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PyeongChang 2018

Martin Fourcade en piste pour devenir le plus grand olympien français !

Il l'a fait : le biathlète Martin Fourcade est entré lundi dans les annales du sport français en se parant d'or pour la 3e fois de sa carrière aux Jeux olympiques d'hiver, égalant le record du légendaire Jean-Claude Killy. Son programme se poursuivant avec l'individuelle 20 km, la mass-start puis le relais hommes qui est désormais sa priorité, sans parler du relais mixte, il peut devenir l'olympien français le plus titré de tous les temps!


Au lendemain de son gros flop sur le sprint (8e), Fourcade était dos au mur mais il a réagi de manière magistrale pour prouver qu'il était bel et bien un champion d'exception et offrir le 2e succès aux Jeux de PyeongChang 2018 à la délégation tricolore après celui de Perrine Laffont en ski de bosses. Quatre ans après les deux titres glanés à Sotchi, il se fraye à 29 ans une place de choix parmi les géants du sport français et du biathlon international en réparant l'anomalie du dimanche 11 février.

Martin Fourcade Getty Images

Il ne pouvait en être autrement, tant le sextuple tenant de la Coupe du monde écrase sa discipline et martyrise ses adversaires depuis six ans. Fourcade ajoute ainsi une ligne de plus à son incomparable palmarès, qui compte notamment 11 sacres mondiaux, et parle désormais d'égal à égal avec le héros des Jeux de 1968 à Grenoble

Et dire qu'il lui reste encore quatre courses à disputer d'ici le terme de la quinzaine olympique (Individuelle, mass start, relais, relais mixte). Autant d'occasions d'effacer définitivement le record de Killy, de renforcer sa position de plus grand biathlète de tous les temps aux côtés du mythique Norvégien Ole Einar Bjørndalen, et de devenir le plus grand olympien français de l'histoire puisqu'il peut aussi dépasser les escrimeurs Christian d'Oriola et Lucien Gaudin, les plus titrés aux Jeux d'été et d'hiver avec quatre médailles d'or.

Faim de loup

Il ne faut pas énerver Martin Fourcade. Après son flop de la veille, le porte-drapeau de la "Team France" avait une faim de loup et voulait montrer à tout le monde qui était le patron. Exactement comme en 2014, quand il avait débuté les Jeux avec une piètre 6e place au sprint. Parti en 8e position, il a commencé timidement avec une faute à son premier tir couché mais il a ensuite fait très mal sur les skis pour revenir sur le groupe de tête juste avant le 3e passage au pas de tir. 

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Lui qui excelle dans la position du chasseur a surtout retrouvé comme par enchantement sa précision chirurgicale à la carabine (1 erreur au total) après ses gros ratés de la veille (3) et personne n'a été en mesure de le suivre. Le reste de la course n'a plus été qu'une formalité pour le Pyrénéen, qui a pu serrer le poing comme il sait si bien le faire après un ultime 5/5 au tir pour devancer à l'arrivée le Suédois Sebastian Samuelsson et l'Allemand Benedikt Doll. 

La Marseillaise a pu alors retentir en tribunes en l'honneur de celui qui est plus que jamais l'une des stars incontestables du sport français. "Aujourd'hui, je suis très heureux, a savouré le désormais triple champion olympique. Il y a quatre ans, c'était le bouchon de champagne qui sautait. L'émotion n'est pas moins forte, c'est la folie quand je vois tout le monde en tribunes. Avant de penser au titre, je pensais avant tout à faire une médaille. J'avais dit que j'aurais du mal à être déçu avec 5 médailles d'argent. Aujourd'hui, il y a ce titre, qui va rendre beaucoup plus facile la suite."

L'hommage de Bjørndalen

Cela fait maintenant sept ans que la planète biathlon est sous le joug du roi Fourcade, parti chasser sur les traces de Ole Einar Bjørndalen, longtemps la référence absolue de la discipline. Intouchable sur les skis et d'une efficacité prodigieuse au tir, le Français n'en finit pas de jouer les cannibales à coups de records (six Globes de cristal d'affilée, 14 victoires sur une seule saison en 2016-2017, dix-huit podiums de suite en Coupe du monde en arrivant à PyeongChang.) et de performances de haut vol . "Je suis vraiment très fier de ce qu'il fait. Il doit poursuivre dans la même voie" salue la légende norvégienne, "Sa victoire dans la poursuite ne le rend pas plus favori pour les autres courses. Martin est le principal favori de toutes les épreuves de toutes façons".

Très actif sur les réseaux sociaux, Martin Fourcade s'est mué en VRP de luxe du biathlon, popularisant une discipline plutôt confidentielle en France avant son éclosion. La Chaîne L'Equipe, qui retransmet les épreuves de Coupe du monde en clair, peut lui dire un grand merci puisqu'elle bat régulièrement des records d'audience grâce à ses exploits chaque week-end. 

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Son grand frère Simon, qui est remplaçant à PyeongChang, et qui était son idole de jeunesse, ne s'y trompe pas. "Il arrive à contrôler ses émotions. Quand vous être à ses côtés, ça fait peur. C'est quelque chose qu'il fait depuis qu'il est tout petit à cause de son obsession de la victoire. Gagner la poursuite l'a libéré. Il n'y a pas besoin de dire comment cela pourrait se finir". Il ajoute après avoir vu Martin "super relax" avant de prendre le départ de la poursuite : "C'est quand même fou. Quand vous visez un titre olympique, vous n'êtes pas détendu au matin d'une course. Il a un détachement incroyable".

Mais de quel bois est fait le natif de Céret? "Il a une intelligence sportive et une intelligence tout court, selon Stéphane Bouthiaux, le responsable du biathlon français. "Il a une confiance en lui inébranlable. Ses adversaires le craignent également". ils n'ont pas fini de souffrir.

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