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PyeongChang 2018

Marit Bjørgen : "Je ne me vois pas comme une légende !"

À PyeongChang 2018, Marit Bjørgen est devenue l’athlète la plus titrée des Jeux d’hiver avec 15 médailles dont huit en or.  Elle rejoint au panthéon du sport norvégien ses glorieux prédécesseurs Bjørn Daehlie et Ole Einar Bjørndalen. La fondeuse aux records de 18 titres mondiaux et de 112 victoires en Coupe du monde répond aux questions d'olympic.org à l'occasion de l’anniversaire de son ultime titre olympique.

 
Un an après les Jeux de PyeongChang, quel souvenir personnel gardez-vous en mémoire ?

Oh, c’est certainement le 30 kilomètres. Ce fut ma meilleure course. La sensation sur le parcours était incroyable. Mon objectif était de remporter une autre médaille d’or olympique et j'ai réussi à le faire. Je savais également que c’était ma dernière course olympique. Et pour moi, c’était un sentiment très fort. Il y avait aussi le fait que j’étais sur place depuis trois semaines et que mon fils me manquait. C’était aussi très émouvant pour moi de pouvoir finir ma carrière de cette façon.


Et en termes d’organisation et d’ambiance, que retenez-vous de ces premiers Jeux d’hiver en République de Corée ?

Ce furent de très beaux Jeux pour les athlètes. Bien sûr, vous espérez toujours plus de spectateurs. Je pense que les spectateurs coréens ne connaissaient pas trop le ski. Il y a eu beaucoup d’ambiance pour les épreuves de sprint et nous avons été plutôt soutenus. Quand on est athlète, on vit un peu dans une bulle mais pour nous c’est important qu’il y ait du monde au bord des pistes pour un grand événement comme celui-là. Sinon, les pistes étaient très bonnes. C’est sûr qu’il y avait plus de monde à Oslo en fin de saison.

Vous avez participé aux Jeux pour la première fois en 2002 à Salt Lake City. Quelle est pour vous la principale différence avec les Jeux de 2018 ?

Oh ! À vrai dire, j’ai un peu de mal à me souvenir. J’étais jeune en 2002 (elle avait 19 ans). C’étaient mes premiers Jeux et j’avais encore beaucoup à apprendre. À PyeongChang, c’était très différent, je me battais pour une médaille dans chaque course. Mais en dehors des compétitions, j’ai l’impression que l’ambiance était assez similaire en fait.

À l’issue de cette impressionnante carrière, y a-t-il une chose dont vous êtes particulièrement fière ?

J’ai eu une carrière tellement longue que je suis surtout heureuse d’avoir pu pratiquer mon sport au plus haut niveau pendant tant d’années. Le ski est devenu mon métier. Je suis aussi contente d’avoir eu la force mentale de pouvoir tout donner. J’ai aussi eu la chance d’avoir un organisme très solide qui a pu supporter toutes ces séances d’entraînement. Et aussi je suis fière d’avoir pu briller sur toutes les distances du sprint jusqu’au 30 kilomètres. C’était un honneur pour moi. Mais j’ai vraiment eu la chance d’avoir un physique à la hauteur et le mental suffisant pour franchir les paliers successifs.

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Vous êtes devenue l’athlète olympique la plus titrée des Jeux d’hiver avec 15 médailles. Qu’est-ce que cela représente pour vous ? Vous avez notamment dépassé d’immenses champions également originaires de Norvège : Bjørn Daehlie et Ole Einar Bjørndalen...

C’est difficile de se considérer comme une légende. Bjørn Daehlie est vraiment quelqu’un que j’ai toujours admiré quand j’étais enfant. Ensuite, Ole Einar, j’ai suivi toute sa carrière. Ils m’ont vraiment inspirée. Quand je suis arrivée à PyeongChang, je savais que je pouvais battre le record de médailles aux Jeux d’hiver. Mais je savais aussi qu’il fallait que je reste concentrée sur chaque course. Être la plus grande athlète des Jeux d’hiver, c’est comme un rêve pour moi. Mais ce n’était pas un objectif en arrivant aux Jeux. Je savais que c’était possible, mais ce n’était pas ma préoccupation principale. Bien sûr, d’avoir réussi à battre ce record, c’est énorme. C’est difficile de savoir si on est une légende.


Quelle faites-vous maintenant que vous avez décidé de mettre un terme à votre carrière ?

Je suis une maman épanouie et je vais encore avoir un fils au mois de mars. Je fais encore du sport et je travaille un peu pour l’un de mes sponsors. J’essaie de partager mon expérience. Je raconte mon parcours et comment j’ai travaillé pour en arriver là. J’essaie aussi d’apprendre à devenir entraîneur. J’apprends la technique et les différents aspects de ce métier. Je continue aussi à m’entraîner. Mais je dois reconnaître que ma motivation n’était pas très élevée ces derniers temps. C’est une période très agréable. Je suis vraiment ravie de pouvoir être davantage à la maison avec mon fils et ma famille.

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Vous dites que vous ne vous entraînez plus beaucoup. Qu’est-ce que cela représente exactement ?

Il se passe parfois des semaines entières sans que je m’entraîne et d'autres fois, il m’arrive de faire cinq sorties par semaine. En fait, avant Noël, les conditions de neige n’étaient pas très bonnes et j’avais du mal à me motiver. Avec l’arrivée de la neige, c’est devenu beaucoup plus agréable.

Et pour l’avenir ? Avez-vous envie de vous investir dans l’organisation de votre sport, dans votre pays ou sur le plan international ?

J’aimerais bien devenir entraîneur. Mais pour le moment, je n’ai pas envie de trop voyager. Je préfère rester chez moi. Peut-être que je deviendrai entraîneur dans un futur proche sans forcément m’occuper de l’élite mais plutôt des jeunes. Pour les aider à atteindre le haut niveau. Ce serait bien pour moi. Je suis aussi restée en contact avec mes coéquipières de l’an passé. Il m’arrive de leur donner quelques conseils.

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Enfin, pensez-vous que la voix des athlètes est suffisamment entendue dans votre sport et notamment dans une organisation comme les Jeux Olympiques ?

Je pense que les organisateurs devraient davantage écouter la voix des athlètes. Pas seulement le CIO mais aussi la FIS (Fédération Internationale de Ski). C’est sûr que nous avons notre mot à dire mais je sais qu’il y a aussi d’autres éléments à prendre en compte comme la télé et plein d’autres choses. Je pense que pour l’avenir, il faut absolument donner davantage la parole aux athlètes.

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