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Marie-Laure Brunet : "Partager au maximum"

Date
08 déc. 2019
Tags
Actualités Olympiques, JOJ, Lausanne 2020, Biathlon
Marie-Laure Brunet a été l'un des piliers de l'équipe de France de biathlon jusqu'à la fin de sa carrière en 2014. Double médaillée olympique à Vancouver en 2010, elle met aujourd'hui son expérience au service de la gestion du bien-être et de la performance au sein des entreprises. Athlète role modèle aux JOJ de Lausanne 2020, Marie-Laure Brunet nous décrit sa joie de pouvoir partager avec les jeunes athlètes en compétition en janvier prochain.


Quelle a été votre première expérience olympique ?

J'ai participé au Festival olympique de la jeunesse européenne (FOJE) d'hiver 2005 à Monthey en Suisse. C'était ma première grande compétition internationale avec des athlètes pratiquant un sport différent du mien. À l’époque, les JOJ n'existaient pas encore. Pour nous, c'était déjà un avant-goût des plus grosses compétitions internationales avec ce type d'organisation… J'en garde un super souvenir. Ce qui est amusant, c'est que quelques années plus tard aux Jeux de Vancouver puis à Sotchi, j'ai retrouvé des athlètes avec qui j'étais au FOJE, dont ceux du biathlon ! C'était aussi une occasion de découvrir l'organisation de notre CNO, un encadrement avec qui j'ai bien sûr évolué durant toute ma carrière.

En 2010, vous ramenez deux médailles des Jeux de Vancouver…

À Vancouver, ma première grande expérience, j'étais clairement une outsider, personne ne m'attendait. C'était une excellente position car je savais que j'en étais capable. Surtout après le sprint où je m'étais classée sixième. Je savais que si je faisais le 'job', je pouvais "claquer" une médaille. J'aime le tir et la confrontation, je savais que si je restais concentrée, ça allait marcher. On me disait "vas-y pour l'expérience, pour voir comment cela se passe", mais ce n'était pas du tout ce que j'avais en tête, j'y allais pour jouer ma carte.

J'ai gagné le bronze à l'arrivée de la poursuite, c'était vraiment incroyable. J'avais commencé le biathlon en regardant Raphaël Poirée à la télévision, lors des Jeux de Salt Lake City 2002 ; pour moi, c'était une vraie ambition. Et deux Olympiades plus tard, j'étais médaillée, c'était fou d'avoir réussi ce pari si rapidement. Mais je n'étais pas préparée aux conséquences, à tous les à-côtés. Les journalistes me disaient "cette médaille change votre vie" et je répondais "non, non, je suis toujours la même". Je ne voulais pas m'avouer que ma vie changeait vraiment ! Ça m'a appris tellement de choses sur moi, sur la gestion de ma carrière, de mon image… Ça restera un apprentissage incroyable.

La médaille d'argent que nous avons ensuite gagnée dans le relais féminin, ça a été le top. Le podium individuel, c'est une émotion que l'on vit seule et il est difficile de se réjouir quand il y en a d'autres qui courent après la médaille et qui n'arrivent pas à l'obtenir. C'était par exemple le cas de Sandrine Bailly : il ne lui manquait que cela à son palmarès. La médaille d'argent par équipes à Vancouver 2010, nous sommes allées la chercher toutes ensemble, c'était immense.

Marie-Laure Brunet Getty Images


Que retenez-vous de votre carrière de biathlète ?

Je retiens, pour commencer, ma première médaille en relais aux Mondiaux d'Östersund en 2008. J'étais la petite jeune au milieu des anciennes ; c'était vraiment génial. Ce que je retiens surtout, c'est l'aventure humaine parce que l'on est clairement dans une équipe que l'on n’a pas choisie, on est tout le temps ensemble et on veut tous être les meilleurs. Cela crée des tensions par moments. Et à la fin, avec le recul, on est amis pour la vie. On se retrouve tous les ans, on passe des week-ends ensemble !

S'il vous fallait assurer la promotion du biathlon, que diriez-vous ?

Le biathlon, c'est un sport à suspense. C'est avoir la capacité d'aller très vite sur les skis, de faire monter le pouls, et en quelques secondes, de savoir passer dans un mode beaucoup plus calme ; il faut savoir se poser malgré le fait que le chrono continue à tourner, et là, c'est face à face avec la cible, ou plutôt, face à face avec soi-même. Il faut gérer les émotions, toutes les pensées parasites qui peuvent arriver l'espace de cinq balles, beaucoup de scénarios qui vous passent par la tête durant 25 secondes. Il faut savoir rester concentré sur la manière pour abattre les cinq cibles. C'est cette dualité entre l'action et le temps où il faut réussir à se recentrer qui est fabuleuse dans le biathlon. C'est un sport qui est avant tout réservé aux compétiteurs, mais aujourd'hui, il y a de plus en plus de possibilités de s'adonner à ce sport comme loisir. Pour ma part, dans mes activités professionnelles, je propose des stages de cohésion d'équipe à travers le biathlon. Je me sers de mon sport comme outil pédagogique pour mettre en lumière les compétences et les forces vives au sein de l'entreprise.

 Quelles seront vos actions en tant qu'athlète modèle à Lausanne 2020 ?

Je vais être disponible au maximum pour les jeunes athlètes : les biathlètes, mais pas seulement eux. L'idée, c'est de partager mon expérience des Jeux et de la pratique du sport de haut niveau, et de sensibiliser les jeunes à un certain nombre d'aspects, leur donner les clés pour aller vers la très haute performance. Je m'appuie sur ce que j'ai vécu, sur les enseignements que j'ai pu tirer des bonnes et des moins bonnes expériences. Je serai là pour partager au maximum, il y aura des ateliers proposés, mais je serai aussi disponible pour tous, je veux être accessible et que les jeunes osent venir poser leurs questions et échanger.

Marie-Laure Brunet Getty Images

Quel est votre message pour les athlètes des JOJ ?

Vous allez venir pour la compétition parce que vous avez vraiment à cœur de donner votre meilleur le jour J. Donc, faites ce vous savez faire, n'essayez pas d'inventer quelque chose et ce sera très bien. Soyez ouverts et curieux, osez aller parler avec les athlètes étrangers, avec ceux des autres disciplines, vous êtes là pour acquérir de l'expérience, ouvrez grands vos yeux et vos oreilles, allez à la rencontre des autres, prenez un maximum d'informations qui vous serviront pour la suite de votre carrière.

Être athlète modèle aux JOJ, qu'est-ce que cela représente pour vous ?

Je suis très contente que l'on m'ait proposé ce rôle. C'est important pour moi d'être dans la transmission, c'est quelque chose que j'essaye de faire dès que je le peux depuis que j'ai arrêté ma carrière. Il y en a d'autres qui l'ont fait pour moi et c'est important de jouer ce rôle-là. Je suis très enthousiaste de remplir cette mission pendant les JOJ.

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