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IOC
Date
23 févr. 1994
Tags
Lillehammer 1994 , Actu CIO , Ski alpin , Allemagne

Markus Wasmeier, la fureur tranquille

Personne n’aurait pensé à accorder à Markus Wasmeier le statut de favori pour l’or à Lillehammer. Cela fait près de 60 ans qu’un skieur allemand n’a pas gagné une épreuve alpine olympique et Wasmeier, qui a 30 ans, ne semble pas prêt à vaincre ce signe indien.

Lui-même n’a pas gagné de course majeure depuis près d’une décennie, et s’il est talentueux et rapide, pas grand monde ne s’attend à ce qu’il batte des skieurs de la trempe de Tommy Moe ou Marc Girardelli.

Wasmeier n’a rien du fanfaron. Homme posé et discret, il aime la musique classique et passer du temps avec sa famille. Il confie même que durant ses loisirs, il aime restaurer de vieux tableaux. C’est pourtant cet homme-là qui va réaliser des performances géantes.

Mais pas tout de suite. Il commence par la descente, dans laquelle il termine loin du podium, avant d’abandonner dans le combiné. Il lui reste encore deux épreuves à disputer et, à partir de là, Wasmeier va se prendre aux Jeux.

Deux ans plus tôt, l’Allemand a terminé neuvième du super-G. Mais cette fois, dans la même épreuve, Wasmeier trouve la bonne cadence et la bonne vitesse, ce qui est rarement le cas pour la majorité des athlètes. Au premier temps intermédiaire, il est devant et skie ensuite avec un énorme sang-froid pour franchir l’arrivée en 1 min 32 s 53. Seul l’Américain Tommy Moe a skié sur le même rythme ou presque, et il ne concède que 8 centièmes de seconde, alors que le reste du plateau est assez loin. Après toutes ces années d’attente, Wasmeier est enfin champion olympique.

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Et il ne s’arrête pas en si bon chemin. On dit parfois que la première médaille est la plus difficile à gagner, car par la suite l’esprit sait que la victoire est possible, même si elle nécessite un travail de longue haleine. C’est peut-être ce qui se passe pour Wasmeier, qui se lance dans la première manche du slalom géant, conservant son calme pour terminer troisième derrière son compatriote Christian Mayer et le Suisse Urs Kälin.

Wasmeier aborde la seconde manche de manière décontractée, avant de dévaler la piste pour prendre les commandes de la course. Kälin termine à deux centièmes, alors que Mayer arrive un peu plus loin, à 10 centièmes. Fait rarissime, les trois médaillés ont terminé dans le même dixième de seconde. Mais c’est cependant Wasmeier qui enlève sa deuxième médaille d’or des Jeux, scellant ainsi sa place parmi les plus grands olympiens allemands.

Il quitte le ski peu de temps après et ouvre un musée d’agriculture et de sports d’hiver en Bavière, en s’attelant à conserver les bâtiments d’origine et à transmettre les savoir-faire traditionnels aux jeunes.
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