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(CIO) / HUET, John
Actualités Olympiques

Les Premières nations au cœur de l'héritage des Jeux de Vancouver 2010

Qu'il s'agisse de modifier radicalement le paysage pour les peuples autochtones du Canada, d'instaurer de nouvelles normes sociales ou d'encourager l'éducation en matière de santé dans toute la province, l'héritage des Jeux Olympiques de Vancouver 2010 continue de briller de mille feux. Comme l'a si bien dit l'ancien président du CIO, Jacques Rogge, les Jeux "ont été un catalyseur de changement".


Tewanee Joseph, membre de la nation autochtone Squamish, est explicite quand il évoque l'impact que les Jeux Olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver ont eu et continuent d'avoir sur son peuple et sur la société en général.

 "Les relations à Vancouver ont complètement changé", a déclaré Tewanee Joseph, qui a été président-directeur général de la Société Quatre Premières Nations Hôtes, une organisation à but non lucratif créée suite à l'attribution des Jeux à Vancouver afin de rassembler les peuples autochtones du Canada et d'encourager leur intégration à travers le pays.

 Et d'ajouter : "Grâce aux Jeux, et à leur portée, les nations ont commencé à travailler ensemble et elles ont continué par la suite. La manifestation olympique est le plus grand accélérateur de relations que j'ai jamais connu."

CIO

Les 15 sites utilisés pour les Jeux de 2010 se trouvaient tous sur les territoires traditionnels des nations Squamish, Tsleil Waututh, Musqueam et Lil'Wat. Et la transformation qui s'est produite au sein de ces communautés et dans leurs environs au cours des 16 années qui se sont écoulées depuis que Vancouver a obtenu le droit d'accueillir les Jeux demeure une source d'émerveillement pour beaucoup.

"Cela me rend si fier, c'est incroyable. Chaque fois que je suis sur la route, j'entends de nouvelles choses. Dans le nord du Manitoba et de la Saskatchewan par exemple, il n'y avait pas de relations entre les Premières nations et les conseils municipaux locaux, mais maintenant c'est le cas. Il y a énormément d'anecdotes de ce genre, presque trop nombreuses pour être comptées", a confié Tewanee Joseph.

Le premier travail du Squamish Tewanee Joseph à la tête des quatre Premières nations hôtes a été de se rendre dans toutes les grandes provinces pour conclure des accords avec les organisations des Premières nations et d'amorcer le "plus grand rassemblement de peuples autochtones de l'histoire du Canada". Son impact se fait encore sentir aujourd'hui.

"Depuis les Jeux, la Colombie-Britannique est très engagée en faveur de l'intégration des Premières nations", a indiqué Tewanee Joseph. "La province consulte les Premières nations pour tout accord ou projet d'envergure. Il n'y a pas d'échanges commerciaux sans intégration. Cela n'a jamais été le cas."

CIO/Jason Evans

L'accord signé avant les Jeux entre Vancouver 2010 et les quatre Premières nations hôtes était le premier qu'un comité d'organisation et un peuple autochtone signait. En plus d'avoir amélioré de façon spectaculaire l'intégration des Premières nations du Canada, ce partenariat a permis de rassembler les nations autochtones, lesquelles étaient auparavant très différentes.

"Avant, les nations travaillaient sur leurs propres projets chacune de leur côté, mais aujourd'hui, tout le monde travaille ensemble", a confié Tewanee Joseph.

Une stratégie pour une alimentation saine à l'école : le pouvoir de l'innovation

CIO

Tewanee Joseph et d'autres protagonistes principaux sont fiers, à juste titre, de la pérennité des projets liés à l'héritage des Jeux de Vancouver 2010. Bruce Dewar, président-directeur général de Lift Philanthropy, entreprise anciennement connue sous le nom de 2010 Legacies Now, est ravi que les choses aient vraiment changé sous sa direction.

2010 Legacies Now avait été créée pendant la phase de candidature pour l'accueil des Jeux de 2010 afin de garantir un héritage, que la candidature ait été retenue ou non. L'organisation a fini par travailler avec 4 000 partenaires sur 1 400 initiatives qui ont, à ce jour, bénéficié à plus de 400 communautés. Action Schools ! –  l'un des projets phares à l'échelle de la province – offre un excellent exemple du nombre de ces initiatives qui ont fleuri, se sont développées et étoffées au cours des neuf années écoulées depuis que les athlètes ont quitté la ville.

Ainsi que Bruce Dewar l'a expliqué : "Action Schools ! mène désormais une vaste stratégie en faveur d'une alimentation saine à l'école. Cette stratégie est financée par le ministère de la Santé. Ce programme a pris aujourd'hui énormément d'ampleur."

"Une fois les Jeux terminés, nous avons transféré le concept Action Schools ! à une organisation appelée Dash, laquelle se concentrait sur l'éducation et la santé dans les établissements scolaires. Depuis, Dash l'a à son tour transféré à une plus grande organisation appelée Healthy Schools. Aujourd'hui, le programme est dispensé dans toutes les écoles de la province."

CIO/John Huet

Pour Bruce Dewar, plusieurs raisons incontestables expliquent pourquoi Action Schools ! n'est qu'un héritage parmi tant d'autres. La première est l'approche que tout le monde a adoptée depuis le début.

"Ce n'est pas nous en tant qu'organisation qui avons été à l'origine de ce succès, mais il est le fruit de la collaboration entre les partenaires pour les Jeux", a indiqué Bruce Dewar. "Il s'agissait de faire preuve d'innovation, de voir où se trouvaient les lacunes dans les programmes et de trouver des solutions créatives pour les combler."

"Nous mettons véritablement l'accent sur nos citoyens et c'est pour cela que le modèle fonctionne. Il faut juste qu'une ville se dise : "Cela va vraiment apporter une valeur ajoutée à ma ville et à mes citoyens, pas seulement aux participants sportifs et aux grands athlètes".

L'héritage des Jeux est aujourd'hui un atout pour la communauté

CIO/Richard Jilliart

Autre raison pour laquelle l'édition de Vancouver 2010 est devenue, comme l'avait prédit le président du CIO de l'époque, Jacques Rogge, "un exemple pour les Jeux à venir" : la façon dont tant d'initiatives en matière d'héritage ont dépassé leur mandat initial pour devenir des préoccupations communautaires à part entière.

L'Association de snowboard des Premières nations (First Nations Snowboard Association) en est un exemple. Elle a en effet été créée grâce au financement de Vancouver 2010 afin de responsabiliser les jeunes autochtones. Elle compte maintenant plus de 400 membres dans plus de 12 territoires des Premières nations et favorise la participation et le développement du sport de haut niveau. Ses riders participent régulièrement à des compétitions aux niveaux provincial et national. L'organisation a pour objectif déclaré d'envoyer le premier représentant autochtone du Canada à participer aux compétitions de snowboard des Jeux Olympiques d'hiver.

 Pour Bruce Dewar, la décision que son conseil d'administration et lui ont prise de confier la gestion de tous leurs projets d'héritage aux communautés elles-mêmes et à d'autres partenaires a été l'un des principaux moteurs d'un tel impact durable.

Il a ainsi commenté : "Nous devions permettre à différentes organisations de venir nous représenter après les Jeux Olympiques et d'obtenir le mandat pour la prochaine étape. Il s'agissait de faire vraiment confiance à nos communautés et à nos partenaires. Ils savent ce dont ils ont besoin."

"Nous souhaitions un héritage véritable et durable. Si nous avions essayé de les contrôler, cela aurait été beaucoup plus difficile."

Grâce à ces mesures, l'essentiel de l'héritage de Vancouver 2010 a été "intégré dans les communautés, de sorte que les citoyens le considèrent comme un atout pour la communauté et pas uniquement un atout des Jeux." De fait, bon nombre d'aspects de l'héritage ont été remaniés et rebaptisés un certain nombre de fois si bien que toute mention aux Jeux Olympiques a disparu depuis longtemps – et c'est ainsi que cela doit être d'après Bruce Dewar.

"C'était comme lorsque votre enfant quitte le nid familial – vous avez de grandes idées sur ce qu'il va faire et sur sa réussite ; et il va réussir (mais) pas exactement comme vous l'auriez imaginé", a déclaré Bruce Dewar en riant. "Et tout au long du voyage, vous vous dites : "Pourquoi fait-il ça ?" Et puis, au final, cela s'avère génial.

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