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Les secrets du skateboard avec le double médaillé d'or des X Games, Kelvin Hoefler

Getty Images
L'ancien champion du monde Kelvin Hoefler est convaincu que le skateboard se démarquera parmi les 33 sports présentés aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, mais également que cette discipline "changera le monde". Découvrez comment, en compagnie de cet exubérant Brésilien.

Kelvin Hoefler est un champion en série. Au cours des trois années et quelques mois qui se sont écoulées depuis son arrivée sur la scène internationale, le skateur originaire de l’État de São Paulo a remporté le titre de champion du Super Crown World Championship de la SLS (Street League Skateboarding) en 2015, alors qu'il était invité en tant que "rookie", et a gagné deux médailles d'or, une d'argent et une de bronze en quatre apparitions aux X Games. Cependant, pour le jeune homme de 25 ans, son sport est bien plus qu'une simple histoire de gloire.

"Le skateboard, c'est la liberté, la créativité, c'est être entre amis et c'est simplement s'amuser", raconte Kelvin Hoefler d'un ton enjoué. "Pour moi, le skateboard c'est un mode de vie. C'est être dans un skate-park, apprendre des tricks. C'est ma raison de vivre."

"C'est la meilleure chose au monde ; tu n'as aucune pression. Tu fais du skate avec tes amis et tu essaies des tricks."

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Au total, 40 skateurs et 40 skateuses concourront à Tokyo en 2020 lorsque ce sport fera son entrée aux Jeux Olympiques. La moitié d'entre eux "ridera" dans le skate-park, gagnant des points en effectuant des tricks sur des rampes, des quarter-pipes et autres courbes complexes, tandis que Hoefler espère faire partie des vingt autres qui participeront à la catégorie street, où il pourrait faire la démonstration de son immense talent sur un parcours comprenant sets, rampes, trottoirs, curbs, murs et plans inclinés.


La concurrence sera impitoyable, mais différente. Et c'est cette différence qui est précisément le secret du skate.

"Ce sera un choc pour les supporters olympiques ; en tant que Brésilien, j'acclamerai les skateurs portugais ou américains”, dit en riant l'homme qui a terminé deuxième aux Championnats du monde de skate 2018 catégorie street à Rio de Janeiro, au Brésil. "Si quelqu'un fait un super trick, je serai ravi. Disons que si Nyjah (Huston, le skateur américain qui a battu Hoefler au Super Crown World Championship l'an dernier) fait un trick pour lequel il s'est entraîné dur, je vais être super heureux pour lui. J'aime voir les gens progresser.

Cela va être absolument unique aux Jeux Olympiques, cela va changer le monde. Nous sommes comme une grande famille et j'en suis fier.

Faire du skateboard, c'est toujours la même chose, que tu sois aux Jeux Olympiques ou simplement dans ton skate-park. Les Jeux Olympiques, ça ne sera pas différent de ce que nous avons fait toute notre vie, mais en beaucoup plus grand et avec beaucoup plus de spectateurs."

Selon Kelvin Hoefler, cette attitude décontractée s'explique par le fait qu'en tant que skateur, on rivalise contre soi-même, et non contre les autres.

"Pour apprendre un nouveau trick, il faut tomber 99 fois. Il faut apprendre à échouer avant de réussir. Ensuite, quand tu réussis, c'est une sensation exceptionnelle. Tu peux tenter un trick pendant sept, huit heures ou même plusieurs jours, et quand tu atterris enfin, c'est quelque chose de spécial, de spirituel", explique-t-il.

Pour réussir, il suffit d'avoir une planche, une paire de chaussures et dans l'idéal un ami avec une caméra vidéo. Et si vous voulez parvenir au plus haut niveau, Hoefler vous conseille de ne pas lésiner sur la qualité.

"Avec une planche bon marché, vous ne pouvez rider qu'une quinzaine de minutes, voire moins, avant qu'elle ne rende l'âme. Et les roues ne vont pas assez vite", précise le champion. "Mes planches se cassent aussi, mais seulement après de nombreux rides.

"Les chaussures sont essentielles. J'ai besoin de trois ou quatre semaines pour que mon pied se fasse à une nouvelle paire de chaussures, pour être à l'aise en skatant et me sentir bien. J'ai besoin de sentir les flicks, d'être à l'aise et de ne pas avoir à m'inquiéter.

Filmer fait partie de notre culture. C'est la clé de tout. Si vous voulez réussir, vous devez sortir, être dans la rue et filmer vos amis en train de faire leurs meilleurs tricks."


De ces trois aspects, la planche est bien sûr le plus important. Hoefler révèle qu'il skate souvent avec deux ou trois planches différentes lors d'une même compétition, parce qu'elles peuvent avoir des "roues différentes" ou qu'il "aime la sensation qu'elles lui offrent", et il avoue aussi qu'il garde toujours ses principales planches avec lui dans sa chambre.

"Il faut passer beaucoup de temps à les bichonner", s'amuse le champion du monde 2015.


Le skate connaît un essor sans précédent dans le monde entier, et les récompenses sont légion pour Hoefler et ses pairs ; mais cela n'a visiblement nullement compromis l'esprit d'intégration et d'acceptation qu'il véhicule. Hoefler a déménagé en Californie il y a plusieurs années pour développer ses compétences, et, en cours de route, il a pu réaliser l'un de ses rêves. "J'ai toujours rêvé d'avoir mon propre skate-park", raconte le skateur qui a désormais un skate-park dans son jardin. "Je l'ai construit parce que dans ma ville natale au Brésil, nous n'avions pas de bon skate-park. J'ai commencé le skate en 2000 et, à l'heure actuelle, nous n'avons toujours pas de véritable skate-park. Les rues autour de ma maison au Brésil ne sont pas bitumées non plus, ce sont des rues en terre battue.

"Mais ce n'est pas mon skate-park personnel, c'est pour le quartier. À chaque fois que je vais faire du skate (au skate-park public le plus proche) et décompresse, je rencontre un gamin qui me demande : 'Salut, je peux aller rider dans ton skate-park ?', et je lui réponds : 'Pas de souci, allons-y'."

Ne vous y trompez pas, Kelvin Hoefler a la ferme intention de remporter la médaille d’or à Tokyo l’année prochaine, mais il veut le faire dans l'état d'esprit des skateurs.

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