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Date
24 août 2004
Tags
Athènes 2004

Lori-Ann Muenzer capitalise avec des roues d’emprunt

Si Lori-Ann Muenzer n’a démarré sa carrière cycliste qu’à l’âge de 23 ans, elle a vite rattrapé le temps perdu. Ainsi, lorsqu’elle débarque à Athènes, quinze ans plus tard, son palmarès affiche onze podiums de Coupe du monde et 13 titres canadiens. Elle est pétrie d’expérience, mais à 38 ans, a-t-elle encore la force et l’énergie pour affronter des cyclistes de premier plan qui ont à peine plus de la moitié de son âge ?


Lori-Ann Muenzer est d’ailleurs la cycliste la plus âgée en lice à Athènes et le Canada n’a encore jamais gagné de médaille d’or de cyclisme aux Jeux Olympiques.

Dès les premiers tours, il semble que la chance joue contre elle, car elle détruit deux roues lenticulaires. Comme elle a déjà utilisé son matériel de rechange, elle n’a d’autre solution que demander l’aide des pays rivaux. Cette requête va déboucher sur une illustration flagrante de ce qu’est l’esprit olympique.

L’Australie comme la France possèdent toutes deux des pistardes ayant de sérieux espoirs de podium et les deux équipes savent pertinemment qu’en refusant d’aider la Canadienne, elles renforceront les chances de leurs propres athlètes. Mais à la place, chacune lui donne une roue si bien que Lori-Ann Muenzer poursuit la compétition avec une roue avant prêtée par l’Australie et une roue arrière fournie par la France » !

En quart de finale, Lori-Ann bat aisément la Vénézuélienne Daniela Larreal en deux manches et se qualifie pour une demi-finale contre la jeune et brillante championne du monde australienne Anna Meares. Dans la première manche, la vitesse pure de l’Australienne parle et rares sont ceux qui pensent que la Canadienne, de 18 ans son aînée, sera capable de revenir.

Ils ont pourtant raison. La Canadienne gagne intelligemment et égalise à une manche partout avant de récidiver dans la belle et de se qualifier pour un ultime duel face à la Russe Tamila Abasova. La finale est beaucoup moins serrée que contre l’Australienne, si bien que Lori-Ann Muenzer n’a besoin que de deux manches pour décrocher l’or.

De retour au Canada, elle fêtera sa victoire avec Steen Madsen, son entraîneur, qui n’a pas trouvé de budget pour se rendre à Athènes. Elle tirera sa révérence l’année suivante et donnera ensuite des conférences de motivation.

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