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Date
03 déc. 2018
Tags
Actualités Olympiques, Inde, Lutte
Olympic Channel

Les pieds sur terre et un avenir de champions dans le plus vieux club de lutte de l'Inde

Olympic Channel vous emmène au cœur du Hanuman Akhara, le plus vieux et le principal club de lutte en Inde. Apprenant leur sport sur la terre, les lutteurs du club ramènent ensuite de nombreuses médailles et trophées des compétitions nationales et internationales. Tous et toutes rêvent aussi de se produire sur la grande scène olympique et d'y briller.

 
Fondé en 1928 par Guru Hanumanji, le "Hanuman Akhara" est l'un des plus vieux clubs de lutte du monde, et le plus important du sous-continent indien. Situé à Shakti Nagar dans l'agglomération de la capitale Delhi, l'Akhara (terme désignant un centre d'entraînement) est à la fois une école de la vie et une fabrique de champions et de championnes qui ramènent de nombreux trophées et médailles de toutes les compétitions nationales, mais aussi internationales, de lutte et dont plusieurs pensionnaires ont disputé les Jeux Olympiques. Les jeunes sportifs viennent de tout le pays pour s'entraîner et progresser au Hanuman Akhara. Les plus jeunes sont à peine adolescents, les plus âgés atteignent la quarantaine.

Parmi eux, Rajiv Tomar, qui a participé aux Jeux de Beijing en 2008, explique ainsi : "Je m'entraîne ici depuis 25 ans et je n'ai pas vu le temps passer. Dans le monde entier, la lutte se pratique sur un tapis, mais ici on commence à même la terre. C'est là que naissent nos lutteurs. La pratique de la lutte sur un sol en terre est une tradition très ancienne en Inde. Il y a des Akharas dans presque tous les villages, puis on vient ici, à Delhi. On apprend tous nos mouvements sur la terre, et vous ne trouverez nulle part ailleurs les techniques qui sont enseignées ici." Rajiv Tomar insiste également sur la notion – importante – de transmission entre les lutteurs aguerris et les plus jeunes.


C'est donc sur un sol en terre, dans la boue, que se pratiquent l'entraînement, mais aussi les compétitions nationales, les populaires "Dangals" qui attirent une foule nombreuse. Naveen Mor, autre grand champion indien pensionnaire du Hanuman Akhara précise : "En Inde, la lutte est associée aux Dangals, des compétitions qui s'effectuent toujours sur un sol en terre et où les combats nécessitent puissance et intelligence tactique, car il faut toujours anticiper les mouvements de l'adversaire."

Le Hanuman Akhara est également une fabrique de championnes pour qui la lutte est non seulement une passion, mais aussi un moyen de s'extraire de leur condition. Les yeux des lutteuses du club s'éclairent quand elles racontent le jour où elles ont pris l'avion pour la première fois, une chose qu'elles n'auraient jamais pu imaginer, afin d'aller disputer une compétition internationale.

Parmi elles, Divya Kakran, 17 ans, est un véritable phénomène. Dans les Dangals, elle s'aligne contre les garçons de son âge et de son poids, et elle les bat. "On dit que ce sport est pour les garçons. Si je me blesse et que j'ai des bleus, qui voudra m'épouser ? Mon père m'a dit d'y penser plus tard, et de devenir quelqu'un avant. Qu'aurais-je fait si je n'étais pas devenue une lutteuse ? J'aurais gâché ma vie." Ses victoires lui apportent déjà la notoriété et de substantielles sommes d'argent données par les spectateurs conquis, qui lui permettent d'aider financièrement sa famille.

La lutte, un sport olympique pourvoyeur de médailles pour l'Inde
En dehors du hockey sur gazon (onze médailles dont huit titres remportés par l'équipe nationale de 1928 à 1980) et du tir sportif (Abhinav Bindra ayant remporté avec sa carabine à Beijing en 2008 la seule autre médaille d'or de l'Inde aux Jeux), le pays brille principalement en lutte libre masculine et féminine sur la scène olympique. Sushil Kumar est ainsi le seul double médaillé dans les épreuves individuelles, avec une médaille de bronze en 2008 et une médaille d'argent en 2012 dans la catégorie des 66 kg. La superstar de Delhi est également champion du monde et champion d'Asie (2010), et triple vainqueur des Jeux du Commonwealth.

Les Jeux de Londres 2012 ont également vu Yogeshwar Dutt monter sur la 3e marche du podium dans l'épreuve masculine des 60 kg. Dutt est lui aussi une grande star du sport indien, deux fois vainqueur aux Jeux du Commonwealth et deux fois champion d'Asie.

La lutte libre féminine a connu un formidable développement à partir des années 1990 sous l'impulsion de l'entraîneur Mahavir Singh Phogat dont la fille Geeta Phogat a été la première lutteuse à se qualifier pour les Jeux Olympiques en 2012, deux ans après avoir été la première à décrocher l'or aux Jeux du Commonwealth (55 kg à Delhi en 2010).

Marchant sur les traces de Geeta Phogat, Sakshi Malik a écrit une page d'histoire en remportant le bronze chez les 58 kg à Rio en 2016, première lutteuse indienne à monter sur le podium aux Jeux. On attend maintenant que les championnes du Hanuman Akhara, à commencer par Divya Kakran, suivent le même chemin vers les honneurs sur la plus grande scène sportive du monde.
 
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