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Date
30 juil. 1932
Tags
Los Angeles 1932 , Actu CIO

Los Angeles repeint le monde en rose

Lorsque les Jeux Olympiques de 1932 furent officiellement attribués à Los Angeles en 1923, personne ne pouvait se douter de l’état du monde neuf ans plus tard. En 1929, le krach de la bourse de Wall Street va ainsi engendrer une crise économique mondiale, qui aura des ef-fets dévastateurs sur les pays du monde entier.


Les difficultés financières dues à la Grande Dépression vont s’accompagner de sérieux doutes quant à la tenue des Jeux de Los Angeles. C’est la deuxième fois seulement que les Jeux doivent être organisés hors d’Europe, ce qui implique, à une époque où les vols transa-tlantiques sont encore en gestation, de longs voyages pour les concurrents. Six mois à peine avant la date de la cérémonie d’ouverture, pas un seul pays n’a encore répondu aux invita-tions officielles et pas un seul billet n’a été vendu. Il semble que le coût du voyage en Cali-fornie ait refroidi les ardeurs tant des sportifs que des supporters.

Mais peu à peu, les inscriptions commencent à arriver au compte-gouttes, alors que l’accord passé avec plusieurs vedettes d’Hollywood – dont Charlie Chapin – pour divertir le public olympique, permet de donner un coup de fouet aux ventes de places. Les Jeux sont sortis du pétrin et du côté des organisateurs, tout le monde se met au travail pour achever les derniers préparatifs.

L’une des caractéristiques les plus remarquables de Los Angeles 1932 est la création du premier village olympique, un vaste complexe composé de bungalows démontables où se-ront hébergés tous les athlètes masculins jusqu’à la fin des Jeux – les sportives, elles, dormi-ront dans un hôtel du centre-ville. Sensible au coût du voyage pour les participants venus de toute la planète, le Comité organisateur local a conçu un plan pour vendre chaque bunga-low à l’issue des Jeux, ce qui lui permet d’héberger les athlètes pour deux dollars la nuit, un prix comprenant l’hébergement, la restauration, le transport local, les distractions et les soins généraux.

Toutefois, le concept original du village va au-delà des simples avantages fiscaux. Il fait en fait la part belle à une aspiration qui demeure encore aujourd’hui au cœur de la vision olympique. Comme le souligne le rapport officiel des Jeux de 1932, « on espérait qu’au vil-lage olympique les enfants de nombreux territoires, véritable échantillon représentatif des nations, vivraient en cohésion, loin de l’internationalisme politique, entre hommes parta-geant une vie commune sous le même toit : qu’il y ait là un creuset d’émotions ancestrales faisant fi des barrières raciales ou religieuses ».

Hormis le village olympique qui doit être construit de A à Z, Los Angeles requiert relative-ment peu d’infrastructures nouvelles (seules les épreuves de natation et d’aviron nécessitent la construction de nouvelles installations). Plusieurs installations sportives existantes de la ville sont déjà adaptées aux Jeux et n’ont besoin que d’un minimum de petits travaux de mise aux normes. Parmi elles figure le Memorial Coliseum de Los Angeles, bientôt appelé Stade Olympique, qui doit être agrandi afin de porter sa capacité à 105 000 spectateurs.

Outre le village olympique, Los Angeles a vu la mise en place de plusieurs autres nouveaux concepts qui vont s’ancrer dans la tradition olympique, et notamment le podium sur lequel les lauréats recevront les médailles d’or, d’argent et de bronze, ainsi que les couronnes de laurier. De plus, à Los Angeles, c’est la première fois aux Jeux qu’on hisse le drapeau et qu’on joue l’hymne national du champion olympique lors de la remise des récompenses.

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