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Malgré sa déchirure du ligament croisé antérieur, la karatéka Hamideh Abbasali ne renonce pas à ses rêves olympiques

abbasali 2019 Getty Images
À l'époque où le karaté n'était pas encore au programme des Jeux Olympiques, la jeune karatéka iranienne Hamideh Abbasali affirmait déjà à qui voulait l'entendre qu'un jour, elle triompherait sur la plus grande scène sportive du monde. Bénéficiant de 12 mois supplémentaires pour se remettre d'une blessure grave, elle est désormais prête à saisir l'opportunité tant attendue aux Jeux de Tokyo 2020. 


D'un point de vue sportif, Hamideh Abbasali a vu à la fois ses espoirs et ses craintes se réaliser lors de la Karate1 Premier League de la Fédération mondiale de karaté (WKF) à Salzbourg, en Autriche, à la fin du mois de février dernier.

La jeune trentenaire, qui a toujours rêvé de participer aux JO, a remporté son deuxième titre majeur en cinq semaines, ce qui l'a amenée aux portes d'une qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Malheureusement, alors qu'elle affrontait l'Italienne Clio Ferracuti, qu'elle a battu 2 à 1 lors de la finale des +68 kg, ses rêves ont été stoppés net dans leur élan.

"La compétition était vraiment stressante et physique. Je savais qu'une médaille d'or conforterait ma place pour Tokyo 2020", a déclaré Abbasali. Toutefois, alors que la victoire était à portée de main, elle a subi une déchirure du ligament croisé antérieur (LCA) au niveau du genou gauche, une blessure qui provoque une souffrance à la fois physique et mentale.

"Les blessures sont inévitables pour les sportifs professionnels, mais lorsque l'incident se produit à quelques mois du plus important des événements sportifs, il exerce forcément une forte pression psychologique sur un athlète, et je ne déroge pas à cette règle."


La blessure semblait particulièrement cruelle compte tenu de la façon dont Hamideh était parvenue à se hisser de nouveau au sommet du kumite féminin. L'Iranienne s'est imposée comme l'une des vedettes du circuit international pendant près de dix ans, mais son âge d'or semblait avoir culminé en 2014-2016, quand elle a obtenu l'argent et le bronze aux Championnats du monde des +68 kg, avant d'être sacrée championne des Jeux asiatiques. À l'approche de la trentaine, Hamideh Abbasali a connu une baisse de régime, avec une 12e place aux Championnats du monde 2018, qui semblait suggérer que ses beaux jours étaient derrière elle.

Ce n'est qu'après ces événements que l'attrait des Jeux Olympiques a commencé à prendre de l'ampleur.

"J'ai concentré tous mes efforts sur la préparation des Jeux Olympiques, a admis la jeune femme. J'ai préparé beaucoup plus sérieusement la Karate1 (dont les résultats ont alimenté le système de classement olympique de la WKF). J'ai toujours essayé de remporter ces compétitions afin que le chemin pour atteindre les Jeux Olympiques soit plus simple pour moi."

Cette approche a fonctionné. Hamideh rugit de nouveau au sommet. Depuis le début de l'année 2019, elle a terminé cinquième à deux reprises, troisième à trois reprises et première à deux reprises lors des 10 épreuves de la Karate1 Premier League auxquelles elle a participé. Cette compétition a fait d'elle la n° 1 mondiale des +68 kg mais, peut-être mieux encore, elle l'a hissée au deuxième rang du classement des +61 kg pour Tokyo 2020, l'une des trois catégories de poids olympique en kumite féminin.

Alors que toutes les conditions semblaient réunies pour décrocher son billet pour Tokyo, son ligament croisé antérieur s'est rompu. L'opération chirurgicale a eu lieu rapidement en Allemagne et, bien qu'Hamideh Abbasali insiste maintenant sur le fait qu'elle "n'a jamais cessé de croire" qu'elle pourrait revenir au meilleur de sa forme à temps pour Tokyo 2020, il est probable qu'elle ait eu des périodes de doute. C'est la raison pour laquelle, malgré l'horreur de la pandémie de COVID-19, une petite lueur d'espoir est apparue pour la carrière sportive de l'athlète.

"C'était vraiment une bonne nouvelle pour moi", a reconnu la karatéka au sujet du report forcé de 12 mois des Jeux de Tokyo 2020.

"J'étais heureuse parce que ce report m'a donné plus de temps pour mieux me préparer aux Jeux Olympiques, ce qui m'a beaucoup aidée psychologiquement.

Mon genou est en bonne voie de guérison.

Environ trois mois se sont écoulés depuis mon opération et j'ai commencé des exercices de rééducation. Je suis en forme", a-t-elle confirmé.


Pour les karatékas d'élite, la capacité à se remettre des revers est peut-être plus cruciale encore que pour d'autres athlètes de classe mondiale. Il n'est donc pas surprenant qu'Hamideh Abbasali cite deux guerriers surentraînés comme sources d'inspiration. Son compatriote Jasem Vishgahi a remporté la médaille d'or des Championnats du monde masculins des -75 kg en 2006 et est toujours en compétition aujourd'hui, tandis que l'Azerbaïdjanais Rafael Aghayev s'est battu sans relâche pour atteindre le sommet dans ce sport. Le quintuple champion du monde est déjà considéré comme le meilleur de sa génération. Il aura l'occasion de consolider sa réputation aux Jeux de Tokyo 2020, après avoir obtenu sa place à Salzbourg, comme Hamideh.

Si elle parvient à imiter ses héros et à inscrire son nom dans l'histoire du karaté, Hamideh Abbasali sait qu'elle devra son succès à une personne en particulier.

"Ma mère est ma grande héroïne, a-t-elle déclaré. Elle s'intéressait aux dispositions athlétiques de ses filles. Je me suis inscrite avec ma sœur dans un club près de chez nous, mais ma sœur n'a pas continué. Quant à moi, même si je n'étais pas passionnée par le karaté au départ, je me suis progressivement intéressée à ce sport."


En fin de compte, la magie a opéré. L'état d'esprit d'Hamideh Abbasali est parfaitement adapté aux exigences du kumite.

"Ma plus grande force en tant que karatéka est de garder patience et espoir jusqu'au dernier moment. J'essaye toujours de faire de mon mieux dans toutes les compétitions, a-t-elle déclaré.

Après une défaite, je me relève toujours et je travaille plus dur encore pour le prochain combat."

Avec un peu de chance, cette force de volonté devrait suffire pour lui permettre de concrétiser ses rêves.

"Il y a des années, quand on me demandait : 'quel est ton plus grand souhait ?', je répondais 'Gagner les Jeux Olympiques'. La plupart du temps, on me faisait remarquer que le karaté ne figurait pas au programme des Jeux et que mon rêve était voué à l'échec… mais je n'y ai jamais renoncé. Ça fait des années que j'attends qu'il se réalise."

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