skip to content
Getty Images
Date
13 sept. 2017
Tags
LA 2028 , Actualités Olympiques

Los Angeles 1984 : des Jeux qui restent dans les mémoires !

Comme Londres et Paris, Los Angeles accueillera les Jeux Olympiques pour la troisième fois en 2028. Nous revenons à cette occasion sur les deux précédentes éditions organisées dans la mégapole californienne. Illuminés par les performances de Carl Lewis, les Jeux de Los Angeles 1984 restent dans les mémoires, notamment pour des exploits sportifs inoubliables et pour l'héritage qu'ils ont laissé.

Los Angeles est l’unique candidate à l’organisation des Jeux Olympiques de 1984. La Cité des Anges est désignée lors de la 80e session du CIO, le 18 mai 1978 et devient après Paris (1900, 1924) et Londres (1908, 1948) la troisième ville deux fois hôte des Jeux Olympiques modernes. 

Comme les Jeux à Los Angeles sont les premiers depuis 1896 à être organisés sans le soutien financier du gouvernement, le comité d'organisation, sous la houlette de Peter Ueberroth, mise largement sur les installations existantes et le parrainage du secteur privé. Les Jeux de 1984 à Los Angeles deviendront le modèle à suivre pour les Jeux futurs, surtout après la révélation d’un profit de 223 millions de dollars. 

Getty Images

Ces Jeux ont lieu aux Etats-Unis quatre ans après le boycott des Jeux de Moscou orchestré par les Etats-Unis; et l’Union Soviétique prend sa revanche en 1984. Cette fois, quatorze pays seulement renoncent à participer aux Jeux mais ces pays comptaient pour 58% des médailles d’or des Jeux de 1976. Malgré le boycott, un nombre record de 140 pays participent aux Jeux. L’ambiance est tellement bonne qu’au cours de la cérémonie d’ouverture, les athlètes rompent les rangs pour se mettre à danser spontanément, de tels débordements étant habituellement réservés à la cérémonie de clôture.

Kishimoto/CIO

Le programme sportif se féminise

6829 athlètes (1 566 femmes, 5 263 hommes) participent à ces Jeux dans 21 sports pour 221 épreuves en tout dans un programme fortement marqué par sa féminisation. En effet,  la gymnastique rythmique et la natation synchronisée qui sont des disciplines exclusivement pratiquées par les femmes, débutent aux Jeux, tout comme le tir, le cyclisme sur route, le 400 m haies et le marathon féminins. La planche à voile hommes et femmes est également ajoutée aux épreuves de voile. Le tennis revient après une absence de 60 ans, mais seulement en sport de démonstration, tout comme le baseball. 

Kishimoto/CIO

Sur le plan des installations, le majestueux Memorial Coliseum est à nouveau au coeur des Jeux, comme en 1932, pour les cérémonies d'ouverture et de clôture, et les épreuves d'athlétisme. Le Rose Bowl de Pasadena, qui avait été transformé en vélodrome lors des premiers Jeux disputés à Los Angeles, revient aussi, cette fois pour le football. L'organisation utilise en fait une majorité d'arènes sportives existantes, construites depuis les années 1950 grâce à l'expansion des équipes professionnelles et universitaires dans les sports majeurs aux Etats-Unis, comme le Pauley Pavillon (gymnastique), le Forum d'Inglewood (Basket), le centre de convention de Long Beach  (escrime et volleyball), la Los Angeles Memorial Sports Arena (boxe), le Titan Gymnasium de Fullerton (handball) etc… 

Getty Images

Seules deux installations sont construites pour ces Jeux : le stade aquatique pour le plongeon, la natation course et la natation synchronisée, situé sur le campus de l'Université de Californie du Sud (USC), et le vélodrome olympique pour le cyclisme du piste, installé sur autre campus, celui de Université d'État de Californie à Dominguez Hills (CSUDH). 

Les athlètes bénéficient d'installations remarquables pour les Villages olympiques : ils sont en effet répartis sur trois campus universitaires : ceux l'USC, de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et de l'Université de Californie à Santa Barbara (USCB). Ils bénéficient de toutes les commodités, et notamment d'installations sportives pour leur entraînement, utilisés par les étudiants.

CIO/PAHUD, Jean-François

Une cérémonie d'ouverture inoubliable 

Qui a oublié la cérémonie d'ouverture des Jeux de la XXIIIe Olympiade au Memorial Coliseum le 28 juillet 1984, et notamment cette image de pure science-fiction : l'apparition par les airs de Bill Suitor sanglé dans son "jet pack" ? Ou ces gradins combles qui se transforment en une explosion de couleurs formées par les drapeaux de tous les pays grâce aux équipements fournis au public ?

Ou encore, l'interprétation du tube "All Night Long" par son créateur Lionel Richie, et cette ambiance tellement festive parmi les athlètes ?  

Kishimoto/CIO

Le Président des Etats-Unis Ronald Reagan déclare les Jeux ouverts et le relais de la flamme olympique s'achève, Jesse Owens entre dans l'arène avec la Torche, fait le tour de la piste et la transmet à Rafer Johnson, le porte-drapeau des USA et champion olympique du décathlon à Rome en 1960. Ce dernier grimpe une volée de marches installées sous l'arche centrale du péristyle, puis enflamme les cinq anneaux olympiques posés sur le fronton à l'intérieur de l'arène. Le feu se propage plus haut, jusqu'à l'imposant chaudron olympique en forme de torche construit pour les Jeux de 1932, qui s'embrase pour les seize jours à venir. 

Carl Lewis, star parmi les stars des Jeux de 1984 

Carl Lewis est déjà une star de l'athlétisme mondial lorsqu'il aborde les Jeux de Los Angeles à 23 ans où il veut frapper un très grand coup : égaler Jesse Owens, remporter quatre médailles d'or. Il y parvient magnifiquement, en commençant par gagner le 100 m le 4 août en 9.99, laissant son plus proche rival, son compatriote Sam Graddy, à 20/100e de seconde. En dominant deux jours plus tard le saut en longueur avec un seul essai : son premier bond à 8,54 m, une marque inaccessible pour les autres concurrents, ce qui lui permet de mettre sur le champ un terme à son concours.  En continuant avec la victoire sur 200 m le 8 août en 19.80, record olympique. Et en achevant son chef d'oeuvre bâton en main, dernier relayeur du relais 4x100 m américain après Sam Grady, Ron Brown et Calvin Smith, avec en prime un nouveau record du monde en 37.83. 

Ces Jeux sont marqués par les débuts de la République Populaire de Chine sur la grande scène olympique, et la première médaille attribuée, au matin du 29 juillet, est aussi la première pour un athlète de cette nation : l'or du tireur Xu Haifeng au pistolet à 50 m. Mais la superstar chinoise de ces Jeux est le gymnaste Li Ning, qui monte sur six podiums : or au sol, aux anneaux et au cheval d'arçons, argent au concours général par équipes et au saut de cheval, bronze au concours général individuel. Un exploit qui restera toujours dans le cœur des Chinois, tant et si bien que Li Ning sera choisi en 2008 pour parcourir le pourtour du sommet du stade olympique de Beijing accroché à un filin avant d'allumer la vasque olympique.  

Kishimoto/CIO

Sebastian Coe, le futur patron du Comité d'Organisation des Jeux de Londres 2012 puis président de l'IAAF, devient le premier coureur à remporter deux fois de suite le 1500 m. Comme à Moscou en 1980, il prend également la médaille d'argent du 800 m devancé par le coureur resté invaincu sur la distance durant toute la saison : le Brésilien Joaquim Cruz, premier athlète de son pays, et à ce jour le seul, sacré sur une course aux Jeux Olympiques. Un autre athlète britannique se met en valeur : le décathlonien recordman du monde Daley Thompson, qui conserve le titre remporté quatre ans plus tôt à Moscou. L'Américain Edwin Moses reprend pour sa part l'or du 400 m haies qu'il avait déjà gagné à Montréal en 1976.

CIO/United Archives

Le 400 m haies féminin inaugural est remporté par Nawal El Moutawakel, une course qu'elle mène du départ à l'arrivée. Elle est la première marocaine (tous sexes confondus) et la première femme d'un pays musulman à remporter l'or aux Jeux Olympiques. Trois jours plus tard, son compatriote Said Aouita triomphe dans le 5000 m ! L'Américaine Valerie Brisco-Hooks s'empare de trois médailles d'or, avec le rare doublé 200 m/400 m et la victoire dans le relais 4 x 100m. Joan Benoit (USA) s'adjuge pour sa part le marathon olympique féminin inaugural.

Kishimoto/CIO

En gymnastique, une bondissante athlète de 16 ans capture le coeur de tout le peuple américain : Mary-Lou Retton qui s'impose au concours général individuel (inédit pour les USA aux Jeux), prend l'argent par équipes avec ses camarades, est vice-championne olympique au saut de cheval, et médaillée de bronze aux barres asymétriques et au sol : cinq médailles !  Son compatriote plongeur Greg Louganis est aussi une des vedettes immortelles de ces Jeux : il réalise le doublé tremplin 3 m-plateforme 10 m en s'imposant à chaque fois avec des marges considérables… et rééditera le même exploit quatre ans plus tard à Séoul ! 

Les USA dominent largement les épreuves de natation, les femmes gagnant toutes les épreuves en nage libre, en papillon, en 4 nages et dans les relais. Mais le plus médaillé des hommes est l'Allemand Michael Gross, champion olympique du 200 m nage libre et du 100 m papillon, médaille d'argent du 200 m papillon et du relais 4 x 200 m nage libre avec ses coéquipiers. 

CIO/United Archives

Le Britannique Steve Redgrave gagne dans le quatre avec barreur la première de ses cinq médailles d'or en aviron, remportées en cinq Jeux, tandis que Michael Jordan, Chris Mullin et Patrick Ewing sont sacrés champions olympiques de basketball avec l'équipe universitaire des USA grâce à leur victoire 96-65 sur l'Espagne en finale. Ils seront huit ans plus tard des membres éminents de la Dream Team des Jeux de Barcelone. Quant aux "espoirs" français, ils créent la sensation dans un Rose Bowl de Pasadena comble en battant 2-0 le Brésil en finale du football. Et puisque le cyclisme féminin débute aux Jeux, l'Américaine Connie Carpenter-Phinney inaugure son palmarès en triomphant dans la course sur route. Enfin, l'archère néo-zélandaise Neroli Fairhall, paraplégique, est la première athlète de l'histoire à concourir pour une médaille en fauteuil roulant. 

Héritage 

Peter Ueberroth, né le jour même de la disparition de Pierre de Coubertin (le 2 septembre 1937) patron du Comité d'Organisation des Jeux de Los Angeles loués pour avoir dégagé plus de 200 millions de dollars de bénéfice, a mis en place d'ambitieuses et inédites solutions de sponsoring qui ont inspiré la création du programme TOP du CIO, basé sur le modèle de l’exclusivité des catégories de produits. Peter Ueberroth est décoré de l'ordre olympique, et sacré "homme de l'année" par le Time Magazine. Les bénéfices des Jeux de 1984 permettent également de financer le lancement de la Fondation LA84, dont la mission reste au XXIe siècle de promouvoir et d'étendre la pratique sportive en Californie du Sud, de travailler sur la connaissance du sport et sur son impact sur la vie de la population et qui abrite une des plus importantes bibliothèques sportive au monde. 

Getty Images

Beaucoup de sites des Jeux de 1984, à commencer par le campus de UCLA pour le Village Olympique, mais également les arènes historiques du Memorial Coliseum et du Rose Bowl de Pasadena (déjà présentes en 1932) seront réutilisés pour les Jeux de 2028. De fait, et comme en 1932 et en 1984, un minimum de constructions est nécéssaire, dans l'ensemble temporaires, ou déjà en phase d'achèvement indépendamment de la 3e candidature olympique comme le "LA Stadium at Hollywood Park". L'histoire olympique de Los Angeles se confond avec son histoire sportive, avec ses brillantes équipes professionnelles ou universitaires qui ont entraîné au fil des décennies la construction de nombreuses arènes de classe mondiale.   

back to top En