C'est une première grosse émotion à PyeongChang et j'espère qu'il y en aura d'autres l'année prochaine ! ". 

Un stade que Martin Fourcade apprécie : "il est assez venté, et j'aimerais qu'il n'y ait pas ce vent-là pour les Jeux, ça rend les résultats un peu plus aléatoires. C'est un stade que j'apprécie, sur lequel je me sens bien et où j'ai hâte de retourner courir, Un joli stade de biathlon, des belles pistes où on peut faire des écarts, des pistes exigeantes, j'aIme vraiment.".  Quand aux rivaux que le biathlète français estime dangereux, il détaille : "Je ne surveille pas particulièrement mes adversaires, mais si je dois citer un profil, je pense à l'Allemand Benedikt Doll qui est typiquement un biathlète qui n'était pas assez mur l'an dernier, mais qui peut avoir énormément progressé. Ensuite, on connait les favoris, ce sont les frères Johannes et Tarjei Bø, Emil Hegle Svendsen, Anton Shipulin, Dominik Landertinger, Julian Eberhard sur un sprint et Ole Einar Bjørndalen bien sûr…"

Getty Images
Un capitaine ambitieux qui veut montrer l'exemple par la performance

A PyeongChang, Martin Fourcade s'alignera sur les six épreuves, et il aimerait bien briller avec ses camarades dans le relais hommes ou le relais mixte. "Une victoire en relais, ce serait super ! C'est une joie que j'ai connue en relais mixte en 2016 aux Mondiaux d'Oslo. Une médaille collective aux Jeux Olympiques, ça doit être quelque chose… que je n'ai jamais connu pour l'instant. J'espère donc le vivre ! Notre équipe est performante, hommes et femmes, et on aura notre carte à jouer en relais, en étant ambitieux et en sachant se transcender". Quant à la première épreuve de Coupe du monde disputée en France, programmée du 12 au 17 décembre 2017 à Annecy-Le Grand Bornand, il observe : "ça va nous apporter une belle attention médiatique, mais je n'en fais pas un objectif puisque je n'en ai qu'un : les Jeux. Je n'échangerai pour rien au monde une victoire aux Jeux pour un triplé au Grand Bornand !"

Getty Images

Avant de jouer ses chances sur les pistes en montée, en descente et le pas de tir d'Alpensia, Martin Fourcade défilera drapeau en mains en tête de sa délégation le 9 février au stade olympique de Pyeongchang pour une cérémonie qui sera assurément grandiose. "C'est beaucoup d'honneur et de bonheur. Un grand plaisir de pouvoir me glisser dans ce costume. Mais je l'aborde assez simplement, avec l'envie d'être moi, d'être ce que j'ai été ces dix dernières années, c'est la raison pour laquelle on m'a transmis ce rôle, pour laquelle on a estimé que ce que je représentais, que ce que j'avais apporté au ski français méritait cet honneur, cette responsabilité. Je continuerai avec mon franc parler, à m'exprimer sur les sujets sur lesquels j'ai des convictions, mais avec simplicité et en restant abordable pour mes camarades de l'équipe de France et notamment les plus jeunes. Les Jeux Olympiques sont particuliers pour un athlète. Il y a beaucoup de pression. J'ai la chance d'avoir un peu d'expérience, d'avoir déjà réalisé mon rêve de décrocher l'or olympique. Je vais donc pouvoir y aller le coeur plus léger, tout en conservant l'envie de performer et si je peux être utile, je ne m'en priverai pas. Si j'arrive à être abordable, simple, heureux de le faire, ambitieux et performant, je pense que j'aurai réussi mon rôle de capitaine !"

Getty Images
back to top En