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Les principaux diffuseurs olympiques révèlent comment la COVID-19 a modifié leurs plans pour Tokyo 2020 et au-delà

IOC
Date
29 mars 2021
Tags
Actualités Olympiques, Tokyo 2020
Comme dans la plupart du monde, les programmes des diffuseurs olympiques ont été durement touchés par la COVID-19. Mais, comme le diffuseur américain NBC, les diffuseurs allemands ZDF et ARD, et le diffuseur canadien CBC le révèlent ici dans une table ronde virtuelle, la pandémie a accéléré la mise en place de toute une panoplie d'innovations passionnantes et a propulsé la durabilité au sommet des priorités.


Comment la pandémie de la COVID-19 a-t-elle affecté vos programmes de production pour Tokyo 2020 ?

Gary Zenkel, président, NBC Olympics [NBC] : si vous suivez les Jeux Olympiques via la chaîne NBC ici aux États-Unis, ce que vous verrez et expérimenterez durant l'été 2021 ne sera pas différent de ce que vous auriez connu si les Jeux avaient eu lieu pendant l'été 2020, si ce n'est sur le plan environnemental. Notre programmation et notre production par de multiples chaînes linéaires et canaux numériques et autres dispositifs n'ont diminué d'aucune façon.

Mais si vous regardez les choses de plus près et la manière dont tout s'enchaîne, vous constaterez que nous allons faire plus de production à partir des États-Unis que nous en aurions fait en 2020.

François Messier, directeur général Productions et Sport CBC [CBC] : début septembre [2020] nous avons décidé de rapatrier nos studios au Canada, aussi bien à Toronto qu'à Montréal [CBC couvre les Jeux en anglais et en français].

Les 130 personnes qui sont sur le terrain auront donc pour tâches essentielles de rassembler des contenus, soit dans les zones mixtes, soit en faisant des reportages, et de suivre les principaux sports pour nous sur place. Nous aurons un emplacement dans le stade olympique pour toutes les épreuves d'athlétisme ainsi que pour les cérémonies d'ouverture et de clôture.  Nous en aurons un autre à la piscine où, en général, les athlètes canadiens ont de bons résultats. Et la natation inclut le plongeon pour lequel nous avons également de bons concurrents. Nous suivrons également la gymnastique et le basketball. Les autres disciplines seront commentées depuis Toronto ou Montréal.

Achim Hammer, directeur de la création ZDF  –  les diffuseurs publics ZDF et ARD partagent les droits de diffusions en Allemagne [ZDF] : pour la première fois,  étant donné la situation générale due à la COVID-19, nous organisons la production principalement depuis l'Allemagne. Pour les derniers Jeux d'hiver de 2018 en Corée, nous avions déjà utilisé des technologies innovantes et nous avions réparti la production mais, cette fois, l'essentiel se fait en Allemagne. Seules quelques opérations restent à Tokyo. Nous voulons que les spectateurs bénéficient des mêmes services que ceux qu'ils ont eu l'habitude de recevoir d'ARD et ZDF et qu'ils ne remarquent pas la nouvelle forme de production.

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“Plus avec moins” semble être le slogan. Qu'est-ce que cela signifie sur le plan pratique ?

NBC : Nous allons probablement faire revenir à la maison environ 10 % des effectifs qui auraient dû être à Tokyo. Et un nombre équivalent d'employés est déjà de retour au Canada.

Mais nos effectifs, nos journalistes [et] nos équipes éditoriales présentes sur le terrain espèrent bien pouvoir circuler dans la ville et sur les sites [et] avoir accès aux athlètes là où c'est autorisé. Tout cela fait toujours bel et bien partie de notre programme.

CBC : en fait, nous avons déjà commencé à utiliser cette formule “plus avec moins” en 2008 avec les Jeux de Beijing. 

Mais tout s'est nettement accéléré en 2014 quand nous avons réintégré l'Olympisme après une interruption de deux Olympiades [CBC n’était propriétaire des droits de diffusion ni pour Vancouver 2010 ni pour Londres 2012]. Nous sommes revenus à Sotchi où nous avions quelque 285 employés sur place et où le Centre International de Radio-Télévision (CIRTV) avait une surface d'environ 1,100m2 . Aujourd'hui  nous cherchons à avoir une équipe de 130 personnes sur place à Tokyo,  la surface du CIRTV devrait, quant à elle, être réduite à 900m2..

C'est une estimation, mais nous aurons probablement 250 personnes de retour dans les deux villes  [Montréal et Toronto].  

ZDF : le montage est réalisé en Allemagne. Nous avons envoyé sur le terrain du personnel chargé des reportages électroniques (ENG) ainsi que des journalistes qui fournissent des images, des interviews, etc. mais, sur le plan éditorial, les textes, les histoires et autres sont rédigés en Allemagne. La plupart des commentaires se font sur écran [au cours des images télévisées plutôt qu'en temps réel] et viennent d'Allemagne. Seuls des sports sélectionnés auront des postes de commentateurs sur place.

Toutes les opérations mentionnées ci-dessus ont été réalisées sur le terrain à Londres et à Rio. L'équipe dépêchée à Tokyo va donc être considérablement réduite.

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Peut-on dire que la pandémie a mis tous les acteurs à l'aise avec la production à distance ?

NBC : nous réalisons de la production à distance depuis plusieurs années. Si nous n'avons pas fait plus, c'est parce que l'équipe de production était éloignée du site, qu'il fallait du temps pour joindre les athlètes et les entraîneurs, et être immergés avec les fans. C'est quelque chose que vous ne voulez pas changer car vous avez le sentiment que cela contribue à la qualité de la présentation, mais ce que nous avons découvert à mon avis, parce que nous y étions forcés, c'est que la présentation reste un exercice très, très exigeant.

Nous avons surmonté nos craintes. Et puis, les méthodes et la technologie que nous avons utilisées pour faire ce travail ont progressé de façon très nette.

CBC : je crois que nous avons été les premiers à adopter la production à distance. C'était un  processus apparemment nouveau. Y compris pour OBS qui, à cette époque, qualifiait cela de “modèle canadien”.

Y-a-t-il des innovations qui vous passionnent, et que des téléspectatrices pourront plus particulièrement constater ?

NBC – Michael Sheehan, directeur de la coordination olympique : nous allons intégrer une nouvelle application technologique de taille pour les consommateurs dans notre couverture de Tokyo. Cette application aidera NBC à créer des moments uniques de connexion humaine entre les athlètes, leurs amis et leur famille qui n'auront pas été en mesure de faire le voyage jusqu'à Tokyo.

CBC : vous avez eu l'impression de mettre vos pieds dans l'eau aux derniers Jeux grâce à la réalité augmentée … on arrive à vous faire croire que l'athlète va sortir de l'écran et c'est comme s'il (ou elle) était en 3D à côté de vous.

Nous devons remercier OBS pour son travail sur le plan de l'innovation qui va, selon moi, très loin dans le domaine de la diffusion. Il suffit de voir les données affichées à l'écran, les super vidéos au ralenti qui ont été ajoutées à la couverture… ce sont là autant d'outils nécessaires à un diffuseur  pour donner au téléspectateur la garantie d'avoir des récits de bonne qualité et lui permettre de mieux comprendre les choses.

ZDF : nous profitons énormément de l'amélioration des offres pour les réseaux sociaux, de Content+ et Content +Extra [plateformes d'OBS], qui nous offrent toujours plus la possibilité de regarder ce qui se passe dans les coulisses, les séances d'échauffement par exemple pour être plus proches des athlètes, mais aussi de leur préparation, leurs performances et réactions. Les nouvelles technologies nous permettent également de combiner différents types d'interviews (Skype, smartphones, etc.), de discussions et d'observations bidirectionnelles.

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Selon vous quelle sera la prochaine étape ? Le recours à la production à distance va-t-il augmenter ?

NBC : je pense qu'il va augmenter, mais il y a une ligne à ne pas franchir quel que soit le niveau de technologie, c'est la connexion que nous devons avoir en tant que présentateurs et narrateurs avec les athlètes, l'aire de compétition, la ville hôte et les fans. Il y aura toujours un niveau de production et de relation que nous devrons maintenir aux Jeux Olympiques et, sans aucun doute, pour nombre d'autres grandes manifestations, car pour raconter une histoire dans sa globalité nous devons avoir cette interaction et cette expérience humaines. Nos présentateurs doivent sentir les choses, ils doivent les entendre.

ZDF : Dans le futur, il sera essentiel d'avoir accès chez soi à des caméras spéciales pour écouter des récits, ainsi qu'à des enregistrements ISO [images prises de façon indépendante par une caméra isolée, distincte de la production principale].  Ces dispositifs réduiront notre propre présence sur le terrain mais leurs prix devront être abordables. Les commentateurs restés chez eux devront avoir une meilleure vue d'ensemble du site, comme s'ils y étaient présents.

Une autre option est de faciliter les interviews à distance et de permettre à nos journalistes de poser les questions depuis chez eux, de façon à ne pas perdre l'aspect journalistique, même s'ils ne sont pas sur le terrain.

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