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IOC
Date
15 févr. 1968
Tags
Actu CIO , Grenoble 1968 , Patinage de vitesse , Norvège ,

Maier frappe les esprits lors du 5 000 m de patinage de vitesse

Le patineur de vitesse Fred Anton Maier était un sportif très talentueux. Si ses pas de patineur l’avaient conduit à une médaille d’argent et une de bronze aux Jeux Olympiques d’hiver de 1964 à Innsbruck, sa préparation pour les Jeux de Grenoble n’était pas entièrement dévolue à la glace comme on aurait pu s’y attendre.

Maier était également un cycliste averti qui avait gagné une médaille de bronze lors des championnats de Norvège du contre-la-montre en 1957, alors qu’il n’avait que 18 ans. Dix ans plus tard, et moins d’un an avant son retour dans l’arène olympique pour y chercher sa première médaille d’or, il participa à nouveau aux championnats nationaux de cyclisme et y remporta une nouvelle médaille de bronze.

Après cet intermède, toutefois, le patinage reprit ses droits. Maier avait prévu de participer à Grenoble au 5 000 m et au 10 000 m, épreuves dont il détenait le record du monde. Quelques semaines avant le début des Jeux Olympiques, il avait d’ailleurs remporté le titre européen dans ces deux épreuves. Sa forme ne faisait donc aucun doute, mais comme tant d’athlètes l’ont constaté au fil des ans, la compétition olympique charrie son flot unique de pression.

Il s’aligna d’abord dans le 5 000 m, où la principale opposition était supposée venir du Néerlandais Kees Verkerk. Versé dans la troisième paire, ce dernier se montra à la hauteur, évoluant dans l’allure du record du monde de Maier pour finalement se l’approprier en 7’23"2.

Maier, qui patinait dans la cinquième paire, savait désormais qu’il devait réaliser le chrono le plus rapide de l’histoire s’il voulait décrocher l’or. Durant les 1 500 premiers mètres, il était exactement dans le rythme de Verkerk, avant d’accélérer légèrement. À mi-course, Maier était nettement en avance sur son tableau de marche et lorsqu’il franchit la ligne d’arrivée, les aiguilles du chronomètre indiquaient 7’22"4, un temps excellent qui lui permit de faire d’une pierre deux coups : récupérer son record du monde et décrocher sa première médaille d’or.

Peu de gens doutaient qu’il l’emporterait à nouveau deux jours plus tard dans le 10 000 m. Cette fois, le tirage au sort le fit partir avec la première paire, mais son temps n’en fut pas moins exceptionnel puisqu’il pulvérisa de 26 secondes le record olympique ! Pour trois secondes, il manquait cependant son propre record du monde. Et comme Verkerk, qui patinait dans la troisième paire, ne pouvait patiner plus vite, l’or semblait pratiquement dans sa poche.

La plupart des observateurs n’avaient pas prêté attention au Suédois Johnny Höglin, non sans raison. Bien qu’il fût un habitué du circuit, Höglin n’était jamais monté sur un podium. Au pied des Alpes, il allait combler cette lacune, épousant l’allure de Maier kilomètre après kilomètre pour finalement la dépasser dans les derniers 1 200 m. Il s’accrocha et gagna l’une des médailles d’or les plus surprenantes dans les annales de la discipline.

Maier fut déçu, mais pas abattu. Quelques semaines plus tard, il triompha au 5 000 m et au 10 000 m des championnats du monde. Et durant l’année 1968, il établit sept nouveaux records du monde.

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